Les apnées du sommeil

Définition et chiffres

Les apnées du sommeil

Que sont les apnées du sommeil ?

Les apnées du sommeil – ou plus exactement le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) – sont une maladie chronique très fréquente qui se caractérise par la survenue de pauses respiratoires de plus de dix secondes pendant le sommeil, avec des épisodes d’interruption de la respiration ou ventilation (apnées) ou de réduction de celle-ci (hypopnées). Concrètement, la baisse du tonus de la langue, du pharynx et de l’ensemble des muscles postérieurs de la gorge induit une obstruction complète des voies aériennes supérieures. Le cerveau est alors temporairement privé d’oxygène. Cette situation de stress provoque soit un micro-réveil, brutal ou non, soit une diminution de l’intensité du sommeil ce qui va permettre une reprise inspiratoire bruyante : le pharynx retrouve automatiquement sa tonicité et laisse à nouveau passer l’air. 

Le degré de sévérité dépend à la fois des symptômes et de l’ « index d’apnées hypopnées » (IAH) par heure de sommeil :

  • Au moins 5 épisodes pour poser le diagnostic d’apnées minimes,
  • Entre 15 et 30 pour celui d’apnées modérées,
  • Plus de 30 pour celui d’apnées sévères.

Plus le nombre d’évènements respiratoires nocturnes est important, plus la baisse d’oxygène dans le sang (désaturation nocturne) et la fragmentation du sommeil le sont aussi.


Qui est concerné ?

Toutes les tranches d’âges sont concernées.

  • Cette maladie toucherait environ 5 % des adultes.
  • Entre 30 et 60 ans, entre 550 000 et 1 200 000 personnes en souffriraient, avec un IAH supérieur à 15 événements par heure
  • Passé l’âge de 60 ans : entre 1 100 000 et 2 400 000.

 

Les enfants aussi !

Entre 1 à 4 % des enfants seraient concernés, le plus souvent entre 2 et 8 ans, puis entre 12 et 16 ans, même si toutes les tranches d’âge sont concernées.

Les mécanismes qui conduisent à la maladie

Plusieurs facteurs peuvent conduire à des apnées du sommeil. Les repérer permet de limiter la sévérité des apnées et de prévenir leurs conséquences.

➡ Le surpoids : L’obésité est la cause principale des apnées du sommeil chez les adultes, à l’origine de troubles de la mécanique respiratoire, de la diminution du calibre des voies aériennes et de la constitution d’un amas graisseux autour du pharynx. Environ 40 % des personnes en surpoids et 77 % présentant une obésité morbide souffrent d’apnées du sommeil (6).

Néanmoins, si le profil type de l’ « apnéique » est la personne obèse, il faut se méfier car parfois, il n’y a même pas de surpoids.

🔍 A savoir : Chez les personnes à risque d’apnées du sommeil, le principal facteur, devant la prise de poids, est l’alcoolisation aiguë (c’est-à-dire une surconsommation occasionnelle de boissons alcooliques entraînant un degré d’alcoolisation très élevé).

➡ Ces apnées sont également rencontrées chez les personnes souffrant de diabète de type 2 (le diabète « sucré »). Mais les diabétiques de type 1 en souffrent aussi, pour 20 % d’entre eux, pourtant rarement en surpoids.

➡ Des anomalies faciales : On diagnostique également des apnées du sommeil chez des personnes ayant une dysmorphie faciale avec rétrognathie (menton en arrière/ mandibule décalée vers l’arrière par rapport à la mâchoire supérieure).

➡ Les femmes aussi ! Souvent perçue comme une maladie touchant essentiellement l’homme, les apnées du sommeil sont pourtant un trouble fréquent chez la femme, surtout après la ménopause du fait de la prise de poids et des modifications hormonales. Il existe quelques particularités de la maladie chez la femme :

  • Si l’espace par lequel l’air passe est plus petit que chez l’homme, le risque qu’il se ferme est moins important.
  • En cas d’obésité, la répartition des graisses affecte moins le pharynx que chez les hommes.

