Association Santé Respiratoire France https://sante-respiratoire.com Faire connaître et reconnaître les maladies respiratoires chroniques Fri, 07 Oct 2022 09:35:04 +0000 fr-FR 1.2 https://sante-respiratoire.com https://sante-respiratoire.com 2 1 https://wordpress.org/?v=6.0.2 143736535 <![CDATA[BPCO]]> https://sante-respiratoire.com/les-nouveautes-de-lobservatoire-de-la-bpco-en-aquitaine-et-en-charente-maritime-la-cohorte-palomb/diagnostic/ Wed, 07 Feb 2018 20:59:37 +0000 http://bpcoassojt.cluster026.hosting.ovh.net/wp-content/uploads/2018/02/DIAGNOSTIC.jpg 116 115 461 0 <![CDATA[Emphysème pulmonaire. Arrivée imminente des traitements endoscopiques innovants. Que peut-on en attendre ?]]> https://sante-respiratoire.com/traitements-endoscopiques-innovants-que-peut-on-en-attendre/ Thu, 03 Jan 2019 07:00:11 +0000 http://bpcoassojt.cluster026.hosting.ovh.net/?p=202 Deux techniques de traitement endoscopique de l’emphysème - les valves et les spirales endobronchiques- pourraient arriver prochainement en France en soins courants. Alors que les premières modifient localement le flux ventilatoire, les secondes remanient la conformation du poumon. Ces alternatives mini-invasives à la chirurgie de réduction du volume pulmonaire seront réservées aux personnes BPCO souffrant d’un emphysème sévère. Technique plus avancée, les valves endobronchiques sont même attendues pour 2019. Le détail de ces technologies, par l’un des chercheurs ayant contribué à leur développement, le Pr Gaëtan Deslée, chef du service de pneumologie au CHU de Reims.*   Pr Gaëtan Deslée, chef du service de pneumologie au CHU de Reims

Quel est le profil des personnes BPCO emphysémateuses ?

Pr G.D : L’emphysème pulmonaire est une dilatation des espaces aériens au-delà des petites bronches (appelées bronchioles terminales), secondaire à une destruction progressive et insidieuse du tissu pulmonaire et en particulier alvéolaire. Le parenchyme pulmonaire, c’est-à-dire l’architecture fine des alvéoles, est partiellement détruit et remplacé par des espaces vides. Plus de la moitié des patients BPCO a un emphysème associé. Le symptôme principal est l’essoufflement (dyspnée), présent au début seulement à l’effort puis, lorsque l’emphysème s’aggrave, pour des efforts minimes et même au repos. Le principal facteur de risque est le tabagisme. Certaines expositions professionnelles peuvent également être impliquées, ainsi qu’une maladie génétique, le déficit en alpha-1 antitrypsine. Certaines formes d’emphysème peuvent survenir précocement après une dizaine d’années ou moins de tabagisme. Parfois, le stade d’emphysème sévère est atteint après plusieurs décennies. Le retentissement de l’emphysème sur les capacités respiratoires est évalué par la mesure du souffle, qui permet de constater la sévérité de l’obstruction bronchique et de la distension thoracique, notamment via les mesures du VEMS (volume expiré maximal à la première seconde) et du volume résiduel (quantité d’air restant au niveau des poumons en fin d’expiration maximale). Les mesures du taux d’oxygène sanguin au repos et à l’effort permettent d’apprécier le degré d’insuffisance respiratoire. Sur le plan morphologique, l’imagerie thoracique, en particulier le scanner thoracique, précise la sévérité et la topographie de l’emphysème.

 

Quelles sont les conséquences de l’emphysème ?

Primo, la destruction du tissu alvéolaire engendre une diminution des capacités à capter l’oxygène, c’est-à-dire que l’oxygène passe difficilement des alvéoles pulmonaires aux capillaires sanguins. Segundo, la destruction des alvéoles est à l’origine d’une hyper-inflation car trop d’air est piégé dans les poumons en fin d’expiration. La quantité de ces gaz résiduels peut être alors multipliée par deux voire trois ou quatre. Cette sur-pression intrapulmonaire constante du fait de ce gaz piégé conduit à une "distension thoracique" d’où une altération des capacités à ventiler, c’est-à-dire à inspirer et à expirer. La perte d’élasticité du poumon à cause de la destruction pulmonaire engendre de plus une difficulté majeure à expirer. Tercio, le phénomène de distension thoracique créé une pression sur le diaphragme. Aplati, celui-ci ne joue pas pleinement son rôle lors de l’inspiration, compromettant la mécanique ventilatoire.

 

Quel est l’objectif du traitement de l’emphysème ?

En cas d’emphysème, le traitement de base reste identique à celui de la BPCO, à savoir le sevrage tabagique, les vaccinations antigrippale et antipneumococcique, les traitements bronchodilatateurs (beta2agonistes et/ou anticholinergiques), la réhabilitation respiratoire, éventuellement l’oxygénothérapie en cas d’insuffisance respiratoire grave et la ventilation non invasive dans les cas très sévères.

Les traitements interventionnels chirurgicaux - transplantation pulmonaire et chirurgie de réduction du volume pulmonaire- restent une option d’exception réservée à des formes très sévères et symptomatiques non soulagées par le traitement standard sus-cité. La transplantation pulmonaire s’adresse à des patients jeunes (en général âgés de moins de 65 ans) et sans autre pathologie extra-respiratoire, avec une limitation liée au nombre de greffons disponibles. Quant à la chirurgie de réduction de volume sur les zones d’emphysème, elle est actuellement peu pratiquée en France en raison de complications potentielles et de suites opératoires pouvant entraîner une longue durée d’hospitalisation. D’où l’idée de développer des techniques opératoires mini-invasives, par endoscopie, c’est à dire en empruntant les voies naturelles, de la bouche aux bronches en passant par la trachée.  

En quoi consistent ces techniques endoscopiques innovantes ?

Au moyen d’un bronchoscope, le pneumologue interventionnel positionne au niveau des voies aériennes des dispositifs capables de réduire le volume de l’emphysème. Les deux principales techniques sont les valves et les spirales endobronchiques.

La seconde solution est celle des spirales endobronchiques. Ce sont des dispositifs implantables métalliques d’un alliage de nickel et de titane (nitinol) à mémoire de forme. Ces spirales réalisent une compression loco-régionale du tissu pulmonaire, de façon irréversible, redonnant de l’élasticité au poumon et réduisant la distension pulmonaire. En plus de réduire le volume pulmonaire, elles augmentent mécaniquement le retour élastique dans le poumon atteint. Jusqu’à douze spirales sont posées dans un lobe pulmonaire cible, en 30 à 45 minutes. Là, pas de contre-indication en cas de ventilation collatérale mais cette technique ne peut pas être réalisée en cas de destruction trop importante du tissu pulmonaire. Une hospitalisation de 24h post-opératoire est nécessaire. Les complications principales sont à type de pneumonie, pneumothorax et plus rarement d’hémorragie.

Le principe des valves endobronchiques est de placer à l’intérieur des bronches d’un lobe pulmonaire plusieurs valves unidirectionnelles qui se ferment lors de l’inspiration et s’ouvrent lors de l’expiration ; l’objectif étant de réduire le volume du lobe afin d’obtenir une rétractation du lobe traité. Cette technique réversible a démontré son efficacité chez des patients emphysémateux très sélectionnés notamment sur les caractéristiques morphologiques et fonctionnelles du lobe pulmonaire cible, et notamment sur l’absence de communication entre les lobes (ventilation collatérale).

Les résultats récents dans le cadre d’une sélection très rigoureuse ont démontré une efficacité significative, notamment sur les capacités à l’effort, sur la diminution de la distension thoracique et sur l’amélioration de la qualité de vie. Le patient doit être rigoureusement surveillé après le geste afin de repérer l’apparition d’un pneumothorax (introduction d'air ou de gaz dans la cavité pleurale). Les principales autres complications sont les infections dans le territoire pulmonaire valvé et les migrations des valves, qui peuvent nécessiter une réintervention pour repositionnement ou ablation.

 

Valves et spirales se concurrencent-elles ?

Non. L’élément le plus important est celui d’une évaluation très rigoureuse des caractéristiques de l’emphysème sur le plan morphologique et fonctionnel respiratoire. Avant d’envisager ce type de traitements interventionnel, il faut vérifier que le traitement sur le plan respiratoire est optimal, incluant notamment la réhabilitation respiratoire. Enfin, il est primordial de s’assurer du diagnostic précis et de la prise en charge adaptée d’autres pathologies non respiratoires appelées comorbidités par exemple cardio-vasculaires, qui peuvent compromettre non seulement la sécurité de la réalisation de ces traitements qui nécessitent une anesthésie générale mais également l’efficacité.

 

Les valves endobronchiques, attendues pour 2019 !

[caption id="attachment_2524" align="alignleft" width="251"] Valves Zéphyr, laboratoire Pulmonix[/caption] Parmi l’ensemble des dispositifs endobronchiques de réduction de l’emphysème, les valves endobronchiques sont la technique la plus aboutie. 2018 a été l’année où tout s’est joué et elles devraient être prochainement proposées en France. En effet, le dossier est à l’étude par la Haute Autorité en Santé et le dispositif a d’ores et déjà été approuvé par les autorités sanitaires américaines (FDA) et anglaises (NICE). Ce feu vert a été déclenché suite à la publication en 2018 de l’une des études pivot (LIBERATE)* concluant une série de quatre essais publiés entre 2015 et 2018 de haut niveau scientifique (études dites “multicentriques randomisées et contrôlées”) conduites avec les valves Zephyr ®, seul dispositif du genre existant et dont l’évaluation soit aussi avancée. LIBERATE a montré, de façon jugée incontestable par les experts indépendants, une amélioration considérable sur la fonction pulmonaire, la tolérance à l’activité physique, la dyspnée et la qualité de vie. Ceci avec un recul d’au moins 12 mois. Dans le détail, un an après la pose de ces valves, 47,7% des patients présentaient une augmentation du VEMS (Volume expiratoire maximal par seconde) au moins supérieur à 15 %, contre 16% des malades dans le groupe témoin. A savoir, l’objectif d’une amélioration de 15% ou plus du VEMS est un objectif ambitieux Un succès clinique, estimé au moyen du minimal clinically important difference (MCID), se situe selon les références entre 6% et 12% d’amélioration du VEMS. Un traitement médical optimal permet en moyenne 5% d’amélioration du VEMS. Par ailleurs, les valves endobronchiques ont amélioré le test de la distance de marche de 6 minutes et le questionnaire respiratoire de St. George. Comme attendu, ces résultats ont été constatés chez les personnes atteintes d’emphysème sévère ou très sévère (selon la classification GOLD stade 3 ou 4) présentent des complications importantes hétérogènes et une ventilation collatérale faible ou inexistante au niveau du lobe ciblé. Afin de sélectionner en amont de l’intervention et de la façon la plus juste possible les patients qui tireront un réel bénéfice de la pose de ces valves, les experts ont développé des outils physiologiques et radiologiques (appelée StratX et Chartis) de sélection des candidats. Ces outils permettent une identification optimale des patients répondeurs à la technologie, évitant par ailleurs des traitement inefficaces et onéreux chez des patients non-éligibles. Quant au profil de sécurité de ce dispositif, il a été jugé acceptable malgré un risque plus important de pneumothorax justifiant une surveillance méticuleuse post-opératoire.  Enfin, il semblerait dans les études plus anciennes que les personnes ayant eu les valves et qui ont bien répondu au traitement, ont, au-delà de l’amélioration de leur qualité de vie, une augmentation de leur espérance de vie. Les quatre études avec les valves endobronchiques Zephyr ® qui ont inclus un millier de patients ont été reprises par des groupements scientifiques publiant des recommandations à un niveau national ou international, dont deux recommandations de pratique clinique (GOLD 2017**, et Herth et al. 2016***), trois évaluations positives de technologie de santé (NICE 2017-Grande-Bretagne, HAS 2018-France, FDA 2018-USA) et une synthèse des études publiés réalisée par le groupe Cochrane (van Agteren et al. 2017)****. Aujourd’hui, le National Insitute of Health (NICE) anglais recommande les valves Zephyr ® comme étant une thérapie standard à envisager en pratique clinique chez les patients souffrant d’un emphysème sévère. Une thérapeutique reconnue, recommandée et remboursée dans la majorité des pays européens et en Grande Bretagne. En France, la prise en charge par l’Assurance maladie devrait suivre sous peu, courant 2019. 1000 à 1500 patients français pourraient alors en bénéficier et retrouver grâce à ce dispositif de valves endobronchiques une qualité de vie. * Gerard J. Criner, Richard Sue, Shawn Wright et al. A Multicenter Randomized Controlled Trial of Zephyr Endobronchial Valve Treatment in Heterogeneous Emphysema (LIBERATE) ** GOLD 2017 : https://goldcopd.org/wp-content/uploads/2016/04/wms-GOLD-2017-Pocket-Guide-Final-French.pdf *** Herth FJ1, Slebos DJRabe KF et al. Endoscopic Lung Volume Reduction: An Expert Panel Recommendation. Respiration. 2016;91(3):241-50. **** Van Agteren et al. Bronchoscopic lung volume reduction procedures for moderate to severe chronic obstructive pulmonary disease. 23 February 2017.
  Propos recueillis par Hélène Joubert, journaliste.  

Conflits d’intérêts : Le Pr Gaëtan Deslée déclare avoir été investigateur dans le cadre d’études ayant évalué les valves et les spirales endobronchiques, avoir participé à des actions de présentations en congrès, formations et publications sur ces thématiques.

