Nouvelles recommandations, chiffres à retenir, décisions réglementaires, innovations… L’actualité en santé évolue rapidement. Cette sélection revient sur les informations concernant la santé respiratoire qui ont marqué ces dernières semaines et sur les évolutions à suivre de près.
Sommaire
ToggleMaladies pulmonaires : le chant pourrait améliorer la qualité de vie

Chanter pourrait améliorer la qualité de vie et réduire certains symptômes des personnes atteintes de maladies pulmonaires, selon l’étude SINFONIA. Celle-ci s’intéresse notamment à l’essoufflement chronique, fréquent chez les personnes atteintes de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou de maladie pulmonaire interstitielle (MPI), pour lesquelles les traitements restent limités.
L’étude a suivi 101 patients (64 avaient une BPCO et 37 une MPI) : 50 ont participé à une séance de chant en ligne de 90 minutes par semaine pendant 12 semaines, tandis que 51 ont reçu les soins habituels. Animées par une musicothérapeute diplômée, les séances associaient échauffements, exercices respiratoires, chant et échanges entre participants. Les participants ont notamment chanté « Can’t Help Falling In Love » (Elvis Presley), « Let It Be » (The Beatles) et « Pack Up Your Troubles » (chanson de soldats anglaise).
La qualité de vie a été évaluée avec le questionnaire SF-36, qui mesure huit domaines de celle-ci sur une échelle de 0 à 100. Verdict : le score SF-36 était supérieur de 7,4 points dans le groupe chant. L’amélioration était plus importante chez les personnes ayant suivi au moins 8 des 12 séances et concernait surtout les limitations liées à la santé physique ou aux problèmes émotionnels. Les femmes, les personnes souffrant d’anxiété ou de dépression et celles n’ayant jamais suivi de réadaptation respiratoire semblaient tirer les plus grands bénéfices.
Le mécanisme n’est pas vraiment connu. Le chant pourrait agir grâce à un meilleur contrôle de la respiration, aux interactions sociales ou à une amélioration de l’humeur. Globalement, SINFONIA renforce les données en faveur d’approches non-médicamenteuses pour aider les personnes atteintes de BPCO ou de MPI à mieux vivre avec leur maladie.
Apnées du sommeil : forte progression de la PPC, mais faible recours aux orthèses d’avancée mandibulaire en 10 ans

La prise en charge du syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) repose de plus en plus sur la pression positive continue (PPC), dans les apnées modérées à sévères, selon de nouvelles données. Les prescriptions d’orthèses d’avancée mandibulaire (OAM) ont également augmenté entre 2013 et 2024, mais leur utilisation reste faible par rapport à celle de la PPC.
D’après les données de la cohorte CONSTANCES, 3 à 4 % de la population française est traitée par PPC pour des apnées du sommeil. Mais la maladie reste sous-diagnostiquée et on estime qu’environ 18 % de la population est en réalité concernée. Elle est liée à plusieurs facteurs, dont l’obésité dont la fréquence a presque doublé en 20 ans en France.
Au cours des 10 dernières années, plusieurs évolutions ont modifié la prise en charge : vieillissement de la population, extension des indications pour prescrire des OAM, augmentation du nombre de prescripteurs de PPC autres que les pneumologues et développement du dépistage, notamment chez les patients présentant une maladie cardiaque.
D’après l’analyse de l’évolution des prescriptions de PPC et d’OAM sur une période de 10 ans, entre 2014 et 2023, le nombre de prescriptions de PPC est passé de 988 724 en 2014 à 2 844 916 en 2023, soit presque un triplement, ce qui représente + 15 % par an en moyenne. Pour les premières prescriptions, le nombre est passé de 238 105 en 2018 à 387 083 en 2023, soit + 8,8 % par an.
Les OAM ont connu une progression comparable en pourcentage : leurs prescriptions sont passées de 8 110 en 2014 à 29 546 en 2023, soit + 17 % par an.
Le point clé : malgré cette progression, lors de la mise en place d’un traitement pour les apnées du sommeil, la part de prescription des OAM est restée stable, autour de 7,6 %. Ces résultats suggèrent donc que les OAM restent peu utilisées, malgré l’augmentation de leur prescription et l’élargissement et l’élargissement des situations dans lesquelles elles peuvent être proposées.
