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Les actus

Journée mondiale sans tabac 2026 : l’espoir est permis, la vigilance reste de mise !

Chaque 31 mai, la Journée mondiale sans tabac rappelle les dangers du tabac pour la santé. Cette année, les indicateurs officiels de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) confirment la baisse continue des ventes de produits du tabac. Ceci s’accompagne d’un recul du tabagisme et d’un recours croissant aux dispositifs d’aide au sevrage, notamment les substituts nicotiniques dont les ventes progressent, ainsi que les appels à Tabac Info Service.

Ce dimanche 31 mai, la Journée mondiale sans tabac est l’occasion de faire le point. Cette année, les chiffres officiels publiés il y a quelques jours par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) dessinent une tendance en trompe-l’œil sur fond de baisse continue des ventes de tabac : moins de fumeurs, plus de substituts nicotiniques… et une hausse continue du vapotage !

Les ventes de tabac continuent à baisser.

  • Les volumes de tabac vendus dans le réseau des buralistes ont diminué de 8,2 % par rapport à 2024 (-7,1 % en moyenne par an entre 2017 et 2024). Certains départements frontaliers (Nord, Pas-de-Calais, Ardennes) sont moins concernés par cette baisse.
  • En 2024, moins d’un adulte de 18 à 75 ans sur cinq fumait quotidiennement en 2024. Depuis 2000, on n’avait jamais eu aussi peu de personnes touchées ! Le tabagisme chez les jeunes était également en recul, quelle que soit la fréquence d’usage (quotidienne ou non). Précisément : en 2024, moins d’un adulte sur cinq (18-75 ans) déclarait fumer quotidiennement, un niveau historiquement bas. Chez les lycéens, le tabagisme recule fortement sur quinze ans (30,8 % de fumeurs quotidiens en 2010 à 5,6 % en 2024).

Si la baisse du tabac traditionnel se confirme en 2025, d’autres produits résistent voire progressent !

  • Les ventes de cigarettes et de tabac à rouler diminuent en 2025 par rapport à 2024 (-8,7 % et -9,6 % respectivement), avec un recul légèrement moins marqué que l’année précédente.
  • Le tabac à chauffer enregistre la baisse la plus importante (-22,9 %), suivi des cigares, en recul plus limité (-2,4 %).
  • Les autres tabacs à fumer (narguilé, pipe, tabac à tuber, blunts…) font exception et gagnent 5,8 %, au point de doubler leur place dans le marché : 3 % en 2017 contre 8 % en 2025.

Les traitements de substitution nicotinique sont de plus en plus vendus et remboursés.

Le recours aux aides au sevrage continue de progresser entre 2024 et 2025, avec une hausse de 7 % des substituts nicotiniques.

La dynamique est portée en priorité par les formes orales, puis par les patchs transdermiques : les substituts nicotiniques par voie orale dominent et continuent de progresser, représentant 63,2 % des ventes en 2025, contre 55,7 % en 2019, devant les patchs (+5,2 %).

Les médicaments comme le Zyban (bupropion) et le Champix (varénicline, de nouveau disponible depuis 2025) restent peu utilisés. En décembre 2025, 10 467 boîtes de varénicline avaient fait l’objet d’un remboursement.

En parallèle, le recours aux aides pour arrêter le tabac s’élargit : 1 197 657 personnes ont bénéficié d’un remboursement de traitements d’aide à l’arrêt du tabac en 2025 (+1,2 % sur un an, selon l’OFDT).

La demande de soutien progresse aussi sur les dispositifs d’écoute, avec environ 61 000 appels traités par Tabac Info Service (+5,2 % par rapport à 2024).

L’OFDT rappelle que le vapotage peut constituer un outil d’aide à l’arrêt lorsqu’il est utilisé de manière exclusive, sans utilisation d’autres produits du tabac.

En parallèle, le vapotage progresse rapidement. Il concerne 6,1 % des adultes en usage quotidien en 2023, contre 2,7 % en 2022. Chez les lycéens, la part atteint 6,8 % en 2024, contre 3,8 % en 2022.

La littérature scientifique met en évidence les bénéfices potentiels de la cigarette électronique comme outil d’aide à l’arrêt chez certains fumeurs adultes, à condition qu’elle soit utilisée de manière exclusive, souligne l’OFDT. Une simple réduction de la consommation de tabac ne constitue pas une stratégie efficace, les dommages étant davantage liés à la durée d’exposition qu’au volume consommé.

Chez les jeunes, les données disponibles indiquent un risque d’initiation au tabagisme chez les non-fumeurs, même si les recherches se poursuivent. À l’adolescence, le vapotage est également associé à des effets délétères sur la santé, notamment sur le plan respiratoire.

Malgré la diminution des volumes, le chiffre d’affaires global du tabac atteint 18,4 milliards d’euros en 2025

Il s’avère quasi-stable depuis 2017, avec une croissance moyenne de 0,2 % par an. En effet, après l’augmentation des prix en 2024, la hausse des prix des cigarettes demeure modérée en 2025 (le prix moyen du paquet de cigarettes de la marque la plus vendue passant de 12,54 € à 13 €, tandis que le prix moyen du paquet de tabac à rouler de la marque la plus vendue reste inchangé à 23,90 €).

Dans l’actualité : « l’interdiction générationnelle » désormais appliquée au Royaume-Uni.

« Génération sans tabac » : en avril 2026, le Royaume-Uni a interdit la vente de cigarettes à toute personne née après 2008. Toutes les personnes nées après le 1er janvier 2009, âgées de 17 ans ou moins aujourd’hui, ne pourront jamais acheter légalement de cigarettes. Le pays devient le deuxième au monde à adopter une interdiction générationnelle, après les Maldives, qui ont proscrit la vente de tabac aux jeunes nés après le 1er janvier 2007 en novembre dernier.

Le commentaire du Dr Frédéric le Guillou, pneumologue et président de Santé respiratoire France : « Ce sont près de 4 millions de fumeurs quotidiens en moins en 10 ans en France (depuis 2014). Le tabagisme quotidien est au plus bas depuis la fin des années 1990. Dans ce contexte, le solde net de consommation de nicotine diminue, car la chute du tabagisme (beaucoup plus nocif) n’est que partiellement compensée par la hausse du vapotage. Précisément, cet usage de la cigarette électronique progresse lentement mais continuellement en France chez les adultes, tandis que les puffs (cigarettes électroniques jetables) ont été interdites à la vente en 2025. Globalement, si Santé respiratoire France se réjouit de ces avancées, la vigilance reste de mise : on constate l’apparition de contournements : « néo-puffs » ou pods rechargeables jetables après quelques utilisations, qui ne tombent pas sous le coup de l’interdiction et qui montrent là encore toute la perversion et l’imagination de l’industrie du tabac concernant la nicotine, qui est la drogue qui rend le plus dépendant. »

Références :

  • Tabagisme et arrêt du tabac en 2025 (27 mai 2026) communiqué de presse et rapport complet (Douchet Marc-Antoine, OFDT ISBN : 978-2-488392-23-5) 
  • Baromètre de Santé publique France (Pasquereau et al., 2025)
  • Lindson N, et al. Electronic cigarettes for smoking cessation. Cochrane Database Syst Rev. 2025 Nov 10;11(11):CD010216
  • Becker TD, Rice TR. Youth vaping: a review and update on global epidemiology, physical and behavioral health risks, and clinical considerations. Eur J Pediatr. 2022 Feb;181(2):453-462. 

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