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<![CDATA[AssoBPCO_Graphique_article Carine MUTATAYI]]> https://sante-respiratoire.com/traitements-endoscopiques-innovants-que-peut-on-en-attendre/assobpco_graphique_article-carine-mutatayi/ Thu, 08 Feb 2018 11:17:23 +0000 http://bpcoassojt.cluster026.hosting.ovh.net/wp-content/uploads/2018/02/AssoBPCO_Graphique_article-Carine-MUTATAYI.png 203 202 423 0 <![CDATA[Dénormaliser tabac]]> https://sante-respiratoire.com/une-idee-contre-le-tabac/hand-crushing-cigarettes/ Fri, 09 Feb 2018 08:38:11 +0000 http://bpcoassojt.cluster026.hosting.ovh.net/wp-content/uploads/2018/02/Fotolia_84409119.jpg 260 259 411 0 <![CDATA[president]]> https://sante-respiratoire.com/accueil/president-2/ Thu, 22 Feb 2018 16:02:00 +0000 http://bpcoassojt.cluster026.hosting.ovh.net/wp-content/uploads/2018/02/president-1.png 956 301 325 0 <![CDATA[Pr Gatean DESLEE]]> https://sante-respiratoire.com/traitements-endoscopiques-innovants-que-peut-on-en-attendre/pr-gatean-deslee/ Fri, 16 Mar 2018 12:51:39 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2017/09/Pr-Gatean-DESLEE.jpg 1787 202 214 0 <![CDATA[Le recrutement est ouvert pour l’étude ELEVATE dans l’emphysème très sévère !]]> https://sante-respiratoire.com/le-recrutement-est-ouvert-pour-letude-elevate-dans-lemphyseme-tres-severe/ Wed, 05 Sep 2018 07:00:58 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2154 Dans l’emphysème très sévère, afin de repérer les bons candidats au traitement par spirales – ces dispositifs implantables métalliques à mémoire de forme placés à l’intérieur des bronches - l’étude européenne ELEVATE à laquelle participe la France va débuter en septembre 2018. Avis aux personnes souffrant d’emphysème pulmonaire très sévère. Huit patients BPCO sur dix ont un emphysème, très sévère chez 10% d’entre eux. L’essai européen ELEVATE* est un essai randomisé contrôlé étudiant la réduction volumique endoscopique dans l’emphysème au moyen de spirales comparé au traitement médical de référence. Le Pr Charles-Hugo Marquette, chef du service de Pneumologie, Oncologie Thoracique et Soins Intensifs Respiratoires (CHU de Nice) et le coordinateur français d’ELEVATE traduit ce jargon médical : « cette étude concerne la réduction de l’emphysème par la mise en place de spirales à l’intérieur des bronches distales. En réduisant le volume des zones malades du poumon, cette intervention mini-invasive permet de mieux respirer avec le reste du poumon. En effet, on pourrait comparer un emphysème à un élastique qui se distend, devenu incapable d’expulser l’air inspiré ». La destruction du tissu pulmonaire est à l’origine d’une « hyperinflation » car trop d’air est alors piégé dans les poumons en fin d’expiration. Ce poumon distendu n’est pas trop gênant au repos mais devient très handicapant au moindre effort : la personne emphysémateuse ne peut plus gonfler ses poumons à l’inspiration pour respirer plus amplement (on dit qu’il n’y a plus de « réserve d’amplitude ») et plus vite à l’effort pour apporter l’oxygène aux muscles (voir l’article explicatif « Emphysème pulmonaire. Traitements endoscopiques innovants : que peut-on en attendre ? » Octobre 2017). Une fois ces petites spirales constituées d’un alliage de nickel et de titane (nitinol) à l’intérieur des bronches, elles se « tordent », compressant localement le tissu pulmonaire de façon irréversible. Le poumon retrouve alors une certaine élasticité pour revenir à sa position de repos, tout en réduisant la distension pulmonaire. Le volume résiduel, c’est-à-dire l’air restant dans les poumons en fin d’expiration, est moins important après la pose des spirales. Lorsque ce traitement se révèle efficace, il transforme le quotidien des malades, leur permettant de nouvelles capacités à l’effort.   Figure : (A) Spirale constituée d’une double spire orthogonale ; (B et C) : mise en place de spirales dans le lobe supérieur droit, sous amplificateur de brillance ; (D) : radiographie de thorax initiale, après traitement du lobe supérieur droit (E) et du lobe supérieur gauche (F).    
Quels sont les patients emphysémateux bons répondeurs aux spirales endoscopiques ?
Ces dispositifs ont déjà démontré leur efficacité. Néanmoins, à ce jour, seuls 40% des patients BPCO emphysémateux chez qui l’on pose ces spirales sont améliorés (jusqu’à douze spirales sont posées par endoscopie dans un lobe pulmonaire cible, c’est-à-dire en empruntant les voies naturelles, de la bouche aux bronches en passant par la trachée, en 30 à 45 minutes d’intervention). « Suite à l’intervention, la distension pulmonaire dans le thorax est réduite de moitié environ, estime Charles-Hugo Marquette. Pour évaluer le gain de la technique, les spécialistes se fondent aussi sur une échelle de qualité de vie qui intègre le handicap respiratoire dans la vie courante (Echelle de qualité de vie de Saint George). En moyenne, le gain obtenu grâce aux spirales est de huit points, ce qui est majeur en termes de qualité de vie ». L’objectif d’ELEVATE est donc de repérer les facteurs de bonne réponse au traitement, pour mieux sélectionner les patients qui tireront réellement bénéfice de cette technique. Pour cela, les critères d’inclusion sont particulièrement stricts afin de démontrer que seule une catégorie de patients répondra bien au traitement. Le premier critère est de souffrir d’un emphysème très sévère « en impasse thérapeutique » (résistant aux bronchodilatateurs, notamment) et pas seulement d’un essoufflement (dyspnée), aussi important soit-il. Le second critère est avoir un volume résiduel supérieur ou égal à 200%, c’est-à-dire deux fois la normale.
Des patients à l’emphysème très sévère et aux comorbidités contrôlées
Deux hypothèses existent quant au fait que le traitement par spirales endobronchiques ne fonctionne pas chez certains patients emphysémateux. La première est que les candidats emphysémateux mais ayant des maladies associées (comorbidités) sévères non contrôlées et en particulier une insuffisance cardiaque et/ou une obésité ne tirent aucun parti de ce traitement car déjà essoufflés pour d’autres causes physiopathologiques. « La seconde est que pour profiter d’un bon résultat, souligne le Pr Marquette, il faut que les poumons soient suffisamment distendus. Chez eux, le gain sera majeur. Dans le cas échéant, le bénéfice sera relativement faible : on a d’autant plus de chance d’améliorer un patient qu’il est sévèrement malade, cela vaut pour l’emphysème comme pour la plupart des pathologies. Or chez une grande partie des patients BPCO, la composant « distension pulmonaire » n’est pas au premier plan ; les spirales ne seront d’aucun secours ». La recherche avance et la France est en pointe dans l’élaboration et l’évaluation de nouvelles techniques mini-invasives. Un message d’espoir pour les personnes emphysémateuses sévères.
ELEVATE, détails pratiques
Environ 150 patients seront inclus en France au sein d’une quinzaine de centres experts (Reims, Paris, Strasbourg, Montpellier, Grenoble, Marseille, Nice et, peut-être, St-Etienne), sur les 250 prévus au total répartis dans les quatre pays européens, dont la Grande-Bretagne, l’Allemagne et les Pays-Bas. Ils seront recrutés entre septembre 2018 et juin 2019 puis suivis jusqu’en 2024.   Pour plus de renseignements et si vous vous sentez concerné par cette étude, contactez les investigateurs à cette adresse : emphyseme@chu-nice.fr   *A randomizEd ControlLed Study of PnEumRx™ Endobronchial Coil System (Coils) Versus Standard of Care Medical MAnagement in the Treatment of Subjects with Severe Emphysema   Hélène Joubert, d’après un entretien avec le Pr Charles-Hugo Marquette, chef du service de Pneumologie, Oncologie Thoracique et Soins Intensifs Respiratoires (CHU de Nice). Août 2018.]]>
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<![CDATA[Association_BPCO_emphysème_ELEVATE]]> https://sante-respiratoire.com/le-recrutement-est-ouvert-pour-letude-elevate-dans-lemphyseme-tres-severe/association_bpco_emphyseme_elevate/ Mon, 03 Sep 2018 20:14:11 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/09/Association_BPCO_emphysème_ELEVATE.jpg 2157 2154 170 0 <![CDATA[Marie-Josée Dos Santos, 54 ans, malade BPCO avec emphysème, sous oxygène à la déambulation.]]> https://sante-respiratoire.com/marie-josee-dos-santos-54-ans-malade-bpco-avec-emphyseme-sous-oxygene-a-la-deambulation/ Wed, 05 Sep 2018 07:00:42 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2159 "Désormais, mon oxygène ne m'angoisse plus du tout. Au contraire, c'est mon sauveur" Assez jeune, à l’âge de 37 ans, le diagnostic d’emphysème* est tombé. « A l’époque, il y a 17 ans, je suis célibataire, j’habite aux Baléares en Espagne, je fume depuis une quinzaine d’années et je n’envisage pas d’arrêter seule la cigarette. Je demande de l’aide à mon pneumologue qui me prescrit des substituts nicotiniques à cette intention. J’arrête en quelques jours : j’ai le cœur qui s’emballe et je ne me sens vraiment pas bien ». Rentrée en France en 2007, Marie-Josée tombe amoureuse en 2010, et comme la vie sous oxygène est incompatible à son sens avec une relation forte et durable, elle se tourne vers un psychologue. Lequel la rassure et la renvoie vers son pneumologue qui insiste sur le fait que l’arrêt du tabac a déjà bien éloigné la menace des bouteilles d’oxygène – son angoisse de toujours, renforcée par le décès de son père qui vivait en permanence sous oxygène à cause d’une BPCO- mais qui l’enjoint fortement à se mettre à l’activité physique. Elle se décide, sous la supervision d’un coach à domicile, faute d’endroit sécurisé adapté aux différentes pathologies, comme c'est plus souvent le cas aujourd'hui. « L’idéal aurait été alors de suivre une réhabilitation respiratoire pendant un mois, sur les conseils de mon médecin. C’était malheureusement impensable car je cumulais deux travails, un poste salarié à mi-temps en tant que secrétaire et une société de loisirs qui m’occupait chaque fin de semaine ». Au final, entre opérations (acromioplastie des deux épaules à un an d'intervalle) et conséquences physiques du manque d’oxygène (suites post-opératoires complexes etc.), Marie-Josée doit abandonner sa société. La dyspnée est de plus en plus forte : « je m’étouffe depuis si longtemps que je m’y suis habituée, mais le quotidien s’annonce de plus en plus pénible. Mon compagnon porte mon sac à main si je dois marcher longtemps, s’il fait chaud ou froid ou si la côte est un peu pentue. En voyage, les visites sont limitées. Je renonce parfois à monter quelques marches, mais je continue à bouger car je suis encore jeune et j’ai un sacré caractère ! ». En fin d’année 2016, Marie-Josée est contrainte d’arrêter de travailler. Deux mois après, elle fait une exacerbation de sa BPCO. Le 25 mars 2017, son inquiétude de toujours, la mise sous oxygène, devient réalité. Elle se trouve alors dans une clinique en altitude dans les Pyrénées pour une rééducation à l’effort et l’apport en oxygène est indispensable. Elle panique, ne cesse de pleurer, désespérée car le spectre de l’oxygène s’est concrétisé. En pleine détresse, une infirmière sait enfin trouver les mots pour la réconforter et amorcer l’acceptation d’une vie sous oxygène : « c’est pour votre bien, c’est un médicament comme un autre. Vous irez mieux car votre corps souffre à cause du manque d’oxygène ». En effet, elle s'essouffle toujours autant mais sa qualité de vie s'est améliorée. C’est aussi lors du séjour dans cette clinique qu’elle apprendra enfin le maniement des inhalateurs, de nombreuses astuces pour respirer correctement, la manière dont gérer son stress et se protéger des infections, comment éviter les polluants ménagers, faire attention aux produits d’entretien, effectuer sa toilette nasale et bronchique mais également à mieux connaître ses droits, en particulier l’accès à une kinésithérapie respiratoire. C’est aussi dans cette clinique que l’on découvre qu’elle souffre du syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS). A son domicile, une machine de pression positive continue (PPC) côtoie alors celle qui lui délivre son oxygène. « Tout un appareillage difficile à encaisser, reconnaît-elle. Mais la PPC est rapidement abandonnée, car je m’enrhume. Je conserve donc mon oxygène la nuit et mon pneumologue m'oriente vers d'autres techniques comme la kinésithérapie linguale, le « night balance » pour le traitement de l'apnée positionnelle, et l'orthèse mandibulaire que je ne supporte pas non plus. Fort heureusement, j’ai la chance d’être aimée d’un compagnon aux petits soins et compréhensif. Pour surmonter la baisse de moral et probablement un épisode dépressif, je me suis tournée vers l’hypnose et l’EMDR pour « eye movement desensitization and reprocessing » [la désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires dont la finalité est de retraiter des vécus traumatiques non digérés à l’origine de divers symptômes, parfois très invalidants, ndlr]. En parallèle, comme Marie-Josée a trop souffert du manque d’information pendant de nombreuses années, elle s’est formée en éducation thérapeutique du patient pour aider les autres. Elle s’implique de façon croissante dans la vie associative et collabore avec l’Association BPCO. « J’ai participé à la création d’une heure d’activité physique adaptée à Cenon à côté de Bordeaux subventionnée par Gironde Département et portée par l’US Cenon. J’ai aussi créé une liste des lieux bordelais où réaliser son activité physique adaptée (APA) qui est distribuée pour le moment par le Centre d'Education Thérapeutique de Bordeaux Aquitaine (CETBA) et en ligne sur le site de l’Association BPCO**. Les situations compliquées où les patients doivent se battre sont fréquentes. Pour apporter ma contribution, j’espère intégrer le cursus 2018-2019 de Patient-expert à l’Université des patients ».   Propos recueillis par Hélène Joubert.   *Un emphysème est une distension anormale du poumon qui ne revient pas à sa position de départ près l’inspiration, réduisant considérablement l’air expiré, limitant le moindre effort lorsqu’il est important. ** https://bpco-asso.com/bpco-2/maintien-des-acquis/]]> 2159 0 253 0 <![CDATA[dav]]> https://sante-respiratoire.com/marie-josee-dos-santos-54-ans-malade-bpco-avec-emphyseme-sous-oxygene-a-la-deambulation/dav/ Mon, 03 Sep 2018 20:27:57 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/09/MJDosSAntos_témoignage_Association_BPCO.jpg 2160 2159 169 0 <![CDATA[Les rendez-vous de l’automne]]> https://sante-respiratoire.com/les-rendez-vous-de-lautomne/ Wed, 05 Sep 2018 07:00:14 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2163 « BPCO ET CHALEUR : COMMENT SE PROTÉGER ? », « BPCO ET VOYAGE EN ALTITUDE » ou encore « CONSEILS POUR VOYAGER EN TRAIN », vous auront été utiles. Je profite de cet éditorial de début septembre 2018 pour vous annoncer les rendez-vous auxquels vous convie l’Association BPCO au long de cet automne. A commencer par les Journées Pratiques Respiration Sommeil (JPRS) qui auront lieu du 04 au 06 octobre au palais des congrès de Bordeaux. Ce rendez-vous annuel, mis en place en 2008 à l'initiative de la Fédération Française de Pneumologie dans l'objectif d'actualiser les connaissances des professionnels de santé est aussi l’occasion pour les malades, les proches et le grand public d’assister à des ateliers et d’échanger avec des médecins, des paramédicaux et les associations de patients dont l’Association BPCO sur les maladies respiratoires et les troubles du sommeil lors de la Journée Grand Public Sommeil Santé le samedi 6 octobre. L’inscription est gratuite (http://sommeilsante-jprs.fr/programme-et-inscription). Les thèmes de l’innovation et les patients guideront cette 10ème édition. A noter, pour la première fois dans un congrès médical professionnel, les patients ont pris part à l'organisation de la totalité du congrès. Il y aura des mesures du souffle, des vidéos, des rencontres, des ateliers, la présentation d’objets utiles au quotidien etc. Un mois après, le 12 novembre au matin, l’Association BPCO ouvrira son 11ème colloque annuel au Palais du Luxembourg. Lors de ces Rencontres intitulées « Vivre avec une BPCO dans la société d’aujourd’hui et de demain », les patients et leur place dans la société seront au cœur de la réflexion. Quel regard ? Manque de connaissance et de reconnaissance, Connaître ses droits, les innovations pour réinventer demain… sont quelques-uns des thèmes qui y seront abordés. Un journal reprenant les principaux messages des interventions sera disponible sur notre site. Enfin, le 3ème RespirH@cktion, le hackathon dédié aux maladies respiratoires, aura lieu du 30 Novembre au 2 Décembre à la Faculté de médecine de Lille. Durant 48h, médecins, patients, étudiants, geeks, développeurs, designers se réunissent autour d'une quinzaine de projets communs. Tout le monde est bienvenu !   Dr Frédéric Le Guillou, président de l’Association BPCO Septembre 2018]]> 2163 0 251 0 <![CDATA[stephen-ellis-501607-unsplash-2]]> https://sante-respiratoire.com/les-rendez-vous-de-lautomne/stephen-ellis-501607-unsplash-2/ Tue, 04 Sep 2018 16:57:51 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/09/stephen-ellis-501607-unsplash-2.jpg 2166 2163 168 0 <![CDATA[Poumons_BPCO_emphysème_étude]]> https://sante-respiratoire.com/le-recrutement-est-ouvert-pour-letude-elevate-dans-lemphyseme-tres-severe/human-lungs-anatomy-form-lines-and-triangles-point-connecting-network-on-blue-background-illustration-vector/ Tue, 04 Sep 2018 17:01:58 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/09/BPCO_emphysème_étude.jpg 2168 2154 167 0 <![CDATA[Presse_Santé-respiratoire-France]]> https://sante-respiratoire.com/revue-de-presse-septembre-2018/roman-kraft-260082-unsplash/ Wed, 26 Sep 2018 15:28:02 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/09/roman-kraft-260082-unsplash.jpg 2206 2188 162 0 <![CDATA[Couverture fumer Rapois-Wéry Marianne]]> https://sante-respiratoire.com/mon-but-etre-le-declic/couverture-fumer-rapois-wery-marianne/ Wed, 24 Oct 2018 09:54:50 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/Couverture-fumer-Rapois-Wéry-Marianne.jpg 2301 2300 144 0 <![CDATA[15 novembre 2018 : opération de sensibilisation aux impacts de la BPCO]]> https://sante-respiratoire.com/15-novembre-2018-operation-de-sensibilisation-aux-impacts-de-la-maladie/ Thu, 15 Nov 2018 10:31:40 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2377 Dans la perspective de la journée mondiale de la BPCO du 21 novembre 2018, les associations de pneumologie et de patients atteints de BPCO, dont l'Association BPCO, ont organisé, à l’Assemblée nationale, une opération de sensibilisation aux impacts de la maladie. Après une matinée dédiée à la mesure du souffle des parlementaires, ils ont appelé à une mise en œuvre rapide des actions annoncées dans le cadre du plan Ma Santé 2022. La matinée parlementaire a été également l’occasion de faire un point d’étape sur les avancées obtenues dans le cadre de leur mobilisation suite à la publication l'an dernier, en 2017, du Livre Blanc « Faire de la BPCO une urgence de santé publique . LIRE LE COMMUNIQUE DE PRESSE]]> 2377 0 236 0 <![CDATA[2019 sera une année aussi riche et constructive que 2018 !]]> https://sante-respiratoire.com/2019-sera-une-annee-aussi-riche-et-constructive-que-2018/ Thu, 03 Jan 2019 07:00:48 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2459 Que d’initiatives et de satisfactions pour l’Association BPCO en 2018. Patients, proches ou professionnels de santé, vous êtes désormais près de 3 500 à soutenir et à faire vivre l’association. 2018, c’est également le lancement de l’activité du RespiLab, un espace de co-création de savoirs et de solutions innovantes entre patients, soignants et industriels pour faire progresser la prise en charge de la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) et améliorer la qualité de vie de ceux qui en souffrent. Cette préoccupation était d’ailleurs au centre du 11ème colloque de l’Association BPCO au Palais du Luxembourg en novembre dernier, en présence de Céline Poulet, secrétaire générale du Comité Interministériel du Handicap. Ces rencontres dont le thème était « Vivre avec une BPCO dans la société d’aujourd’hui et de demain » a reçu un écho politique et médiatique important et inégalé. Car le vent tourne et la BPCO sort enfin de l’ombre. Elle interpelle désormais les décideurs comme les institutions. L’implication des patients dans l’organisation des soins et la reconnaissance de la maladie est grandissante avec en particulier la participation de patients-experts BPCO aux réflexions conduites en ce moment par la Haute Autorité en Santé. Autre événement marquant de 2018, la 3ème édition Respirhacktion - premier hackathon européen dédié aux pathologies respiratoires - a battu un record avec près de 900 participants. Au cours de ces trois jours, patients, chercheurs, médecins, geeks, juristes etc. ont concrétisé ensemble un projet au service de la prise en charge, côté patients comme côté soignants. L’Association BPCO, co-fondatrice de l’évènement, avait décidé cette année de décerner un prix, d’un montant de 5 000 euros. Il est revenu à « Agora BPCO », une plateforme internet qui répond à un besoin fort, celui de favoriser le lien social. Car nous maintenons notre cap : notre objectif est l’amélioration de la qualité de vie des patients, afin qu’ils deviennent plus autonomes et participent à la vie sociale comme tout un chacun. C’est pourquoi, pour cette nouvelle année 2019, j’adresse à toutes et à tous mes vœux de bonne santé, mais aussi d’inclusion et de vie harmonieuse dans notre société. A l’aide des amis, de la famille, d’autres patients ou de membres d’association… les fêtes de fin d’année sont l’opportunité de rompre un isolement qui s’installe, parfois sournois, chez les personnes BPCO.