Commentaire du Dr Laurent Nguyen, pneumologue et membre de Santé respiratoire France : « L’Assurance maladie encourage la prescription de l’OAM en première intention dans les formes modérées de SAHOS, conformément aux recommandations de la Haute autorité de santé. Cette stratégie permet également de réduire le coût de la prise en charge. Malgré cela, la prescription et l’utilisation de l’OAM restent inférieures aux objectifs fixés, en comparaison avec la PPC. Cette situation pourrait-elle s’expliquer par des difficultés d’accès aux soins, ainsi que par des questions de tolérance, d’efficacité ou d’observance de l’OAM ? Des études complémentaires permettraient de mieux identifier les freins au recours à ce traitement. »
Pour aller plus loin : Les apnées du sommeil | La pression positive continue | L’orthèse d’avancée mandibulaire
Cancer : pas de lien établi avec le stress, la détresse ou l’isolement, sauf pour le poumon
Une étude groupée de nombreuses publications scientifiques (méta-analyse) remet en question l’idée selon laquelle des situations difficiles sur le plan psychologique pourraient favoriser l’apparition d’un cancer. Aucun lien n’a été retrouvé. Seule exception, le cancer du poumon, avec des associations qui pourraient surtout s’expliquer par des comportements à risque, dont le tabagisme.
Certains patients pensent que leur cancer est lié à une période de stress, à un deuil ou à leur isolement social. Pour y voir plus clair, les chercheurs ont donc regroupé les données recueillies auprès de 22 groupes de patients suivis dans le temps (cohortes dites « prospectives »), représentant 421 799 personnes (âge moyen 42 – 73 ans). Cinq facteurs psychosociaux ont été étudiés : le soutien social perçu, le décès d’un proche au cours des 12 mois précédents, la situation conjugale, la tendance à ressentir des émotions négatives et la détresse générale.
Dans l’ensemble, aucun de ces facteurs psychosociaux n’était associé à une augmentation du risque de cancer. Pour le cancer du poumon, trois facteurs étaient associés à une augmentation du risque : un faible soutien social, le fait de ne pas vivre en couple et un deuil récent. Selon le facteur étudié, le risque était supérieur de 9 % à 55 % à celui des personnes moins exposées à ces situations.
Après prise en compte de la présence des principaux facteurs de risque connus, notamment le tabagisme et les antécédents familiaux, ces associations étaient moins fortes. Seul le lien avec un deuil récent persistait, avec un risque supérieur de 56 %. Le fait de ne pas vivre en couple restait également associé aux cancers liés au tabac, avec un risque supérieur de 15 %.
Pour les auteurs, ces résultats pourraient s’expliquer par le mode de vie. Les personnes isolées ou en situation de détresse peuvent être davantage exposées à certains comportements à risque, comme le tabagisme, une alimentation déséquilibrée ou la sédentarité. Ces comportements pourraient ainsi expliquer une partie du lien observé avec le cancer du poumon.
L’idée à retenir ? Ces résultats peuvent rassurer les personnes atteintes d’un cancer, à réduire leur sentiment de culpabilité ou l’auto-accusation liées à l’idée d’avoir « provoqué » leur maladie par le stress, un deuil ou l’isolement. Pour le cancer du poumon, les facteurs psychosociaux semblent plutôt agir indirectement, notamment par l’intermédiaire du tabagisme et d’autres habitudes de vie qui pourraient le favoriser.
Moisissures dans les logements sociaux : un programme à l’échelle d’une ville réduit les urgences pour asthme

Lancé en 2019 par la New York City Housing Authority (NYCHA), le programme « Mold Busters » visait à réduire les moisissures dans les logements sociaux de New York, où vivent plus de 400 000 personnes. Le dispositif repose sur de meilleurs outils d’intervention, une formation renforcée des employés et un contrôle qualité plus approfondi.
Les chercheurs ont analysé les passages aux urgences pour asthme chez les résidents du NYCHA entre 2016 et 2023, en les comparant à ceux d’un groupe témoin vivant dans des quartiers voisins à faibles revenus et ne bénéficiant pas du programme. Ils ont également étudié les demandes d’intervention liées aux moisissures signalées par les habitants, en tenant compte des caractéristiques des bâtiments et des quartiers ainsi que des épisodes de précipitations extrêmes, favorisant les moisissures.
