La campagne 2026-2027 de vaccination et d’immunisation des nourrissons contre les infections à virus respiratoire syncytial (VRS) débutera le 14 septembre 2026 en France métropolitaine. Comme l’an passé, la prévention des formes graves de bronchiolite chez le nourrisson repose sur deux approches complémentaires. La première consiste à vacciner la femme enceinte avec Abrysvo afin de permettre une protection du nourrisson. La seconde repose sur l’administration directe d’un anticorps monoclonal au nourrisson, avec Beyfortus, Synagis et depuis cette rentrée, Enflonsia.
Pour protéger le nourrisson d’une forme grave de bronchiolite, il existe deux stratégies possibles. Il appartient aux parents, informés par leurs professionnels de santé, de décider de celle qui leur convient le mieux, afin de protéger leur enfant.
- La vaccination de la femme enceinte est recommandée avec une seule dose du vaccin Abrysvo, dès la 32e et jusqu’à la 36e semaine d’aménorrhée. Si la naissance intervient dans un délai de moins de 14 jours après la vaccination ou en cas de naissance prématurée, une immunisation par anticorps monoclonal est recommandée. La vaccination contre le VRS des femmes enceintes immunodéprimées n’est pas recommandée : l’administration d’anticorps monoclonal chez le nouveau-né dès la naissance ou le nourrisson est alors privilégiée.
- L’immunisation du nourrisson par anticorps monoclonaux est réalisée dès la naissance (idéalement avant la sortie de la maternité) pour les nourrissons nés au cours de la campagne et idéalement avant la saison d’épidémie pour ceux nés en dehors de la période de la campagne. La campagne 2026-2027 marque l’introduction d’Enflonsia, un anticorps monoclonal à longue durée d’action (2). Enflonsia est administré en une seule injection intramusculaire, à la dose fixe de 105 mg, sans adaptation en fonction du poids du nourrisson. Comme les autres, il bénéficie d’une prise en charge à 65 % par l’Assurance maladie.
Contrairement à Beyfortus ou Enflonsia qui peuvent être administrés à tous les nourrissons, le Synagis est réservé aux nourrissons nés prématurément et/ou à haut risque :
- Les enfants nés à 35 semaines d’âge gestationnel ou moins et de moins de 6 mois au début de l’épidémie saisonnière à VRS ;
- Les enfants de moins de 2 ans ayant nécessité un traitement pour dysplasie bronchopulmonaire au cours des 6 derniers mois.
- Les enfants de moins de 2 ans atteints d’une cardiopathie congénitale avec retentissement hémodynamique.
L’immunisation par Beyfortus et Synagis est également recommandée chez les nourrissons exposés à leur deuxième saison de circulation du VRS et qui demeurent vulnérables à une infection sévère due au VRS. Cette recommandation d’immunisation vise les enfants âgés de moins de 24 mois ayant nécessité un traitement pour dysplasie bronchopulmonaire au cours des 6 derniers mois et/ou atteints d’une cardiopathie congénitale avec retentissement hémodynamique.
Le VRS, première cause d’hospitalisation pour infection respiratoire aiguë
Le virus respiratoire syncytial (VRS) constitue la principale cause responsable des infections respiratoires basses chez le nourrisson. En France, plus de 90 % des enfants seraient infectés par le VRS avant l’âge de 2 ans (3). Chaque hiver, cette circulation virale entraîne près de 480 000 cas de bronchiolite chez les enfants de moins de 2 ans (4) et est à l’origine d’environ 44 000 hospitalisations par an.
Les formes sévères d’infection à VRS ne concernent pas uniquement les nourrissons présentant des facteurs de risque. En France, parmi les enfants de moins de 5 ans hospitalisés pour une infection à VRS, 89 % étaient nés à terme et 87 % ne présentaient aucune autre maladie (comorbidité) (4, 5). Ces données, recueillies entre 2010 et 2018, sont antérieures à la mise en place de l’immunisation des nouveau-nés et des nourrissons ainsi qu’à la vaccination maternelle. Ainsi, la survenue d’une forme sévère reste difficile à prédire : tous les nourrissons peuvent être concernés, y compris ceux qui ne présentent aucun facteur de risque identifié.
Les conséquences de l’infection à VRS ne se limitent pas à la bronchiolite :
- Le virus est également impliqué dans les otites moyennes aiguës (OMA), puisqu’il a été retrouvé dans 16,9 % des cas d’OMA chez les enfants de moins de 5 ans.
- Ces infections sont fréquemment associées à des co-infections bactériennes, susceptibles d’entraîner un recours aux antibiotiques (6).
- Une infection à VRS au cours des premières années de vie peut également augmenter le risque de développer un asthme (7).
Le calendrier : La période de la campagne varie selon les territoires. Elle se déroulera du 31 août 2026 au 28 février 2027 en Martinique, en Guadeloupe, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy. En France métropolitaine, elle débutera le 14 septembre 2026 et prendra fin le 28 février 2027. À La Réunion, la campagne s’étendra du 28 septembre 2026 au 28 mars 2027, tandis qu’elle se déroulera du 1er octobre 2026 au 31 mai 2027 à Mayotte. En Guyane, l’immunisation pourra être réalisée tout au long de l’année.
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Références :
(1) DGS-Urgent (n°2026-10) diffusé auprès des soignants par la Direction générale de la santé (DGS) le 10 août 2026.
(3) Dossier thématique – Le virus respiratoire syncytial (VRS) – ANSM
(3) Santé Publique France- mise à jour 15/04/2026
(4) Demont, C., Petrica, N., Bardoulat, I. et al. Economic and disease burden of RSV-associated hospitalizations in young children in France, from 2010 through 2018. BMC Infect Dis 21, 730 (2021).
(5) Cohen et al. (2025). Epidemiology and economic burden of hospitalizations attributable to Respiratory Syncytial Virus (RSV) infection among infants in France, 2016 to 2023 – EPIBREATHE study. BMC Infectious Diseases
(6) Kenmoe S et al. The Burden of Respiratory Syncytial Virus in Children With Acute Otitis Media: A Systematic Review and Meta- Analysis. Influenza Other Respir Viruses. 2026. DOI: 10.1111/irv.70223