Et en 2019 ?

En 2019, les projets de l’Association BPCO ne manqueront pas, dont certains sont ambitieux, comme la participation à une étude scientifique nationale sur la sexualité des personnes BPCO, sujet essentiel où le manque de données est pourtant patent. A ce titre, nous vous solliciterons, patients de l’association, de manière totalement anonyme, pour faire avancer la recherche et, de ce fait, la prise en charge. Quant aux prochaines Rencontres de l’association BPCO au Sénat, en novembre 2019, il se donnera lui aussi les moyens de ses ambitions, s’entourant d’experts reconnus qui traiteront d’un sujet dans l’air du temps : l’innovation dans la BPCO. Enfin, la formation des patients sera à l’honneur, avec les premières sessions FORMeDOC proposées à celles et ceux d’entre vous qui souhaitent enseigner aux autres le délicat maniement des dispositifs d’inhalation, un geste correctement réalisé par seulement la moitié des patients et aux conséquences néfastes pour la santé des personnes BPCO. Au travail ! Frédéric le Guillou Dr Frédéric Le Guillou, Président de l’association BPCO]]>
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<![CDATA[Tout savoir sur l’addiction au tabac]]> https://sante-respiratoire.com/tout-savoir-sur-laddiction-au-tabac/ Thu, 03 Jan 2019 07:00:24 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2462
Dr Ivan Berlin

L’addiction au tabac n’a pas de secret pour vous ? Dans ce dossier, en 19 points, vous connaîtrez les dessous de cette dépendance, révélés par le Dr Ivan Berlin, pharmacologue (Département de pharmacologie, CHU Pitié-Salpêtrière, CESP-INSERM U1018, Paris et Policlinique Médicale Universitaire, Lausanne).

1. La trajectoire d’un fumeur prend racine dans l’adolescence, avec les premières bouffées de cigarette. Certaines personnes en ressentent une aversion, d’autres y trouvent un bénéfice et vont alors en consommer régulièrement, entrant dans le circuit de la dépendance. Un schéma valable pour toutes les substances addictives, dont le tabac. Avec 75 000 décès chaque année, le tabagisme est la première cause de mortalité évitable en France.

2. La dépendance physique se développe très vite, en 4 et 6 semaines avec l’apparition de symptômes de sevrage. Elle s’accompagne, dans des proportions variables, d’une dépendance psychologique (gérer son anxiété, se concentrer, se faire plaisir) dont les bases sont neurobiologiques, et se manifeste par le comportement du fumeur influencé par la pression sociale et conviviale.

3. On traite la consommation de tabac et non pas la dépendance. Plus précoce est l’entrée dans le tabagisme, plus difficile sera le sevrage. Explication : la grande plasticité du cerveau de l’adolescent le rend hypersensible à toute imprégnation, que ce soit avec les émotions ou des substances addictives. Le « priming » définit l’imprégnation fonctionnelle et moléculaire survenant lors de la première absorption d’une drogue et qui persiste des décennies. Même bien plus âgé, et lorsque l’on a cessé de fumer, la sensation de plaisir procurée par le tabac demeure. La dépendance reste généralement présente du fait de l’élaboration dans la jeunesse des circuits cérébraux conditionnés par l’inhalation de nicotine. C’est l’une des explications aux nombreuses rechutes lors des tentatives d’abstinence.

4. La nicotine est la substance majoritairement responsable de la dépendance.

5. Le circuit de l’addiction tabagique. La nicotine inhalée se lie fortement à des récepteurs cholinergiques universels dénommés « récepteurs nicotiniques de l’acétylcholine » (alpha4-bêta2, alpha7…..) présents dans le système nerveux central au niveau du noyau accumbens du système limbique (« cerveau des émotions »). Il y a aussi des récepteurs périphériques, par exemple dans les ganglions paravertébraux. L'agoniste « naturel » ou physiologique, endogène de ces récepteurs est le neurotransmetteur acétylcholine. Mais il se trouve que la nicotine est également un agoniste important de ces récepteurs cholinergiques et se lie avec une forte affinité à eux ; cette liaison au niveau du système nerveux central est la responsable de la dépendance au tabac.

Ces récepteurs cholinergiques sont notamment impliqués dans le contrôle des mouvements volontaires, la mémoire et l'attention, le sommeil et la veille, la douleur et l'anxiété.

La fixation de l’acétylcholine ou de nicotine sur les récepteurs nicotiniques de l’acétylcholine provoque, lorsqu’ils sont présents sur les neurones dopaminergiques, la libération de dopamine avec l’apparition d’une sensation hédonique : celle-ci est physiologique avec l’acétylcholine, elle est artificielle avec les drogues. D’où un manque de plaisir et de bénéfice à l’arrêt de l’inhalation de la nicotine, générant le phénomène de manque.

6. Contrairement au cannabis ou à l’alcool, la nicotine est un psychostimulant.

En stimulant les récepteurs à l’acétylcholine, la nicotine (comme les amphétaminiques) augmente, en quelques secondes, la libération de plusieurs neurotransmetteurs (molécules chimiques qui assurent la transmission des messages d'un neurone à l'autre) dont la dopamine (citée plus haut) qui stimule le circuit de la récompense, le plaisir, mais également la sérotonine qui augmente l’humeur et supprime l’appétit, et la noradrénaline qui accroît l’éveil, l’attention et la performance psychomotrice (stimulation intellectuelle).

7. La dépendance dans toutes les addictions est sous le coup du renforcement positif et négatif. Le renforcement positif est de se sentir bien ou mieux grâce à la substance. Le renforcement négatif est que l’on ne se sent pas bien lorsque la substance n’est plus disponible, avec la sensation de manque. Le poids relatif de ces deux types de renforcement varie selon les individus. D’où une dépendance variable chez les individus et un sevrage plus ou moins difficile.

8. Il n’y a pas de consommation de tabac « zéro risque ». Il n’existe pas de seuil au-dessous duquel fumer ne représente aucun risque. Quel que soit le risque étudié (faible poids de naissance, risque de coronaropathies etc.), la courbe dose/risque est linéaire au début, augmentant très fortement puis atteignant rapidement un niveau où la croissance du risque par augmentation de la consommation est plus faible. On peut situer ce fléchissement de la courbe aux alentours de 5 cigarettes/jour. Si une femme enceinte fume une cigarette pendant la grossesse de temps en temps, le poids de naissance de son enfant est déjà amputé de 260 grammes. Même avec une consommation inférieure à 5 cigarettes par jour, la toxicité est mesurable. Il y a plus de différences en termes de poids du bébé entre zéro et 4 cigarettes quotidiennes qu’entre 5 et 9, voire 9 et 15. Quant au risque coronarien ou pulmonaire, son augmentation est sensiblement identique que la personne fume 5 cigarettes/jour ou 10. Une publication récente a estimé qu’une cigarette par jour fait encourir 50% du risque conféré par 20 cigarettes au niveau du risque cardiovasculaire (1).

9. Le tabagisme est un facteur de risque de diabète de type 2 : le risque d’un fumeur de développer un diabète de type 2 est augmenté de 30 à 40%, avec une relation dose-dépendante en fonction du nombre de cigarettes quotidiennes. Et la liste des risques encourus par le diabétique fumeur est particulièrement longue avec, et tout d’abord, une surmortalité considérable : + 58% de mortalité toutes causes, + 48% de risque de maladie coronaire et + 44% de risque d’accident vasculaire cérébral.