Après le lancement du programme, les demandes d’intervention pour moisissures ont globalement diminué, mais augmentaient après les épisodes de fortes précipitations. Chiffre important : l’analyse associe le programme à une réduction moyenne de 9 passages aux urgences pour asthme par an pour 1 000 habitants, soit environ 2 798 passages évités chaque année. L’effet semblait plus important chez les adultes et dans les logements où les habitants signalaient les plus fortes réductions de moisissures.
Cette première étude observationnelle de cette ampleur montre qu’une intervention de santé publique contre les moisissures menée à l’échelle d’une ville peut réduire les recours aux urgences pour asthme. Au-delà des passages aux urgences, le programme pourrait contribuer à prévenir de nouveaux cas d’asthme, réduire la sévérité des symptômes et limiter d’autres réactions allergiques, concluent les auteurs.
Référence : Large-Scale Mold Intervention Reduced Asthma Emergency Department Visits in New York City Public Housing Differentially Across Building and Neighborhood Characteristics (American thoracic society 2026).
Nouveaux médicaments : 597 jours en moyenne avant leur prise en charge en Europe

L’accès aux nouveaux médicaments continue de se dégrader en Europe. Selon l’étude W.A.I.T. 2026, le délai moyen entre l’autorisation d’un médicament par les autorités sanitaires et sa prise en charge par l’Assurance maladie a atteint 597 jours en 2025, soit 19 jours de plus qu’en 2024. L’analyse porte sur 168 médicaments autorisés entre 2021 et 2024.
Les écarts entre pays sont majeurs : 158 jours en Allemagne contre 1 110 jours en Roumanie. Avec 633 jours, la France se situe dans une position intermédiaire. Ce délai tombe toutefois à 487 jours lorsque les médicaments bénéficiant d’un accès précoce (avant l’obtention de l’autorisation de mise sur le marché) sont pris en compte.
La situation est encore plus longue pour les traitements anticancéreux : 655 jours en moyenne en Europe pour les 56 médicaments étudiés, contre 69 jours auparavant. En France, le délai atteint 789 jours, ou 542 jours avec l’accès précoce.
Pour les 66 médicaments destinés à des maladies rares (orphelins), le délai moyen reste stable à 614 jours en Europe. Il est de 665 jours en France (431 jours avec l’accès précoce). Pour les médicaments orphelins hors cancérologie, il diminue légèrement, de 607 à 595 jours, tandis qu’il atteint 621 jours en France (433 jours avec l’accès précoce).
Autre signal préoccupant : 49 % des nouveaux médicaments n’étaient pas disponibles avec une prise en charge en 2025 en moyenne dans l’UE. La disponibilité allait de 93 % en Allemagne à seulement 13 % à Malte. Avec 60 %, la France se classait au 8e rang, derrière l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie, la Suisse, l’Espagne, le Luxembourg et l’Angleterre.
Ces données témoignent d’inégalités croissantes entre les pays européens.
Référence : EFPIA Patients W.A.I.T. Indicator 2025 Survey May 2026 IQVIA pour l’EFPIA (The European Federation of Pharmaceutical
Industries and Associations)
Obésité : jusqu’à trois fois plus de risque d’infection grave

Une étude publiée dans The Lancet montre que l’obésité est associée à un risque accru d’infection grave, avec un effet qui augmente selon le degré d’obésité.
Les chercheurs ont analysé 67 766 adultes issus de deux cohortes finlandaises et 479 498 participants de la UK Biobank (banque de données anglaise), suivis pendant environ 13 ans.
Par rapport à un poids normal, l’obésité était associée à un risque d’infection grave supérieur de 70 %. En cas d’obésité de classe III (IMC ≥ 40 kg/m2), le risque était presque triplé. L’association concernait de nombreuses infections, notamment le SARS-CoV-2, les pneumonies et les infections urinaires, en présence ou non de diabète ou de syndrome métabolique. Seuls le VIH et la tuberculose ne présentaient pas d’association significative.
Selon les estimations des auteurs, l’obésité aurait contribué à 0,6 million des 5,4 millions de décès infectieux dans le monde en 2023, soit 10,8 %.
Quelles explications ? Le surpoids pourrait affaiblir les défenses immunitaires et rendre l’organisme moins efficace pour lutter contre les infections (notamment en perturbant certaines cellules et protéines impliquées dans la réponse immunitaire. À l’inverse, une perte de poids chez les personnes obèses était associée à une réduction de 20 % du risque infectieux.