Les symptômes

Des signes banalisés et souvent inconstants

Ronflements, sommeil agité, somnolence dans la journée, fatigue, difficultés à se réveiller, maux de tête matinaux, sont des symptômes évocateurs d’apnée du sommeil. Mais il n’est pas si facile de se rendre compte de ses propres apnées. Ce sont souvent les remarques du conjoint sur le problème de ronflement que rencontre la personne apnéique qui attirent l’attention. Mais tous les ronfleurs ne sont pas des apnéiques…

Les signes de cette maladie ne sont pas spécifiques. Souvent banalisés et inconstants, ils rendent la prise de conscience de la maladie difficile. De plus, les symptômes progressent sur plusieurs années, ce qui facilite l’ « adaptation » du patient à ses symptômes, qu’il a alors tendance à sous-estimer.

Attention aux signes trompeurs chez les femmes !

Dans les formes légères et modérées, les femmes se plaignent surtout de symptômes généraux (fatigue, manque de dynamisme, dépression, insomnie) mais peu décrivent une somnolence. Elles ont tendance à ressentir des palpitations intenses et des malaises récurrents, des douleurs thoraciques voire des syncopes vagales. Elles pourraient aussi ronfler plus discrètement que les hommes. Ces signes trompeurs, surtout après la ménopause, cachent pourtant des apnées. De la fatigue, des maux de tête au réveil, des insomnies, etc. doivent faire consulter. 

🔍 A savoir : 25 % des femmes enceintes seraient concernées par les apnées du sommeil.

Les signes qui doivent alerter chez l’enfant : des ronflements bruyants (l’arrêt temporaire du ronflement signe la pause respiratoire caractéristique des apnées du sommeil) et/ou une respiration difficile et bouche ouverte (pendant le sommeil ou au cours de la journée), un sommeil agité et/ou avec de fréquents éveils, de la fatigue et/ou de la somnolence en journée, des troubles du comportement (une hyperactivité, un manque d’attention et de concentration, des variations de l’humeur dont l’irritabilité), des troubles des apprentissages, des problèmes de prise de poids, des troubles de croissance, un asthme déséquilibré et difficile à traiter… Il faut s’inquiéter de la qualité du sommeil de l’enfant, et consulter un pneumologue (voire un spécialiste du sommeil, un ORL, un pneumopédiatre, ou son médecin généraliste qui saura orienter les parents vers le bon praticien) pour que celui-ci évoque, dépiste et traite d’éventuelles apnées du sommeil.

Le diagnostic

Comment est posé le diagnostic ?

En plus de rechercher les symptômes habituels (ronflement, fatigue chronique, somnolence…), le risque d’apnées du sommeil peut être évalué par le biais de questionnaires, dont l’échelle de somnolence d’Epworth.

En complément, un enregistrement du sommeil (polygraphie ventilatoire nocturne ou polysomnographie) permet de poser le diagnostic. 

A savoir : On estime que sept personnes apnéiques sur dix ne sont pas diagnostiquées. Les apnées sont encore plus souvent ignorées chez les femmes en comparaison aux hommes.

🔍 Pour aller plus loin

Certaines applications permettent d’enregistrer les ronflements (telle iRonfle….).

Un test d’apnées du sommeil médical certifié dispositif médical est disponible (Sunrise) : des capteurs placés sur le menton enregistrent des mouvements caractéristiques des apnées, qui sont ensuite analysés, permettant de dépister un éventuel syndrome. Cette recherche est soutenue par l’Institut Européen d’Innovation et de Technologie, l’Imperial College London et l’université de Grenoble Alpes.

Les traitements

Plusieurs traitements peuvent améliorer le flux respiratoire et les risques liés à la maladie, sans pour autant la guérir. Ils sont prescrits par le médecin ayant une compétence particulière dans la prise en charge des troubles du sommeil ou le pneumologue.

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« Il s’agissait que je revive, et que cesse enfin ce calvaire, ce long tunnel de fatigue, de découragement qui a failli détruire ma vie sociale et professionnelle »

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