10. La question clé pour évaluer la dépendance : « Au bout de combien de minutes après votre réveil fumez-vous votre première cigarette ? »

En pratique clinique (ce qui n’est pas le cas en situation de recherche clinique), le Fagerström Test for Cigarette Dependence (FTCD) est désormais dépassé. Conçu dans les années 70, il ne correspond plus aux habitudes tabagiques des années 2010, avec des fourchettes de consommation nettement moins élevées aujourd’hui en moyenne. La première question du FTCD : « Au bout de combien de minutes après votre réveil fumez-vous votre première cigarette ? » suffit et est bien plus pertinente pour évaluer la dépendance et la difficulté du sevrage. Indépendante de la consommation quotidienne, il a été démontré qu’elle prédit le risque de cancer du poumon et l’espérance de vie.

Les catégories sont les suivantes : « Dans les 5 premières minutes » : score=3 ; « Entre 6 et 30 minutes : score=2 ; « Entre 31 et 60 minutes » : score =1 ; « Après 60 minutes » : score= 0. Avec celle sur le nombre cigarettes quotidiennes, ces deux questions constituent le Heaviness of Smoking Index (HSI), utile en pratique médicale de ville.

11. Le nombre de cigarettes journalières permet d’estimer la dose quotidienne des substituts nicotiniques à prescrire. 1 cigarette équivaut à 1 mg de nicotine environ, en sachant que la biodisponibilité des substituts nicotiniques est moindre que celle de la cigarette (20% en moins). Exemple : 15 cigarettes/j équivaut à environ 20 mg de substituts nicotiniques /j et non 15 mg/j. Une dose à ré-évaluer durant le suivi, et à ajuster selon les habitudes tabagiques au cours de la journée, à l’aide des substituts nicotiniques à absorption buccale.

12.  Les agonistes nicotiniques sont les substituts nicotiniques et la varénicline. Les patchs (timbres) nicotiniques, dispositifs transdermiques diffusent la nicotine de manière lente et régulière. Les formes à absorption buccale (gommes à mâcher, inhaleurs, comprimés à la nicotine à sucer ou à faire fondre sous la langue) délivrent la nicotine plus rapidement et nécessitent plusieurs prises par jour. Depuis le printemps 2018, l'Assurance-maladie rembourse progressivement les différents substituts nicotiniques et la varénicline à hauteur de 65%. Avant, les substituts nicotiniques étaient remboursés à hauteur de 150 euros par an. Résultat : le nombre d’ordonnances délivrées par les médecins a bondi ! En septembre, il a déjà augmenté de 66% par rapport à l’an passé. A compter du 1er janvier 2019, 100% des substituts seront concernés par le remboursement.

13. La varénicline est un agoniste partiel des récepteurs nicotiniques cérébraux. Après une phase d’introduction d’une semaine, la dose standard est de 2 mg/jour. Les comprimés dosés à 0,5 mg permettent une souplesse d’adaptation de doses. La varénicline est en général prescrite en cas d’échec des substituts nicotiniques et le refus des contraintes des substituts nicotiniques.

La coprescription varénicline et nicotine (prescription hors Autorisation de Mise sur le Marché), est théoriquement sans intérêt, car ciblant les mêmes récepteurs nicotiniques.

Le choix de l’agoniste nicotinique dépend en grande partie de la préférence du fumeur.

14. La varénicline est environ deux fois plus efficace comparée au bupropion et aux substituts nicotiniques pris individuellement (risque relatif aux alentours de 2,7 pour la varénicline et de 1,5 pour les substituts nicotiniques comparé au placebo). L’efficacité de la varénicline et des substituts nicotiniques est similaire lorsque ces derniers sont associés entre eux.

15. Le bupropion LP (inhibiteur sélectif de la recapture neuronale des catécholamines noradrénaline et dopamine), un dérivé d’amphétamine, est rarement prescrit en France. Commercialisé à la dose fixe de 150 mg/jour pour une dose maximale de 300 mg/jour, il expose à un risque d’insomnies (25 à 35 % des cas), d’états hypomaniaques, d’irritabilité, de dépression, de maux de tête etc.

Les traitements actuels pharmacologiques réduisent la prise de poids à l’arrêt tabagique ; sur ce point l’effet du bupropion est le plus important.

16. La prise de poids est en moyenne de 4-5 kg pendant l’année suivant le sevrage. Elle ne compromet absolument pas l’énorme bénéfice de l’arrêt du tabac.

17. Au sevrage, environ 16 % des ex-fumeurs perdent du poids ; cela peut être sans signification clinique mais il faut malgré tout penser à rechercher une maladie associée pouvant expliquer cette perte de poids.

18.  Contrairement à ce que l’on peut entendre dans la presse, il n’existe pas en 2018 d’études méthodologiquement acceptables concluant que la cigarette électronique serait une aide au sevrage tabagique. Le Département de pharmacologie du CHU Pitié-Salpêtrière et l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris viennent de débuter une étude sur cette question qui inclura près de 700 fumeurs. La cigarette électronique est probablement un bon substitut nicotinique : sa pharmacocinétique s’apparente plus à la cigarette qu’aux substituts nicotiniques, avec une concentration maximale nicotinique dans le cerveau probablement très vite atteinte. En revanche, les preuves s’accumulent concernant le fait qu’elle est une porte d’entrée dans le tabagisme pour les jeunes non-fumeurs.

19. Un danger grandissant. Elle épargne pour l’instant l’Europe mais l’épidémie de vaporette avec la Juul® touche 30% des adolescents aux USA (2) selon une publication de septembre 2018. Sous une forme qui s’apparente à une clé USB, les personnes inhalent des sels nicotiniques aromatisés en quantité bien plus importante que dans la cigarette électronique (50-59 mg/ml de nicotine contre ≤20 mg/ml dans la cigarette électronique) ou la cigarette, provoquant un « flash » d’effet d’où une addiction très rapide.

Hélène Joubert, journaliste. Merci au Dr Yvan Berlin.

Références

(1) Low cigarette consumption and risk of coronary heart disease and stroke: meta-analysis of 141 cohort studies in 55 study reports. BMJ 2018;360:j5855

(2) Adolescents’ Use of “Pod Mod”E-Cigarettes — Urgent Concerns New England J Med 2018; 379:1099-1102

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<![CDATA[Addiction-tabac]]> https://sante-respiratoire.com/tout-savoir-sur-laddiction-au-tabac/ali-yahya-579119-unsplash/ Tue, 01 Jan 2019 21:08:00 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/01/ali-yahya-579119-unsplash.jpg 2466 2462 124 0 <![CDATA[Edito Frédéric le Guillou, Président de Santé respiratoire France]]> https://sante-respiratoire.com/2019-sera-une-annee-aussi-riche-et-constructive-que-2018/hand-man-try-to-open-or-flip-to-find-the-trend-new-year-2019-happy-new-year-concept/ Wed, 02 Jan 2019 11:11:35 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/01/Fotolia_226120131_M.jpg 2476 2459 123 0 <![CDATA[ETP_Tabac_Article_AssociationBPCO]]> https://sante-respiratoire.com/etp-dans-le-sevrage-tabagique-quen-attendent-les-fumeurs/woman-stopping-cigarette-from-falling-on-desk/ Wed, 26 Sep 2018 15:24:34 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/09/Fotolia_223713274_M.jpg 2204 2190 163 0 <![CDATA[11ème Rencontre : "Vivre avec une BPCO dans la société d'aujourd'hui et de demain"]]> https://sante-respiratoire.com/11eme-rencontre-vivre-avec-une-bpco-dans-la-societe-daujourdhui-et-de-demain/ Tue, 16 Oct 2018 08:53:28 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2244 Lundi 12 novembre 2018 de 9h30 à 13h00

au Palais du Luxembourg 26, rue Vaugirard 75006 Paris

Cette 11ème édition, animée par Bruno Rougier, journaliste santé, sera dédiée à la thématique du patient BPCO dans la société d’aujourd’hui et de demain. Cette année, le programme a été élaboré à partir des réflexions et des recommandations d'un groupe de patients atteints de BPCO. Sous le regard attentif de notre Grand Témoin, Vincent Daffourd, fondateur de Care labs, la parole sera partagée entre patients BPCO et experts - sociologue du handicap et de l’accessibilité, avocat spécialisé dans le droit du handicap, psychologue intervenant auprès de patients BPCO - pour traiter des questions du quotidien comme le regard porté par la société sur les malades, l’accès à l’information sur les droits des patients ou l’impact de la maladie sur la vie sociale et familiale. Cette matinée se clôturera par une Table-Ronde qui confrontera le regard de patients, de professionnels de santé ou d’acteurs de l’innovation sociale et du monde de l’assurance.

VOIR LE PROGRAMME

En quoi le Comité Interministériel du Handicap se sent-il concerné par la BPCO ?

https://youtu.be/i1XrU4LvJc4

Quelles sont les difficultés rencontrées par les proches d'un patient atteint de BPCO ?

https://youtu.be/dfcv3LR3IIc https://youtu.be/AY0NwfOu7BE

Tabac, cannabis : informer et sensibiliser grâce aux réseaux sociaux

https://youtu.be/GIza6ba442M]]>
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<![CDATA[AssociationBPCO_Colloque2018_Programme_16-10-2018]]> https://sante-respiratoire.com/11eme-rencontre-vivre-avec-une-bpco-dans-la-societe-daujourdhui-et-de-demain/associationbpco_colloque2018_programme_16-10-2018/ Tue, 16 Oct 2018 08:52:03 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/AssociationBPCO_Colloque2018_Programme_16-10-2018.pdf 2245 2244 157 0 <![CDATA[VOIR LE PROGRAMME]]> https://sante-respiratoire.com/11eme-rencontre-vivre-avec-une-bpco-dans-la-societe-daujourdhui-et-de-demain/associationbpco_colloque2018_programme_vf/ Tue, 16 Oct 2018 09:07:47 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/AssociationBPCO_Colloque2018_Programme_VF.pdf 2248 2244 156 0 <![CDATA[Rencontre_Association_BPCO]]> https://sante-respiratoire.com/11eme-rencontre-vivre-avec-une-bpco-dans-la-societe-daujourdhui-et-de-demain/rencontre_association_bpco/ Tue, 16 Oct 2018 09:09:53 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/Rencontre_Association_BPCO.png 2249 2244 155 0 <![CDATA[AssociationBPCO_Rencontre_Sénat_2018]]> https://sante-respiratoire.com/11eme-rencontre-vivre-avec-une-bpco-dans-la-societe-daujourdhui-et-de-demain/associationbpco_rencontre_senat_2018/ Tue, 16 Oct 2018 11:49:23 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/AssociationBPCO_Rencontre_Sénat_2018.png 2253 2244 154 0 <![CDATA[DOSSIER « BPCO ET SEXUALITE »]]> https://sante-respiratoire.com/dossier-bpco-et-sexualite/ Wed, 24 Oct 2018 08:00:52 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2257 Lorsque la maladie chronique transforme la sexualité La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), comme toute maladie chronique impose des restrictions importantes au périmètre de vie. Fatigue, douleurs... sont toujours présentes dans les maladies chroniques et impactent gravement le sentiment de santé perçu. A cet état se superposent les modifications propres à la maladie en cause, et qui peuvent elles aussi produire des conséquences directes sur la sexualité, comme le diabète, les maladies cardio-vasculaires ou l’insuffisance respiratoire. Dans une étude menée par l’Association BPCO en 2016, 54% des répondants ont déclaré que leur vie sexuelle s’était dégradée depuis l’annonce de leur maladie*, et ce d’autant plus que le stade de celle-ci était avancé. Dans une autre étude souvent mentionnée, 44 % des patients atteints de BPCO sévère se disent gênés par la dyspnée dans leur vie sexuelle, facteur limitant principal chez 56% d’entre eux (1). Les conséquences de la maladie chronique sur la vie sexuelle semblent plus prépondérantes chez les hommes. « La sexualité des hommes semble davantage impactée par la BPCO, et la dysfonction érectile est fréquente, souligne le Dr Marie-Hélène Colson, médecin sexologue, directeur d’enseignement (DIU de Sexologie-Faculté de médecine de Marseille) et vice-président de l’AIUS (Association Inter Disciplinaire Post-Universitaire de Sexologie). La prévalence de la dysfonction érectile chez les hommes avec BPCO est très élevée, jusqu’à plus de 75% dans certaines études, dont 20% de dysfonctions sévères, sans pour autant que le désir sexuel ne soit affecté (2) (3). De plus, on constate deux fois et demi moins de rapports sexuels chez les patients BPCO comparé à la population générale (4). Un constat aggravé par la ventilation non invasive chez 35,8 % d’entre eux, qui peut engendrer la crainte d’une défaillance ou d’une désaturation lors du rapport sexuel (5). « Dans la BPCO précisément, toux, essoufflement, troubles du sommeil, ralentissement dans les activités physiques sont autant de facteurs qui vont peu à peu mettre de la distance dans les relations avec les autres, générer des troubles de l’humeur et de l’estime de soi, et contribuer à l’augmentation des difficultés sexuelles », analyse Marie-Hélène Colson.

Tabac, hypoxie chronique et dyspnée…

La dysfonction sexuelle dans le cas de la BPCO est à mettre sur le compte de facteurs multiples, au premier rang desquels la toxicité du tabac, l’hypoxie chronique (manque d'apport en oxygène au niveau des tissus de l'organisme) et la dyspnée (6), ainsi que les troubles du sommeil accompagnés éventuellement d’un syndrome des apnées obstructives du sommeil (un SAOS affecte la sexualité de l’homme comme de la femme et son traitement par pression positive continue peut améliorer la dysfonction érectile). « A cela s’ajoutent des facteurs de risque comme une inflammation systémique et un ensemble de maladies associées (comorbidités) pouvant détériorer la fonction érectile des patients : pathologies cardiovasculaires et certains de leurs traitements, diabète, dépression, obésité, atteinte musculaire et inactivité, énumère le Dr Roger Escamilla pneumologue (Pôle respiratoire, hôpital Larrey, CHU de Toulouse). The Krimpen study a montré que tous les patients obèses avec une BPCO, un diabète sucré, un prostatisme (ensemble des troubles urinaires liés à l’hypertrophie de la prostate) et sexuellement inactifs auront une dysfonction érectile (7) ». Parmi les personnes BPCO ayant des troubles de la sexualité, certaines ont probablement davantage de facteurs de risque que les autres, comme un âge avancé, le fait d’être célibataire, de souffrir d’un hypogonadisme avec notamment une moindre sécrétion de testostérone et d’être à un stade de BPCO élevé. Effectivement, dans l’étude ayant retrouvé plus de 75% de dysfonction érectile chez les hommes affectés par une BPCO, l’importance du trouble était corrélée à la sévérité de la BPCO. Plus de la moitié des patients souffrait d’une ou de deux maladies associées (2).