Cette étude dite « observationnelle » ne permet pas d’établir formellement un lien de causalité, juste d’établir une association entre obésité et infections. Les auteurs recommandent néanmoins de renforcer la prévention de l’obésité et la vaccination des personnes obèses afin de réduire le risque potentiel d’infections graves.
Traitements chroniques : 42 % des patients ont déjà oublié ou interrompu leur traitement

Une étude réalisée avec OpinionWay dans le cadre du salon Medintechs a mis en lumière les difficultés rencontrées par les Français qui suivent un traitement au long cours. Parmi les patients traités depuis plus de six mois, 42 % déclarent avoir déjà oublié ou interrompu leur traitement au moins une fois.
La lassitude joue un rôle important : 1 patient sur 2 se dit parfois fatigué de devoir suivre un traitement sur le long terme. Par ailleurs, 42 % doutent de son utilité réelle, même lorsque leur médecin le considère indispensable, et 39 % ressentent un décalage entre les attentes médicales (ne pas oublier, ne pas faire d’écart) et ce qu’ils parviennent réellement à suivre au quotidien.
Pour faciliter le bon suivi de leur traitement (observance), les patients privilégieraient d’abord des traitements plus simples, avec moins de prises et des horaires plus faciles (19 %), puis des rappels ou outils de suivi fournis systématiquement (13 %) et des explications plus claires au moment de la prescription (11 %). Un accompagnement médical plus régulier n’arrive qu’en cinquième position (9 %).
L’amélioration de l’observance ne repose donc pas uniquement sur le médecin : l’éducation thérapeutique et l’accompagnement psychologique peuvent également aider les patients à mieux suivre leur traitement.
Commentaire du Dr Laurent Nguyen, pneumologue et membre de Santé respiratoire France : « Ces résultats sont issus d’un sondage portant sur les attentes des patients concernant les moyens susceptibles d’améliorer l’observance. La mise en œuvre de ces mesures nécessiterait une évaluation de leur faisabilité en pratique ainsi que de leur efficacité sur l’observance. »
Référence : Les Français et l’observance médicamenteuse (2026)
Canicule : le risque de pneumonie augmente aussi chez les sujets jeunes

Selon le Pr Colas Tchérakian, membre de Santé respiratoire France qui s’exprimait sur Medscape France, les fortes chaleurs sont associées à une hausse du risque de pneumonie, contrairement à l’idée habituelle d’infections respiratoires surtout hivernales. Ce risque augmente de façon linéaire avec la température et la durée d’exposition à la chaleur.
Les mécanismes habituels expliquant les infections hivernales (meilleure survie des microbes au froid, proximité accrue entre personnes, infections virales favorisant ensuite des infections bactériennes) ne suffisent donc pas à expliquer les pneumonies observées pendant les épisodes de chaleur extrême.
Les données disponibles en 2026 montrent une augmentation des pneumonies lors des températures extrêmes, notamment chez les plus de 65 ans et les personnes atteintes de maladies respiratoires, mais aussi chez des personnes plus jeunes et en bonne santé. Les principaux facteurs associés à ce risque sont l’âge supérieur à 65 ans, le sexe féminin et l’enfance. Les épisodes de canicule pourraient ainsi modifier le profil saisonnier des infections respiratoires, avec davantage de personnes jeunes consultant pour des infections pulmonaires en été.
Référence : The Impact of Heat Waves and Cold Spells on Pneumonia Risk: A Nationwide Study. Wu J, Wu Y, Wu Y, et al. Environmental Research. 2024;245:117958 ; Climate Change-Associated Heat Extremes and Immune Dysregulation: Emerging Links With Autoimmunity, Allergy, and Infectious Diseases. Fragkou PC, Moschopoulos CD, Marová D, et al. Seminars in Immunopathology. 2026;48(1):6 ; Hot Weather and Heat Extremes: Health Risks. Ebi KL, Capon A, Berry P, et al. Lancet. 2021;398(10301):698-708.
Asthme de l’enfant allergique : le chat ne semble pas aggraver la maladie

Une étude suédoise portant sur 30 277 enfants de 4 à 17 ans, asthmatiques et allergiques, suggère que vivre avec un chat n’aggrave pas l’évolution de l’asthme.
Les données entre 2023 et 2024, issues des registres nationaux suédois, ont été analysées. Les enfants avaient un âge médian de 9,5 ans. Les auteurs de la publication ont observé que la sévérité initiale de l’asthme était comparable chez les enfants exposés et non exposés au chat (19,5 % contre 20,6 % d’asthme modéré à sévère). Les enfants vivant avec un chat avaient quasiment autant de crises d’asthme que ceux sans chat : 3,3 % contre 3,5 %. L’asthme modéré à sévère était également presque aussi fréquent : 9,6 % contre 10,1 %. En clair, le chat ne semblait pas aggraver leur asthme.
Dans un sous-groupe de 1 428 enfants, dont 97 vivaient avec un chat, aucune différence n’a été observée pour le contrôle de l’asthme (score ACT) ou le VEMS (volume expiratoire maximal en une seconde). Le nombre, le sexe et l’âge du chat n’influençaient pas non plus l’évolution.
Ces résultats rejoignent plusieurs études suggérant que la présence d’un chat n’aggrave pas systématiquement l’asthme chez l’enfant allergique. Ils ne justifient donc pas une séparation systématique avec l’animal, ce qui pourrait avoir un impact psychologique sur l’enfant et sa famille.
Les conclusions de l’étude restent toutefois limitées par les contacts possibles avec des chats hors du domicile, les chats pouvant entrer dans certaines habitations, et par un possible sous-enregistrement dans le Registre national des chats.
Référence : Putri RR, Lundholm C, Hedman A, Mubanga M, Karim H, Konradsen JR and Almqvist C (2026) Cat exposure and asthma outcomes in a cohort of children with asthma and allergy. Front. Allergy 7:1840756. doi: 10.3389/falgy.2026.1840756.
Assurance voyage : des maladies à déclarer pour éviter une mauvaise surprise à l’étranger

Avant un voyage, certaines maladies ou situations médicales peuvent modifier les conditions de couverture de l’assurance, avertit le journal Top Santé (juin 2026). Sont notamment concernées l’hypertension, le diabète, l’asthme, la dépression, ainsi que les maladies chroniques ou auto-immunes reconnues en ALD (Affections de Longue Durée, comme la maladie de Crohn ou le lupus…).
Cette déclaration est importante car une hospitalisation ou un rapatriement à l’étranger peut coûter très cher. La Carte européenne d’assurance maladie ne prend pas en charge le rapatriement et les assurances liées aux cartes bancaires excluent souvent les complications considérées comme prévisibles d’une maladie connue.
Les assureurs peuvent demander que la maladie soit stabilisée avant le départ. Selon les contrats, cette période peut aller de 30 jusqu’à 180 jours. Certaines assurances excluent aussi les frais liés à une maladie ayant nécessité une consultation ou une hospitalisation au cours des six derniers mois.
En cas d’oubli ou de fausse déclaration, l’assureur peut refuser l’indemnisation ou la réduire au prorata de la prime versée, avec un reste à charge pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros. En pratique, toute maladie nécessitant un traitement régulier, un suivi spécialisé ou relevant d’une ALD doit être signalée avant la souscription, après vérification des conditions précises du contrat.
HTAP : le sotatercept, une nouvelle approche thérapeutique disponible en ville
Le sotatercept (Winrevair) constitue la première biothérapie de l’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) à agir sur un mécanisme précis de la maladie (la voie de l’activine, précisément). Homologué en Europe en août 2024 et disponible en pharmacie depuis le 10 juin 2026, il apporte une nouvelle approche après environ 20 ans sans progrès thérapeutique majeur. Plus de 400 patients français ont déjà reçu le traitement dans le cadre de trois accès précoces (avril 2024, décembre 2024 et septembre 2025).
L’HTAP compte 15 traitements homologués, mais tous sont des vasodilatateurs des poumons. Le sotatercept agit différemment, en bloquant la prolifération des cellules de la paroi des vaisseaux pulmonaires. Il est utilisé en complément de deux ou trois médicaments vasodilatateurs (ciblant la prostacycline, l’endothéline-1 et/ou le monoxyde d’azote).
Les essais cliniques STELLAR, HYPERION et ZENITH, dans lesquels environ 10 % des patients étaient français, ont montré une diminution des résistances vasculaires pulmonaires* de 20 à 33 %, ainsi qu’une amélioration de la capacité à l’effort, de la classe fonctionnelle (correspondant à la sévérité de la maladie), de la qualité de vie et du pronostic. La HAS a cependant relevé l’absence de preuve robuste sur la mortalité seule et un effet modeste sur la qualité de vie. Le remboursement concerne actuellement les patients en classe fonctionnelle OMS II ou III, tandis que l’indication a été étendue à la classe IV en décembre 2025 (remboursement à l’étude).