L’impact émotionnel de la dysfonction sexuelle majorée

Les patients malades chroniques et BPCO en particulier, accusent souvent un retentissement de la maladie sur la vie intime. Chez eux, « une plus grande détérioration de l’ensemble des paramètres psychologiques est constatée, fait remarquer le Dr Colson, avec un sentiment de détresse accru chez les hommes, une moindre confiance en soi, mais également davantage de répercussions anxieuses. Or, il existe une relation forte et validée entre troubles anxieux, image de soi, fatigue et sexualité. L’installation de difficultés sexuelles augmente le sentiment de détresse, l’incidence des troubles de l’humeur dans le cadre de la maladie chronique ».

Le couple mis à l’épreuve

Les convergences sont difficiles entre les fausses croyances liées à la maladie et les aspirations habituelles du couple. « Plusieurs études scientifiques l’ont bien mis en évidence : le couple dans la maladie chronique est un couple à risque, avertit Marie-Hélène Colson, avec une moins bonne satisfaction conjugale, davantage d’hostilité, de reproches, de conflits et moins d’aptitude à résoudre les difficultés ».

Une sexualité qui n’est pas à bout de souffle

Tout d’abord, il ne faut pas hésiter à en parler à son médecin. Alors que les troubles sexuels concernent environ une personne BPCO sur deux, ceux-ci sont rarement abordés en pratique médicale courante ainsi que dans les études scientifiques. « Seuls 40,5% des patients BPCO déclarent en avoir parlé à leur médecin », précise Roger Escamilla (8). « Cela offre pourtant aux patients un espace de parole, argumente le Dr Colson, souvent suffisant pour une grande partie d’entre eux ». Car la maladie chronique transforme la sexualité. Moins physique, avec l’obstacle majeur que représente un essoufflement important, celle-ci peut néanmoins rester amoureuse et sensuelle. « Il est possible de continuer à s’aimer, poursuit la sexologue, à partager de l’affectivité, une intimité charnelle, et d’avoir une jouissance, même sans érection, parfois même sans éjaculation ». La tendresse, la connaissance et reconnaissance par le partenaire de la maladie de l’autre sont deux éléments essentiels pour conserver une sexualité et une vie de couple. « Le plaisir est toujours possible, ajoute-t-elle. L’enjeu est de savoir s’adapter à la maladie pour une sexualité fondée sur le partage de plaisir et non pas la performance physique. Cela passe par la recherche de positions confortables à l’instar de celles dites des petites cuillères ou d’Andromaque lorsque la pénétration est possible, ne comprimant pas le thorax et en conservant si besoin son oxygénothérapie pendant tout ou partie de l’acte sexuel. Il est aussi possible pour les hommes de s’aider en première intention des traitements oraux de l’érection ». Chez la femme, les lubrifiants peuvent être utiles. Enfin, « Je suis trop malade » n’est pas toujours une raison. Dans une étude, 34% des patients sous ventilation non invasive restaient sexuellement actifs (9). [caption id="attachment_2329" align="alignleft" width="225"]Dossier BPCO et sexualité Dr Marie-Hélène Colson[/caption] « Le champ de la sexualité est très large, et il faut éviter de se contenter du menu unique. Notre rôle de sexologue est d’aider les patients malades chroniques et BPCO à diversifier leurs pratiques sexuelles. Toutes les alternatives sont possibles, et la pénétration n’est que l’une des formes de sexualité ». Dr Marie-Hélène Colson, médecin sexologue, directeur d’enseignement (DIU de Sexologie-Faculté de médecine de Marseille). Dossier réalisé par Hélène Joubert, journaliste.

Les autres articles du dossier

BPCO le jour, BPCO la nuit... (Edito du Président, Frédéric Le Guillou) "Le recours à un psychologue ou à un sociologue peut servir de médiation au sein du couple" (Aurore Lamouroux, psychologue) « La BPCO altère juste la cadence du rapport sexuel, la temporalité et la confiance en soit par rapport au souffle" (Caroline Morel, psychologue) 

Témoignages

"Je ne suis plus un homme" (Témoignage, Monsieur M, 60 ans, atteint de BPCO (62% de VEMS)) "Trop jeune pour renoncer à la sexualité" (Témoignage, Madame B. 50 ans, atteinte de BPCO à un stade sévère avec emphysème) "Se maintenir en forme pour minimiser les conséquences sur la vie sexuelle" (Témoignage, Madame B., 60 ans, BPCO de stade 2)
BPCO : Mieux connaître la sexualité, nous aurons bientôt besoin de vous !

La sexualité compte pour beaucoup dans la qualité de vie. Or, les données sur la sexualité et la vie intime des personnes souffrant de BPCO, en couple ou non, sont parcellaires, encore aujourd'hui, en 2018. Pour mieux la prendre en charge, il nous faut l'explorer, l'étudier. Vous pourrez nous y aider, de façon totalement anonyme bien entendu. Nous vous solliciterons prochainement pour participer à une étude nationale sur le sujet, à l'aide de questionnaires validés scientifiquement qui vous seront envoyés en ligne. 

Références :
* Etude BPCO & Autonomie : impact de la BPCO sur la qualité de vie au quotidien, Association BPCO, NXA, 2016. (1) M.F. Hansen and coll. Sexual Dysfunction, Depression And Well-Being Among Patients With COPD Or Heart Failure. Abstract 32631 . Conférence de l’American Thoracic Society 21/05/12 ; (2) Koseoglu N. et al. The journal of Urology, juillet 2005, vol 174 : 249-252. (3) Schouten B. W. V. et al. International journal of andrology ; 2007, 32; 166-175; (4) Escamilla R. et al. Rev Mal resp Actua 2012., 4: 250-254; (5) Schönhofer B et al. Am J Respir Crit Care Med ; 2001, Vol 164, 1612-1617 ; (6) BPCO, nuit et sexualité. Revue des Maladies Respiratoires Actualités. Vol 5, N° 1HS - décembre 2013, pp. 23-28 ; (7) Schouten BW Int J Androl. 2009 Apr;32(2):166-75 ; (8) Meystre-Agustoni G et al. Swiss Med Wkly 2011 ; (9) Shönhofer AJRCCM 2001]]>
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<![CDATA[« Se maintenir en forme pour minimiser les conséquences sur la vie sexuelle »]]> https://sante-respiratoire.com/madame-b-60-ans-bpco-de-stade-2/ Wed, 24 Oct 2018 08:00:37 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2259 Madame B., 60 ans, BPCO de stade 2 Madame B. (témoignage anonymisé) a été diagnostiquée BPCO à l’âge de 52 ans, avec une capacité respiratoire à 75% (volume expiratoire maximal par seconde/VEMS), conjointement à la présence d’un emphysème à un stade assez avancé. Depuis, la dégradation de la capacité respiratoire est régulière, avec aujourd’hui un VEMS descendu à 62%. L’essoufflement obère ses activités quotidiennes. Travailler est de plus en plus difficile : toujours dans la vie active en tant qu’agent de nettoyage à plein temps, son employeur lui a récemment reproché de réaliser les tâches « trop lentement ». Alors qu’elle pratiquait la course à pied depuis cinq ans par plaisir, elle a dû y renoncer. Pour autant, si la maladie n’a pas eu de répercussion sur sa vie intime jusqu’à aujourd’hui, c’est selon elle principalement parce qu’elle continue à se maintenir en forme grâce à une activité physique assidue, comme le vélo elliptique et la marche active avec son conjoint. « Je me bats au quotidien pour conserver une condition physique optimale. J’ai aussi connu mon mari alors que j’étais déjà malade ; je pense que cela a contribué à la grande compréhension et à l’empathie dont il fait preuve. Cela nous a sûrement permis d’intégrer d’emblée la maladie dans notre sexualité. Sans réaliser des prouesses, la BPCO ne nous gêne pas dans nos rapports sexuels ». HJ

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<![CDATA[« La BPCO altère juste la cadence du rapport sexuel, la temporalité et la confiance en soit par rapport au souffle »]]> https://sante-respiratoire.com/la-bpco-altere-juste-la-cadence-du-rapport-sexuel-la-temporalite-et-la-confiance-en-soit-par-rapport-au-souffle/ Wed, 24 Oct 2018 08:00:58 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2261 Caroline Morel, psychologue à Andrésy (78) et à Chartres, ayant exercé pendant 17 ans dans un centre de réhabilitation respiratoire.  « Même si la moyenne d’âge de l’entrée dans la maladie BPCO est à la baisse, vers 45-50 ans, on se trouve le plus souvent aujourd’hui dans une sexualité de 3ème âge, chez des personnes ayant plus de 60-70 ans. Ce sont des couples avec une longue histoire et dont la libido est adaptée à leur âge et non plus "sportive". La sexualité dépend alors d’une autre temporalité, favorisant les préliminaires, le toucher. Toute une partie de l’activité sexuelle se fait dans le calme.

L’idée est de prendre plus son temps, de se calquer sur les exercices de kinésithérapie respiratoire. Il faut penser les rapports sexuels comme une activité physique classique. Le souffle, handicap perçu comme un facteur limitant de l'acte sexuel peut être maîtrisé. L’apprentissage de postures les moins essoufflantes rejoint finalement les enseignements dispensés pour mieux respirer et limiter l’essoufflement. Il est possible d’utiliser un bronchodilatateur à courte durée d’action 20-30 minutes avant les relations sexuelles, voire pendant, ou encore pratiquer la technique de la toux contrôlée pour dégager les bronches. Une consultation de couple peut être souhaitable, avec le médecin, le pneumologue ou le psychologue. Les partenaires pourront faire part de leurs craintes (risque de s’étouffer, principalement) et le soignant pourra les rassurer sur leur compétence à gérer le souffle. Globalement, la sexualité reste la plupart du temps dans le non-dit. Elle est rarement abordée, sauf en cas de problème majeur : plainte du conjoint, ou blessure narcissique d’avoir l’impression pour certains hommes d’être diminué dans leur image masculine. Le malade et/ou son partenaire veut juste être réassuré, sur le fait que le corps peut tenir la cadence. Mais on peut aussi se poser la question : la BPCO est-elle vraiment la seule origine de la dégradation de la sexualité ? ».

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<![CDATA[« Je ne suis plus un homme »]]> https://sante-respiratoire.com/je-ne-suis-plus-un-homme/ Wed, 24 Oct 2018 08:00:27 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2263 Monsieur M, 60 ans, atteint de BPCO (62% de VEMS) « Ma première réaction, pendant les mois qui ont suivi le diagnostic fut que la maladie BPCO, découverte à l’âge de 48 ans avec un Volume expiratoire maximal par seconde (VEMS) de 40%, allait bouleverser ma vie et en particulier mettre un coup d’arrêt à ma vie intime. Pendant des mois, je n’ai pu m’empêcher de penser « Je ne suis plus un homme ». Un acte sexuel sans pouvoir respirer… cela décourage. Alors on repousse toute occasion. Une fois, plusieurs fois… mais pas indéfiniment. Ma détermination à surmonter le handicap dans la vie quotidienne y compris dans le domaine de la sexualité a pris le dessus. J’allais garder à tous prix une vie sexuelle satisfaisante, essentielle à ma vie personnelle et de couple. Cela passerait obligatoirement par un meilleur moral et une condition physique optimale. Ma chance a été de pouvoir pratiquer le vélo à l’occasion d’un stage de réhabilitation respiratoire. Puis, j’ai pris le relais avec une balade à pied chaque jour. Je me fixe des défis chaque fois plus importants. Et ma vie sexuelle s’en ressent. Non seulement je n’ai pas fait une croix dessus mais elle me satisfait, et ma femme aussi. Bien sûr, certaines positions sont plus commodes que d’autres, sur le côté, sur le dos etc. Comme je reste très actif, ma compagne a du mal à apprécier la gravité de ma maladie. Pour qu’elle comprenne mes limites dans la vie intime comme au quotidien, il nous faut beaucoup parler. Son attitude compréhensive est la clé. » HJ

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<![CDATA[« Le recours à un psychologue ou à un sexologue peut servir de médiation au sein du couple »]]> https://sante-respiratoire.com/le-recours-a-un-psychologue-ou-a-un-sexologue-peut-servir-de-mediation-au-sein-du-couple/ Wed, 24 Oct 2018 08:00:59 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2266 Aurore Lamouroux, psychologue, docteure en psychologie, Ecole de l’Asthme de Marseille, Association Asthme & Allergies (Marseille). « Aborder le thème de la sexualité est encore tabou, y compris auprès du psychologue, du fait du jugement auquel le patient s’expose dans notre société sexualisée, renvoyant une image de soi qui peut être perçue comme altérée. Ce peut être abordé lors des séances d’éducation thérapeutique (ETP), en posant une question ouverte comme celle-ci « Beaucoup de patients sont gênés dans leurs efforts, notamment pendant les relations intimes, qu’en pensez-vous ? » pour que les personnes n’aient pas l’impression de parler d’elles, tout en leur donnant l’occasion de s’en ouvrir plus intimement. Par son écoute, l’absence de jugement, le soignant peut amener les personnes BPCO à mettre des mots sur leur ressenti par rapport à la sexualité, initier une réflexion sur le désir et le plaisir, éventuellement déconnectée de la norme sociale de performance qui peut emprisonner dans un sentiment de défaillance ».

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<![CDATA[Aurore Lamouroux]]> https://sante-respiratoire.com/le-recours-a-un-psychologue-ou-a-un-sexologue-peut-servir-de-mediation-au-sein-du-couple/admin-ajax/ Thu, 18 Oct 2018 20:12:23 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/admin-ajax.jpg 2267 2266 153 0 <![CDATA[BPCO le jour, BPCO la nuit…]]> https://sante-respiratoire.com/bpco-le-jour-bpco-la-nuit/ Wed, 24 Oct 2018 08:00:05 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2269   Frédéric Le Guillou,  Pneumologue, président de l’Association BPCO  

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BPCO : Mieux connaître la sexualité, nous aurons bientôt besoin de vous !