L’expérience française en accès précoce est jugée positive, avec un recul allant jusqu’à deux ans. Parmi une centaine de patients traités lors du premier accès précoce, 23 des plus sévèrement atteints ont notamment pu arrêter la prostacycline administrée par pompe**. D’autres ont retrouvé une activité sportive ou professionnelle. Environ 15 % des patients ont toutefois arrêté le traitement.
Le sotatercept (poudre à reconstituer avant injection) est désormais accessible en pharmacie d’officine, contrairement aux autres traitements de l’HTAP encore délivrés à l’hôpital.
La population cible est estimée à environ 3 300 patients en classes fonctionnelles II et III. Le registre français de l’HTAP permettra de suivre en vie réelle la survie, l’évolution de la maladie et les hospitalisations.
Certains experts estiment qu’il serait pertinent d’évaluer le sotatercept plus tôt dans la prise en charge, plutôt qu’après six mois de prise d’une bithérapie ou de trithérapie. L’objectif serait d’intervenir avant l’apparition de l’insuffisance cardiaque droite, conséquence de la surcharge chronique imposée au ventricule droit.
* Les résistances vasculaires pulmonaires désignent la difficulté que rencontre le sang pour circuler dans les vaisseaux des poumons. Lorsqu’elles augmentent, le cœur doit fournir davantage d’effort pour faire circuler le sang vers les poumons.
** La prostacycline peut être administrée en continu par une petite pompe qui délivre le médicament à dose régulière, généralement par voie intraveineuse ou sous la peau. Cette substance dilate les vaisseaux pulmonaires et facilite la circulation du sang.
Référence : HTAP : une innovation thérapeutique majeure pour changer le quotidien des patients/conférence MSD (juin 2026) ; AVIS de la HAS et de la commission de transparence.
BPCO : quand la santé des poumons se voit sur le visage

Une étude a comparé 56 patients atteints de BPCO et ayant fumé avec 84 personnes sans BPCO. L’intensité des rides a été évaluée selon l’échelle de Daniell et leur longueur totale mesurée. Les patients atteints de BPCO présentaient des rides nettement plus longues que les personnes sans BPCO, quelle que soit leur consommation de tabac (p < 0,004). Chez les patients atteints de BPCO, les rides étaient principalement classées aux niveaux IV-V de l’échelle de Daniell, contre II-III chez les anciens fumeurs et les non-fumeurs sans BPCO.
La longueur des rides était également inversement liée aux paramètres de la fonction pulmonaire : plus les rides étaient longues, moins la fonction respiratoire était bonne. Les différences d’intensité des rides entre fumeurs actuels et anciens fumeurs atteints de BPCO n’étaient toutefois pas significatives.
Ces résultats suggèrent que les rides pourraient être associées à la BPCO et à l’altération de la fonction pulmonaire, indépendamment du tabagisme.
Référence : LANGE, P. and SCHNOHR, P. (1994), THE RELATIONSHIP BETWEEN FACIAL WRINKLING AND AIRFLOW OBSTRUCTION. International Journal of Dermatology, 33: 123-126 ; Excessive Facial Wrinkling Is Associated with COPD Occurrence-Does COPD Damage Skin Beauty and Quality? International Journal of Environmental Research and Public Health, 21 Jan 2023, 20(3):1991
Intelligence artificielle en santé : la Haute autorité en santé (HAS) donne des clés aux usagers

L’IA dite générative produit du contenu (texte, image, son, vidéo, etc.) à partir de probabilités. Celles-ci ont été apprises par l’IA lors d’une phase d’entraînement, effectuée sur la base de différentes sources d’information. Sa fiabilité dépend donc en partie de la qualité des données utilisées lors de cette phase d’entraînement. En santé comme dans de nombreux domaines…
Les outils d’intelligence artificielle générative sont désormais largement accessibles au grand public et occupent une place croissante dans la recherche d’informations en santé.
S’ils peuvent aider à mieux comprendre certaines informations, ils ne garantissent pas toujours des réponses fiables. Leur utilisation nécessite également une vigilance particulière concernant la protection des données personnelles.
Dans ce contexte, des repères clairs, pédagogiques et accessibles sont nécessaires pour permettre un usage éclairé de ces outils.
C’est pourquoi la HAS s’est associée à deux institutions de référence pour accompagner les usagers vers une utilisation éclairée, critique et sécurisée de l’IA générative en santé : France Assos Santé, afin de répondre aux attentes et aux besoins des usagers, et la CNIL, pour prendre en compte les enjeux liés à la protection des données personnelles.
Deux ressources sont ainsi mises à la disposition de tous : le guide pédagogique « Intelligence artificielle en santé – Bien l’utiliser et bien se protéger » et une foire aux questions (FAQ).
Ces ressources expliquent de manière simple le fonctionnement de l’IA générative, ses utilisations possibles en santé, mais aussi ses limites et les précautions à prendre. L’objectif est de permettre aux usagers de tirer parti de ses bénéfices tout en adoptant les bons réflexes : exercer son esprit critique, rester vigilant quant à ses données personnelles et s’en remettre systématiquement à un professionnel de santé pour toute interprétation ou prise de décision.
Les principaux messages à retenir
- L’intelligence artificielle générative peut répondre à certaines interrogations en santé, à condition de l’utiliser avec discernement. Des questions précises permettent d’obtenir des informations scientifiques (validées et à jour), ainsi que des hypothèses d’analyse de symptômes ou d’examens médicaux. Ces résultats ne constituent toutefois jamais un diagnostic : seul un professionnel médical peut en établir un.
- Une vigilance particulière s’impose également concernant les données personnelles. Il ne faut pas communiquer son nom, ses coordonnées, celles des professionnels de santé qui assurent son suivi ni, plus généralement, toute information permettant de s’identifier. Le ton convivial et attentionné de l’IA peut donner l’impression d’échanger avec un interlocuteur humain. L’outil reste pourtant une technologie, même lorsqu’il adopte les codes d’une conversation, ce qui doit inciter à la prudence.
- Les recherches effectuées avec une IA peuvent être partagées avec les professionnels de santé. Cet échange permet de valider, de nuancer ou d’écarter les réponses obtenues. De leur côté, les soignants qui utilisent un dispositif médical intégrant de l’IA pour la prévention, le diagnostic ou le soin doivent en informer leurs patients.
Moins de proches aidants, mais une aide plus intense entre 2008 et 2022, selon la Drees

La Drees* a publié au début de l’été une étude sur les proches aidants en 2022, à partir de l’enquête Autonomie-Ménages. Elle analyse leur nombre, leurs caractéristiques, leur lien avec les personnes aidées et les aides apportées, en les comparant aux données de l’enquête Handicap-Santé 2008 afin de mesurer les évolutions sur quinze ans.
- En 2022, 5,3 millions de personnes de 16 ans ou plus étaient des proches aidants en France, soit 8,9 % de la population. Leur nombre a diminué de 340 000 depuis 2008 (-6 %), alors même que les besoins d’aide à domicile ont progressé de 80 000 personnes. La baisse du nombre de proches aidants ne traduit pas une diminution des besoins d’aide à domicile. Elle s’explique plutôt par l’évolution des structures familiales et de l’emploi. Sur la période, le nombre de personnes vivant à domicile déclarant avoir besoin d’aide pour les activités de la vie quotidienne a même augmenté de 80 000.
- Les aidants sont aussi plus âgés (55 ans et 4 mois en moyenne contre 52 ans et 11 mois en 2008) et appartiennent davantage au cercle familial proche : la part des conjoints est passée de 24 % à 28 % et celle des enfants de 35 % à 39 %. Le vieillissement des proches aidants s’explique par le vieillissement général de la population française et l’allongement de l’espérance de vie sans perte d’autonomie des personnes vivant à domicile. Ces dernières ont ainsi besoin d’aide plus tardivement, permettant à des personnes plus âgées de continuer à assumer un rôle d’aidant.
- Parallèlement, leur implication s’intensifie. En 2022, seuls 21 % des aidants apportent leur aide pour un seul type de tâche, contre 35 % en 2008, tandis que 51 % interviennent sur trois à sept types de tâches (40 % en 2008). Le temps consacré augmente également : 13 % y consacrent au moins 35 heures par semaine, contre 8 % en 2008.
*Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees)
Annelore Verhagen (Drees, Institut des politiques publiques, Paris School of Economics)