La sexualité compte pour beaucoup dans la qualité de vie. Or, les données sur la sexualité et la vie intime des personnes souffrant de BPCO, en couple ou non, sont parcellaires, encore aujourd'hui, en 2018. Pour mieux la prendre en charge, il nous faut l'explorer, l'étudier. Vous pourrez nous y aider, de façon totalement anonyme bien entendu. Nous vous solliciterons prochainement pour participer à une étude nationale sur le sujet, à l'aide de questionnaires validés scientifiquement qui vous seront envoyés en ligne.

  *Sexologies. Volume 26, n° 3 pages 136-145 (juillet 2017)]]>
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<![CDATA[« Trop jeune pour renoncer à la sexualité »]]> https://sante-respiratoire.com/trop-jeune-pour-renoncer-a-la-sexualite/ Wed, 24 Oct 2018 08:00:24 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2271 Madame B. 50 ans*, atteinte de BPCO à un stade sévère avec emphysème (Haute-Garonne) « Cela fait cinq ans que je souffre de BPCO, diagnostiquée à l’âge de 45 ans au stade 2 de la maladie. Celle-ci a progressé rapidement et une mise en invalidité totale fut inévitable, quatre ans après, dès juillet 2017. Je souffre aussi de maladies associées (comorbidités) dont une hypertension artérielle et une insuffisance cardiaque, accompagnées de douleurs neuropathiques (lésions nerveuses) dans les membres inférieurs. Il m’aura fallu plus d’une année entière pour accepter la BPCO. Sentiment de culpabilité, dépression… on tâtonne avec soi-même et vis-à-vis de son conjoint. Ma libido est alors tombée à zéro, reléguée au second plan, loin derrière des questions cruciales sur le temps qu’il me restait à vivre ou comment continuer à être présente auprès de mes enfants. En partie à cause des médicaments, mon corps s’est modifié et j’ai pris du poids. L’allure de ma poitrine a changé avec l’augmentation de volume et la modification de la forme de la cage thoracique au fur et à mesure que progressait l’emphysème. Se regarder, se croire encore désirable est alors difficile. Souvent, je le reconnais volontiers, un apéritif me permettait de passer outre mes réticences, juste avant un rapport sexuel, pour limiter la frustration chez mon époux. J’ai de la chance, mon conjoint relativise beaucoup. Il a respecté mon retrait vis-à-vis de notre sexualité. Il ne me sollicitait pas. Mais est arrivé le moment où il a bien fallu aborder le sujet. Je connaissais l’importance de la sexualité pour lui et au sein de notre couple. J’ai dû retrouver l’intérêt de m’habiller avec goût. Après 27 ans de mariage, mon mari m’a rassurée : ma propre personne et notre amour comptent plus que le reste ; la sexualité n’est pas la raison d’être de notre couple. Nous avons tant construit et vécu, au sein d’une famille solide avant que la maladie n’apparaisse. Mon mari est à l’écoute. Dès la première exacerbation et hospitalisation, il a été curieux de comprendre les dégâts infligés par la maladie et ses multiples répercussions. Il ne pense pas uniquement à son bien-être. Nous avons cependant affronté des périodes difficiles, de confrontation, liées à cette maladie si invisible qu’elle en devient agaçante pour ceux qui ne la comprennent pas. Je lui ai même demandé de reprendre sa liberté. Il ne m’avait pas épousée pour vivre cela, si jeune. Sur le plan sexuel, il m’a assuré que nous ferions tout pour que nos rapports soient agréables et ne me fatiguent pas. En effet, du fait des douleurs musculaires, certaines positions sont intenables. Quant aux positions, elles sont limitées, en évitant la compression de la cage thoracique. Je me place préférentiellement au-dessus de lui, sans trop solliciter les genoux. Avec au préalable, la prise d’un bronchodilatateur pour dégager mes bronches en cas d’essoufflement et pour éviter les quintes de toux. Faire l’amour avec un corps fatigué et ankylosé est compliqué. Pour peu que le conjoint soit égoïste et ne cherche pas à comprendre, le couple ne tient pas. Nombreux sont ceux qui se séparent. Mais il ne faut pas non plus tout mettre sur le dos de la maladie respiratoire. Il est possible de la vivre ensemble, à condition d’entretenir une vie intime, la plus « normale » possible, dans les limites imposées par la BPCO. Peut-être penserai-je différemment à 65 ans. Les solutions existent pour se rassurer : les câlins, la tendresse, au delà de l’acte sexuel en lui-même. L’autre doit l’entendre et l’accepter. S’il a compris la maladie et la souffrance qu’elle engendre, la vie intime peut être préservée, même si elle évolue, incontestablement. Nos rapports sexuels sont moins réguliers qu’avant, à raison d’une à deux fois par mois environ, lorsque je me sens bien dans mon corps et dans ma tête. Je prends toujours l’initiative, à l’occasion de moments favorables, que mon mari sait parfaitement décoder ! Nous faisons chambre-à-part. Je dors dans un lit médicalisé, ce qui surprend les gens. Je leur réponds que la sexualité déborde du seul cadre de la chambre et du lit conjugal ! Aujourd’hui, mon mari est satisfait par notre sexualité. J’essaie, lors de ces rapports, d’être au mieux de ma forme et de mon sex-appeal, pour nous procurer un vrai plaisir, malgré la maladie. La qualité, faute de quantité. Sinon, je m’en voudrais énormément. Lorsque cela ne va pas (chaleur, fatigue…), je lui présente mes excuses, afin qu’il sache que je prends en considération cette envie naturelle chez un être humain. Je conserve une part de culpabilité, de ne pas être celle que j’étais il y a cinq ans. Il ne faut pas se leurrer, la sexualité est une part essentielle du couple et un motif de déchirement en cas de maladie. Il faut en parler ouvertement, au conjoint et/ou à un psychologue et dépasser les tabous ». HJ *Témoignage anonymisé sur demande de la personne.

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<![CDATA[BPCO_sexualité_témoignage_01]]> https://sante-respiratoire.com/madame-b-60-ans-bpco-de-stade-2/bpco_sexualite_temoignage_01/ Thu, 18 Oct 2018 20:43:53 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/BPCO_sexualité_témoignage_01.jpg 2273 2259 152 0 <![CDATA[Dossier-BPCO-sexualité]]> https://sante-respiratoire.com/bpco-le-jour-bpco-la-nuit/bpco_sexualite_edito_association/ Thu, 18 Oct 2018 20:47:30 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/BPCO_sexualité_Edito_Association.jpg 2276 2269 151 0 <![CDATA[Mon but ? Etre le déclic !]]> https://sante-respiratoire.com/mon-but-etre-le-declic/ Mon, 29 Oct 2018 10:00:47 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2300 Dans son ouvrage intitulé « Fumer à tout prix : Je t’en supplie, maman, arrête de fumer » *, Marianne Wéry, relate avec amour et émotion les dernières années passées auprès de sa maman âgée et malade BPCO, fumeuse depuis son adolescence. L’auteure raconte la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) au travers de l’amour d’une fille non fumeuse pour sa mère fumeuse. Du diagnostic initial de BPCO stade 1 à la décision de sa mère de refuser l’acharnement thérapeutique en débranchant le cordon qui la relie à l’oxygène, en passant par les alertes et les séjours en réanimation, cette histoire d’amour filial ébranle fumeurs, non fumeurs mais également proches de fumeurs qui se reconnaîtront à de nombreuses reprises.  
Association BPCO : Votre ouvrage est un livre-thérapie. Vous dites que vous couchez « des mots sur une feuille, pour permettre d’accepter l’inacceptable ». Mais votre espoir n’est-il pas aussi d’accompagner celles et ceux qui souffrent de la « maladie tabagique » ?
Marianne Wéry : « Au départ, j'ai écrit ce livre pour me relever de ce que nous avions vécu -maman a fumé jusqu'au dernier jour- et surtout pour tenter de comprendre ses décisions. Puis, le pneumologue qui a suivi ma mère, à la lecture de mon manuscrit qui n’était pas destiné à être publié, m’a vivement incité à le diffuser après m’avoir confié qu’il avait appris beaucoup, car il ne connaissait pas la maladie du point de vue de la famille et des proches et que ceux-ci avaient finalement un rôle primordial à jouer. Il a été surpris que je sois si attentive à la moindre modification de comportement de ma mère et le fait que j’ai pu, par deux fois, déceler une carbonarcose** sans même en connaître le terme et ainsi lui sauver la vie. Si une seule personne devenait abstinente grâce à mon témoignage, j’aurais atteint mon objectif. Aujourd’hui, en ce mois d’octobre 2018, au moins 8 personnes ont cessé de fumer et m’ont assuré le devoir à la lecture de mon livre.
En quoi votre approche est-elle originale ?
Je partage de l'intérieur les dégâts provoqués par cette maladie silencieuse, sournoise, addictive et mortelle qu'est le tabagisme, la progression implacable de la BPCO chez un fumeur. Je l'ai écrit sans concession. Il est empreint de respect, de tolérance et d'empathie, sans discours moralisateur envers les fumeurs. Plutôt que de condamner ma maman, j’ai tenté par l’écriture de comprendre ce que signifie le verbe fumer, en analysant la gestuelle et ce besoin qu’éprouvait ma mère. La souffrance des proches est bien réelle. On se sent impuissant. Sans enjoliver ni tomber dans le psychodrame, je raconte la BPCO de ma mère comme je l’ai vécue.
Votre maman était une fumeuse invétérée et vous écrivez : « il n’y a pas à comprendre [l’addiction, ndlr], il faut juste l’admettre » ? La décision d’arrêter vient du plus profond de chacun et tenter de convaincre les gens est-il vain ?
C’est l’histoire d’une lente dégradation physique et le chemin vers la mort. C’est aussi celle d’un choix de vie, illustré par les propos de ma mère lorsqu’on lui annonce le diagnostic : « Docteur, je vous arrête tout de suite, il n’en est pas question. Non, je n’arrêterai pas de fumer ! ». C’est un combat contre une addiction qu’elle refuse de mener. Elle a rejeté la possibilité de stabiliser sa maladie. Ma mère aimait fumer. La cigarette était une compagne de vie pour elle, mais également un plaisir (« Et comment, j’en ai envie. Bien sûr que ça me fait plaisir »), une phrase prononcée juste avant ses adieux aux siens et à la vie, lorsqu’elle parvient - difficilement – à fumer sa dernière cigarette. J’ai cessé de combattre son addiction. J’ai dû l’admettre et j’ai décidé de lui montrer mon amour. J’ai cru qu’elle préférait la cigarette à sa fille, ce qui en réalité est aberrant. De nombreux lecteurs se sont identifiés à ma mère. Les uns ont pris la décision d’arrêter de fumer, d’autres celle de poursuivre. Certains ont vraiment compris ce qu’était la maladie tabagique, la BPCO, et refusent de vivre la lente agonie de ma maman. Certains non-fumeurs vivent avec des fumeurs et sont perpétuellement dans le conflit. Mon livre leur a permis de baisser les armes.
Les médecins savent-ils réellement faire prendre conscience du danger lié à la BPCO ?
Je dirais plutôt qu’il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut entendre. Il n’y a pas que le cancer du poumon qui conduit vers une issue fatale. Or il occulte complètement la BPCO dans les discours et l’esprit des gens. Lorsqu’on a annoncé le diagnostic à maman, elle a uniquement entendu qu’elle n’avait pas de cancer. Les médecins expliquent la théorie et ma maman n’a retenu que le terme de « bronchite chronique », qui ne l’a pas effrayée outre mesure. Tout le monde souffre de bronchite et « chronique » signifiait juste qu’elle en souffrirait à plusieurs reprises.
Vous publiez à la fin du livre le témoignage de lecteurs, atteints de BPCO dont celui-ci :
 Je lis donc ce livre, ce fameux livre qui m'a fait passer par toutes les émotions... Je pleure, mais, surtout, j'angoisse. Je sais maintenant ce qu'est la BPCO, je ne peux plus nier... J'ai donc pris LA décision qui va changer ma vie, me stabiliser ma maladie et me sauver. Après une visite chez la tabacologue [], j'ai mis mon premier patch pour arrêter de fumer.
Que vous inspirent-ils ?
Je ne suis pas totalement certaine que ce soit la prise de conscience de la mort qui motive la décision d’arrêter le tabac. Tous les jours, les images collées sur les paquets la leur rappellent. Cela provient plutôt d’un sursaut, d’un moment de lucidité, d’un déclic. Au lieu de prendre les fumeurs par les sentiments, il me semble qu’il serait plus profitable de les encourager et de leur expliquer qu’il existe des méthodes de sevrage, adaptées à chacun. L’envie d’une cigarette dure trois minutes. Faire diversion pendant ces minutes est l’une des clés, à mon sens, comme boire un thé, un verre d’eau à la paille, très lentement… C’est aussi réaliser qu’une rechute n’est pas un échec, mais une expérience qu’il faut analyser pour pouvoir être plus fort, la fois suivante ».   Depuis, Marianne Wéry donne des conférences en Belgique et se déplace désormais dans les écoles pour parler de son histoire mais surtout de la BPCO.   Propos recueillis par Hélène Joubert, journaliste. *« Fumer à tout prix : Je t’en supplie, maman, arrête de fumer », de Marianne Wéry (2018). Editions du Rapois 2018, 17,90 Euros. ** État de somnolence qui conduit au coma et engage le pronostic vital, résultant d'une surcharge en dioxyde de carbone dans le sang (hypercapnie).    ]]>
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<![CDATA[BPCO_CP_matinale parlementaire_15-11-2018]]> https://sante-respiratoire.com/communique-matinale-parlementaire-v2/ Thu, 15 Nov 2018 10:30:39 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/11/communiqué-matinale-parlementaire-V2.pdf 2379 0 135 0 <![CDATA[2344 21]]> https://sante-respiratoire.com/15-novembre-2018-operation-de-sensibilisation-aux-impacts-de-la-maladie/2344-21/ Thu, 15 Nov 2018 16:59:20 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/11/Assemblée_Nationale_BPCO_Association.jpg 2389 2377 134 0 <![CDATA[2344 21]]> https://sante-respiratoire.com/15-novembre-2018-operation-de-sensibilisation-aux-impacts-de-la-maladie/2344-21-2/ Thu, 15 Nov 2018 17:00:55 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/11/Assemblée_Nationale_BPCO_Association-1.jpg 2390 2377 133 0 <![CDATA[Revue de presse, septembre 2018]]> https://sante-respiratoire.com/revue-de-presse-septembre-2018/ Thu, 27 Sep 2018 07:00:00 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2188 La littérature scientifique de ces derniers mois est riche en publications sur le tabagisme et ses conséquences.

Sevrage tabagique : l’argument de la prise de poids ne tient plus

Que penser des conséquences de la prise de poids tant redoutée suite au sevrage tabagique ? Certains poussent même le raisonnement assez loin, à savoir renoncer à l’arrêt du tabac par crainte de l’augmentation du risque cardiovasculaire inhérent à une prise de poids conséquente. Un éclairage est donné par l’analyse de trois cohortes américaines ayant suivi des professionnels de santé sur une durée de près de 20 ans en moyenne : la Nurses Health Study (NHS), la Nurses Health II  (NHS II) et la Health Professionals Follow-up Study (HPFS). Plusieurs révélations sont issues de cette analyse groupée portant sur plus de 300 000 individus. Tout d’abord, le risque de diabète de type 2 est réel, mais transitoire. Il est en moyenne 22 fois plus élevé dans les 2 à 6 ans après le sevrage comparé à ceux qui ont continué à fumer. Il faudrait 30 ans sans tabac pour que ce risque retombe au niveau de celui des non-fumeurs. L’augmentation du risque est proportionnelle à la prise de poids et vaut surtout pour les surcharges pondérales importantes. Il est en effet nul si la personne est parvenue à conserver son poids. Il augmente de 15% chez ceux qui ont pris entre 0,1 et 5 kg, 36% chez ceux qui ont pris entre 5 et 10 kg et 59% chez ceux qui ont pris plus de 10 kg. En dépit de cela, il n’y a pas eu de surmortalité, notamment cardiovasculaire, chez les fumeurs abstinents. La mortalité globale et la mortalité cardio-vasculaire diminueraient rapidement avec l’arrêt du tabac et pour très longtemps. La longévité de ceux qui avaient arrêté de fumer par rapport à ceux qui continuaient était plus élevée, sans que l’on retrouve l’impact de la prise de poids à l’arrêt du tabac. Conclusion : si vous hésitez encore, sachez que les bénéfices santé restent largement en faveur de l’arrêt de l’intoxication tabagique, en termes de mortalité cardiovasculaire et globale. Se faire aider pour éviter de prendre du poids peut s’avérer nécessaire. N Engl J Med 2018 ; 379 : 623-632.  

Le tabac, un « sérieux facteur de risque » de psychose ?

C’est ce que suggère une vaste étude finlandaise sur 6 081 fumeurs et non fumeurs, nés en 1985-1986 et suivis entre l’âge de 15 et 30 ans. Comparativement aux non-fumeurs, ceux ayant fumé plus de 10 cigarettes/jour à l’adolescence auraient un risque environ trois fois plus élevé de développer ultérieurement un trouble psychotique, vers l’âge de 30 ans. Le danger de la cigarette ne se placerait donc plus uniquement sur le plan cardiovasculaire et pulmonaire mais aussi psychiatrique. Cette étude jette un pavé dans la mare ; cette relation étant connue depuis longtemps mais de manière inversée c’est-à-dire que le tabagisme est généralement vu comme une réaction à une psychopathologie préalable (fumer dès l’adolescence comme solution à des difficultés d’ordre psychotique). Les auteurs ont tenu compte des facteurs confondants pour éliminer cette possibilité. Acta Psychiatr Scand; 2018: 138: 3–4 & Acta Psychiatr Scand; 2018: 138: 5–14.  

La hausse du prix du tabac profite aux plus pauvres

Une étude de modélisation a été conduite sur 500 millions d’hommes fumeurs dans 13 pays à revenus intermédiaires. Elle tord le cou à l’idée que l’augmentation des taxes sur le tabac pénaliserait davantage les plus pauvres. Si avant la hausse du tabac, les fumeurs se recrute plutôt chez les plus pauvres, l’augmentation du prix inverserait cette tendance, avec l’arrêt du tabac pour 67 millions de personnes dont 23 millions dans le groupe aux plus faibles revenus contre 3 millions dans le groupe des plus fortunés. D’où une mesure gagnante pour les 20 % de la population les moins riches en termes d’années de vie gagnées, par rapport aux 20 % les plus riches (1,46 années contre 0,23). Les dépenses de santé seraient d’autant plus importantes chez ces derniers (46 milliards de dollars contre 10 milliards). Environ 8,8 millions d’hommes, la moitié parmi les 20 % les moins favorisés, éviteraient alors de tomber dans l’extrême pauvreté, conséquence en particulier du financement des soins pour des affections liées au tabac. Par ailleurs, les plus riches mettraient deux fois plus la main au portefeuille avec l’envolée des taxes récoltées (122 milliards supplémentaires). Les buralistes ou l’industrie du tabac ne seraient donc pas à la peine, ce que l’on entend trop souvent. BMJ 2018; 361: k1162  

Vapoter, le premier pas dans le tabagisme ?

Si la cigarette électronique peut inciter bon nombre de fumeurs à cesser le tabac, quid des non-fumeurs qui fument la cigarette électronique juste pour le plaisir ? Les études se contredisent mais l’une d’entre elles va dans le sens d’autres récemment publiées sur le sujet. Les chercheurs ont observé plus de 32 000 américains non fumeurs âgés entre 18 et 30 ans et dont 2,5% vapotaient. En prenant en compte tous les biais possibles (démographie etc.), un utilisateur sur deux entrait dans le tabagisme traditionnel suite au vapotage régulier, soit un risque 6,8 fois plus important. Am J Med., 2018 ; 131: 443.e1-443.e9.]]>
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<![CDATA[Jean-Pierre, vu par son entourage]]> https://sante-respiratoire.com/jean-pierre-jury-vu-par-son-entourage/ Sat, 29 Sep 2018 07:00:57 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2195 Collègues de travail, professeur de karaté.... nous livrent leurs impressions sur leur ami et élève, Jean-Pierre Jury, malade BPCO.

Témoignage de Bruno, Christophe et Jean-Michel, chefs d’équipe de la plateforme industrielle du courrier de Sorigny, où travaille Jean-Pierre Jury : lire.

Alain Hervier, collègue de travail de Jean-Pierre Jury.

« Quel honneur de pouvoir parler de Jean Pierre allias JP pour les plus intimes. Quelle ne fut pas ma surprise quand il m'a parlé de la maladie dont il était atteint, cette maudite BPCO. Comment imaginer que cet homme si dynamique, si investi dans tout ce qu'il entreprend, toujours rempli d'une énergie que beaucoup d'entre nous lui envions, pouvait être touché par cette maladie silencieuse et très peu connue malheureusement de la plupart d'entre nous. Où va-t-il chercher cette force qui le pousse toujours à avancer, à créer, et à se dépasser et à dépasser la plupart d'entre nous. J'ai la chance de travailler avec lui, c'est toujours un plaisir. Nous échangeons sur tout : la vie, le sport, le travail etc. toujours ponctué d'un éclat de rire. Jean Pierre est une personne entière qui n'aime pas l'hypocrisie, le mensonge et les trahisons, si courantes de nos jours. C'est un privilège de te côtoyer mon poto. Garde en toi cette flamme qui t'anime et qui nous sert aussi de repère. »  

Sylvaine Giraud, Senséï

« Jean-Pierre Jury est inscrit dans mon club de karaté depuis septembre 2011. Ses problèmes de respiration sont visibles dès l'échauffement : il a du mal à synchroniser les mouvements avec sa respiration. Les parties techniques ne posent pas de problème quand elles sont faites à un rythme pas trop soutenu. Au moment des combats, il a besoin de souffler entre les assauts car il a tendance à rester en apnée trop longtemps. Je lui laisse le temps de reprendre son souffle avant de continuer. La BPCO n'a aucune incidence sur l'apprentissage des techniques.  Il doit apprendre à maîtriser son souffle dans l'exécution des KATAS (enchaînements codifiés de techniques) pour en acquérir un meilleur rythme. JP est un élève volontaire qui n'a pas assez confiance en lui... »  

Nathalie Louault, chef de file Schéma Directeur Territorial (DEX Centre Val de Loire TOURS)

« La plate-forme industrielle Courrier Tours Val de Loire a ouvert en 2007, Jean-Pierre Jury est arrivé comme pilote de production en équipe d’après-midi. Il s’est tout de suite investi dans ce nouvel outil industriel doté de machines de tri performantes. Ceci lui a demandé un investissement personnel important : formation aux nouvelles machines, environnement de travail, horaires de travail…  Jean-Pierre est rapidement devenu un des meilleurs pilotes de l’établissement et a été promu comme référent ; il lui a été proposé d’encadrer du personnel sur des chantier pour valoriser un investissement personnel sans faille. A aucun moment, il n’a fait état de problèmes de santé pour bénéficier d’un poste de travail adapté à ses difficultés respiratoires qui le fatiguent. Pour lui permettre de pratiquer le judo qui est très bénéfique pour sa santé compte tenu de sa BPCO, depuis quelques années, il a intégré l’équipe du matin avec des horaires matinaux pour une prise de service à 5h45. Là encore, son investissement pour son travail est exceptionnel, il est toujours en recherche de nouvelles idées pour optimiser l’organisation du travail ou améliorer la qualité de service. Compte tenu de sa souffrance personnelle liée à sa BPCO, Jean-Pierre mène un combat contre le tabagisme dans l’établissement de manière pédagogique, il aimerait développer davantage ces actions de prévention. »   Lire le témoignage : « Le karaté a pris le relais de la réhabilitation respiratoire"]]>
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<![CDATA[Témoignages_Jean-Pierre_JURY_BPCO]]> https://sante-respiratoire.com/jean-pierre-jury-vu-par-son-entourage/temoignages_jean-pierre_jury_bpco/ Tue, 25 Sep 2018 09:43:25 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/09/Témoignages_Jean-Pierre_JURY_BPCO.pdf 2196 2195 165 0 <![CDATA[AssociationBPCO_JP_collègues_Articles_Témoignages_Octobre2018]]> https://sante-respiratoire.com/associationbpco_jp_collegues_articles_temoignages_octobre2018/ Tue, 02 Oct 2018 14:25:30 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/AssociationBPCO_JP_collègues_Articles_Témoignages_Octobre2018.jpg 2212 0 161 0 <![CDATA[Nathalie LOUAULT]]> https://sante-respiratoire.com/jean-pierre-jury-vu-par-son-entourage/nathalie-louault/ Tue, 02 Oct 2018 14:25:58 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/Nathalie-LOUAULT.jpg 2215 2195 160 0 <![CDATA[AssociationBPCO_Journal_A-Fond-le-Souffle_Octobre_2018]]> https://sante-respiratoire.com/journal-n18-2018-alerter-innover-et-soutenir-la-qualite-de-vie-des-patients/associationbpco_journal_a-fond-le-souffle_octobre_2018/ Tue, 02 Oct 2018 14:44:23 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/AssociationBPCO_Journal_A-Fond-le-Souffle_Octobre_2018.pdf 2220 2221 159 0 <![CDATA[Journal n°18 - 2018 - Alerter, innover et soutenir la qualité de vie des patients !]]> https://sante-respiratoire.com/journal-n18-2018-alerter-innover-et-soutenir-la-qualite-de-vie-des-patients/ Tue, 02 Oct 2018 14:51:07 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2221 Pour télécharger et lire ce numéro : ICI

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<![CDATA[BPCO_dossier_sexualité_BPCO_COPD]]> https://sante-respiratoire.com/dossier-bpco-et-sexualite/bpco_dossier_sexualite_bpco_copd/ Thu, 18 Oct 2018 21:25:45 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/BPCO_dossier_sexualité_BPCO_COPD.jpg 2280 2257 150 0 <![CDATA[BPCO_sexualité_psychologue_sexologue]]> https://sante-respiratoire.com/le-recours-a-un-psychologue-ou-a-un-sexologue-peut-servir-de-mediation-au-sein-du-couple/bpco_sexualite_psychologue_sexologue/ Mon, 22 Oct 2018 12:26:31 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/BPCO_sexualité_psychologue_sexologue.jpg 2285 2266 149 0 <![CDATA[Témoignage BPCO et sexualité]]> https://sante-respiratoire.com/bpco_article_sexualite_association_bpco_homme/ Mon, 22 Oct 2018 12:40:04 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/BPCO_article_sexualité_Association_BPCO_homme.jpg 2287 0 148 0 <![CDATA[BPCO_psychologue_Article_Sexualité]]> https://sante-respiratoire.com/la-bpco-altere-juste-la-cadence-du-rapport-sexuel-la-temporalite-et-la-confiance-en-soit-par-rapport-au-souffle/bpco_psychologue_article_sexualite/ Mon, 22 Oct 2018 12:55:02 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/BPCO_psychologue_Article_Sexualité.jpg 2289 2261 147 0 <![CDATA[Témoignage BPCO et sexualité]]> https://sante-respiratoire.com/trop-jeune-pour-renoncer-a-la-sexualite/bpco_femme_temoignage_sexualite/ Mon, 22 Oct 2018 13:02:45 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/BPCO_femme_témoignage_sexualité.jpg 2291 2271 146 0 <![CDATA[Caroline_Morel_Association_BPCO]]> https://sante-respiratoire.com/la-bpco-altere-juste-la-cadence-du-rapport-sexuel-la-temporalite-et-la-confiance-en-soit-par-rapport-au-souffle/caroline_morel_q3001/ Wed, 24 Oct 2018 09:07:08 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/Caroline_Morel_Q3001.jpg 2296 2261 145 0 <![CDATA[Marianne Wéry-photo]]> https://sante-respiratoire.com/mon-but-etre-le-declic/marianne-wery-photo/ Wed, 24 Oct 2018 09:57:28 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/Marianne-Wéry-photo.jpg 2303 2300 143 0 <![CDATA[Marie-Hélène-Colson]]> https://sante-respiratoire.com/dossier-bpco-et-sexualite/olympus-digital-camera/ Fri, 26 Oct 2018 08:35:27 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/Marie-Hélène-Colson_Article_BPCO.jpg 2329 2257 142 0 <![CDATA[Respirh@cktion : participez à la 3ème édition !]]> https://sante-respiratoire.com/respirhcktion-participez-a-la-3eme-edition/ Thu, 01 Nov 2018 09:00:46 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2357 solutions digitales pouvant améliorer le quotidien des patients et/ou des professionnels. Après avoir identifié une problématique donnée, ils ont soumis leur idée sur la plateforme RespirH@cktion et ont été choisis par un comité de sélection composé de praticiens et de patients pour concourir à RespirH@cktion du 30 novembre au 2 décembre à la Faculté de médecine de Lille : https://www.respirhacktion.com/projets
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<![CDATA[Respirhacktion_2018_Association_BPCO]]> https://sante-respiratoire.com/respirhcktion-participez-a-la-3eme-edition/respirhacktion_2018_association_bpco/ Wed, 31 Oct 2018 20:33:11 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/Respirhacktion_2018_Association_BPCO.png 2358 2357 139 0 <![CDATA[Agenda Respirhacktion WE 2018 one page]]> https://sante-respiratoire.com/agenda-respirhacktion-we-2018-one-page/ Wed, 31 Oct 2018 21:34:49 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/Agenda-Respirhacktion-WE-2018-one-page.pdf 2361 0 138 0 <![CDATA[Respirh@cktion-Flyer-2018]]> https://sante-respiratoire.com/respirhcktion-flyer-2018/ Wed, 31 Oct 2018 21:35:06 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/Respirh@cktion-Flyer-2018.pdf 2362 0 137 0 <![CDATA[Invitation_Colloque_Association_BPCO-12 novembre 2018_Programme]]> https://sante-respiratoire.com/11eme-rencontre-vivre-avec-une-bpco-dans-la-societe-daujourdhui-et-de-demain/invitation_colloque_association_bpco-12-novembre-2018_programme/ Fri, 02 Nov 2018 17:06:04 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/10/Invitation_Colloque_Association_BPCO-12-novembre-2018_Programme.pdf 2367 2244 136 0 <![CDATA[ETP dans le sevrage tabagique : qu’en attendent les fumeurs ?]]> https://sante-respiratoire.com/etp-dans-le-sevrage-tabagique-quen-attendent-les-fumeurs/ Thu, 27 Sep 2018 07:00:50 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2190 Dans le cadre de son Diplôme Universitaire Patients-Experts Maladies Chroniques, Christine Pochulu a réalisé l’enquête "Programme ETP et sevrage du tabac" (juin 2018), explorant les motivations a posteriori d’anciens fumeurs à suivre des séances d’éducation thérapeutique du patient (ETP), spécifiquement dédiées au sevrage tabagique. Comme le définissait l’OMS en 1988, l’éducation thérapeutique du patient (ETP) permet d’acquérir des compétences d’auto-soin en renforçant et en maintenant la motivation mais également en développant les compétences d’adaptation face aux situations à risque et en favorisant les changements dans la vie quotidienne pour prévenir les risques de rechute. « De nombreux programmes d’ETP prévoient une unique séance dédiée au tabagisme pour les patients atteints de pathologies, notamment cardiaques et respiratoires, relate Christiane Pochulu. En revanche, s’agissant de programmes entièrement dédiés à l’addiction tabagique elle-même, pratiquement tout reste à créer ». Un programme d’ETP spécifique a cependant été autorisé par l’Agence régionale de santé (ARS) en avril 2011 et, en 2012 et 2013, trois autres ont vu le jour intitulés « Produits, tabacs et opiacées », « La rémission » et « Vivre bien sans produit ».

Enquête " Programme ETP et sevrage du tabac" : les résultats

Par le biais d’entretiens semi-dirigés, la patiente-experte a approfondi les attentes d’ex-fumeurs vis-à-vis d’un programme d’ETP spécifiquement lié au sevrage. L’enquête a inclus 15 personnes âgées de 48 ans à 62 ans atteintes de BPCO, ayant cessé de fumer depuis 1 an et plus, après 4 tentatives d’arrêt en moyenne. -La conscience des conséquences négatives du tabac, le désir d’être accompagné dans la démarche de changement, la motivation au changement étaient les trois motifs cités pour participer à un programme d’ETP. Le désir de prendre soin de sa santé arrive en tête, devant le diagnostic de BPCO. S'en sentir capable également. - Les besoins exprimés dans le cadre de la prévention de la rechute sont les suivants : recevoir une aide extérieure (être guidé et mieux outillé, recevoir un soutien moral, se confier, mieux gérer ses émotions), améliorer son bien-être psychologique et donc son estime de soi, ainsi que son réseau social et ses relations interpersonnelles, s’accorder une pause pour se ressourcer, réorganiser sa vie. -Au rythme idéal de quatre séances d’ETP mensuelles, neuf thèmes d’ateliers ont été sélectionnés, avec, par ordre décroissant, « Mon histoire avec le tabac », » Quelle activité physique pour moi », « Je gère mes envies et mon stress », « La sophrologie », « La méditation », « Le tabac, plaisir ou souffrance », « Nutrition & Bien-être », « Les aides au sevrage ». -Sans surprise, ces ateliers, menés dans des lieux moins médicalisés que l’hôpital, devraient être dirigés par des intervenants empathiques, ne stigmatisant pas les patients et sachant susciter la motivation. « Presque unanimement, les participants déclarent qu’un tel programme d’ETP axé sur le sevrage tabagique aurait pu les aider à arrêter – et plus tôt – ainsi qu’à maintenir l’arrêt du tabac, résume l’auteure. Le travail sur l'estime de soi a été jugé primordial. Créer des liens au sein d’un groupe, bénéficier de la présence d’ex-fumeurs et plus encore de celle de patients-experts leur semble des ressources à mettre à profit ». La mise en place en 2016 par les ARS de la déclinaison du Programme national de réduction du tabagisme (PNRT) pourrait ouvrir la voie à de nouveaux projets d’ETP focalisés sur le sevrage tabagique.]]>
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<![CDATA[Seulement un Français sur cinq connait la BPCO !]]> https://sante-respiratoire.com/seulement-un-francais-sur-cinq-connait-la-bpco/ Wed, 28 Nov 2018 07:00:08 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2417 La bronchopneumopathie chronique obstructive reste une maladie largement ignorée. Une étude française parue à l’automne 2018 (Baromètre santé 2017) * et qui confirme les résultats du sondage conduit par l’Association BPCO en 2014 ne peut que constater le long chemin qu’il reste à parcourir pour que celle-ci soit connue et reconnue, par la population comme par les politiques. Le dernier Baromètre santé 2017 de Santé Publique France consacré à la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) souligne un constat regrettable : la grande majorité des Français n’a jamais entendu parler de la BPCO. 22,1% des personnes enquêtées ont répondu avoir déjà entendu parler de la BPCO (25% chez les 40 ans ou plus), parmi lesquelles moins d’un tiers a identifié le tabac comme principal responsable (32,3%). 19,3% ont cité la pollution de l’air comme pouvant être l’une des causes, 13,6% les infections respiratoires, 2% une origine génétique ou congénitale. 2,2% ont répondu qu’il s’agissait d’une maladie respiratoire sans être en mesure de désigner un coupable. Le sondage OpinionWay paru en 2014 pour L’Association BPCO avait livré des résultats identiques avec 78% des sondés qui n’avaient pas entendu parler de la BPCO. Plus de 40% n’avaient aucune idée des principaux facteurs de risque de la BPCO. Selon les analyses menées à partir du Baromètre santé 2017, la probabilité de connaître la BPCO était plus élevée chez les femmes, chez les personnes de catégorie socioprofessionnelle supérieure ou intermédiaire et chez les fumeurs. Plus les individus avançaient en âge, plus leur niveau de diplôme était élevé, et plus ils connaissaient la maladie. Mais au final, ce sont les personnes de faible niveau socioéconomique qui cumulent une plus grande exposition au principal facteur de risque de la BPCO et une moindre connaissance de la maladie. Dans l’enquête Ibis (Information sur la BPCO pour un impact sanitaire) déjà ancienne, publiée en 2004, 8% des sondés avaient entendu le terme BPCO. D’où l’espoir des auteurs du Baromètre santé 2017 qui croient voir dans cette progression le témoignage « d’une amélioration de la connaissance du terme BPCO au sein de la population française au cours des 10 à 15 dernières années ». D’autres études ont montré que les termes « bronchite chronique » et « emphysème » étaient bien plus fréquemment connus que « BPCO ». Pourtant, une meilleure connaissance de la BPCO par le grand public et la perception du risque de développer cette maladie pourrait servir de levier pour inciter les fumeurs à arrêter. Cela permettrait également de favoriser le diagnostic précoce de la maladie ; encore aujourd’hui, les trois quarts des personnes atteintes de BPCO ne se savent pas malades. En France, les campagnes de communication portant sur les risques pour la santé liés au tabagisme ou encore les avertissements sanitaires sur les paquets de cigarettes ciblent avant tout les risques de cancer et de maladies cardiovasculaires. En 2013, ils représentaient respectivement 62% et 23% des 73 000 décès attribuables au tabac, contre 15% pour les maladies respiratoires non cancéreuses dont la BPCO.
BPCO, cancer du poumon… désormais des maladies de femme
Dans les années 1950, fumer était marginal chez les femmes. Puis cette pratique s’est envolée au début des années 70, atteignant 30 % en 2010. Dans ce même numéro du Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire * du 30 octobre 2018, les spécialistes constatent avec désormais suffisamment de recul que l’explosion du tabagisme féminin s’est effectivement traduite par une augmentation des conséquences sur la santé générale et de la mortalité liées au tabac. Cependant, si le nombre de cancers du poumon, de patients hospitalisés pour infarctus du myocarde ou pour exacerbation de BPCO ainsi que les décès dus à ces affections restent moins importants que chez les hommes, la dynamique d’évolution de ces pathologies est extrêmement préoccupante chez les femmes, notamment entre 45 et 64 ans, les premières classes d’âge à avoir adopté la cigarette dans les années 70. Notamment, le taux d’hospitalisations pour une exacerbation de BPCO a doublé chez les femmes entre 2002 et 2015. Il n’a augmenté "que" de 30 % chez les hommes. Les décès imputables à la BPCO ont augmenté de 3 % chez les femmes entre 2000 et 2015 alors qu’ils ont diminué de 21 % chez les hommes. In fine, cancer du poumon, BPCO et infarctus du myocarde sont bel et bien devenus chez les femmes les principales causes de mortalité. Toutes maladies confondues, Santé Publique France évalue qu’en 2014, 54 600 hommes et 19 000 femmes sont décédés des conséquences du tabagisme. Pour les femmes, c’est deux fois plus qu’en 2000. Il est encore trop tôt pour repérer si la chute très récente du nombre de fumeurs entre 2016 et 2017, estimée entre 12 et 13 millions de fumeurs, a concerné plutôt les hommes ou les femmes. Pour sa part, Santé Publique France estime qu’en 2017, après quelques années de stabilité, le tabagisme quotidien est en baisse, et ce dans les deux sexes.
  Hélène Joubert, journaliste   *Marie-Christine Delmas et al. Connaissance de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) en France : Baromètre santé 2017. Bull Epidémiol Hebd. 2018;(35-36):682 ; 30 octobre 2018.  **En 2017, l’enquête a été conduite par téléphone auprès de 25 319 personnes âgées de 18 à 75 ans, résidant en France métropolitaine et parlant français. *** Bourdillon F. Les pathologies liées au tabac chez les femmes : une situation préoccupante. Bull Epidémiol Hebd. 2018;(35- 36):682. ]]>
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<![CDATA[Intelligence artificielle : l’individu ou le collectif d’abord ?]]> https://sante-respiratoire.com/intelligence-artificielle-lindividu-ou-le-collectif-dabord/ Wed, 28 Nov 2018 07:30:02 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2419 Avec la numérisation, la santé devient un enjeu géostratégique majeur. Dans ce contexte, le déploiement de l’intelligence artificielle et de la robotisation en santé semble irréversible. Cela va impacter massivement les prises en charge courantes et tous les segments de la médecine recourant directement au numérique et à la robotique. Faut-il pour autant craindre et encadrer la médecine algorithmique ? David Gruson*, membre du comité de direction de la Chaire santé de Sciences Po Paris et de l'initiative "académique et citoyenne" Ethik-IA nous livre ses convictions.  
David Gruson a présenté, le 19 janvier 2018, l'initiative "académique et citoyenne" Ethik-IA qui entend défendre une "régulation positive" de l’intelligence artificielle (IA) et de la robotisation en santé, notamment dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique. Sa prise de position a été intégrée fin septembre 2018 par le Comité Consultatif National d'Ethique dans son avis pour la révision de la loi n° 2011-814 du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique. Ethik-IA part du constat du "développement absolument irréversible" de l'IA et de la robotisation dans le champ sanitaire et médico-social et des "opportunités" que présentent ces "évolutions technologiques majeures" en termes économiques, et pour l'organisation du système de soins. Mais il aborde aussi une question très sensible : le risque de minoration de la valeur de la personne par rapport au collectif.

Association BPCO : Le Big Data, réponse à tous les problèmes de santé ou plutôt « Big Brother » ?

David Gruson : Je dirais plutôt que le risque éthique principal vis-à-vis de l’intelligence artificielle en santé est un développement insuffisant. Il aura fallu dix ans entre l’adoption du régime juridique de la télémédecine et le déverrouillage, encore partiel, de son modèle économique dans la loi de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018. Chaque jour, nous sommes confrontés à des situations de non-pertinence ou de sous-efficience des soins qui pourraient être évitées par plus de pilotage des données de santé. Il ne faut pas se fermer à l’innovation numérique, et celle-ci se développe très vite dans le domaine de la reconnaissance d’images. Le Big Data (collecte massive de données) en particulier au moyen d’objets connectés, est un vecteur majeur d’avancées pour la qualité des soins, les droits des patients et la connaissance scientifique. Mais cette apparente clarté en termes de santé publique se heurte à une réalité plus complexe. Toutes les données ne se valent pas sur le plan éthique, entre les données « bien-être » et les données génétiques plus sensibles, par exemple. Concernant ces dernières, la loi de bioéthique de 1994 a défini un cadre juridique spécifique pour les fiches informatiques ayant pour finalité la recherche médicale, notamment génétique, en mettent en place une procédure d’autorisation par la CNIL, après avis d’un comité consultatif d’experts chargés d’analyser la méthodologie de la recherche.  

Quels sont les enjeux de la régulation de l’IA en santé ?

L’impact de la médecine algorithmique sur la responsabilité des professionnels est un enjeu majeur. A mon avis, sur ce plan, l’IA ne produira pas d’impact immédiat : les régimes actuels de responsabilité des professionnels suffisent à régler 99,9% des cas, dans le cadre du régime de « responsabilité du fait des choses » en droit civil français. Lorsqu’un robot, un appareil ou un logiciel cause un dommage, son gardien ou son concepteur est responsable, ainsi qu’un directeur d’établissement ou le professionnel lui-même exerçant en libéral. Par ailleurs, lors de la survenue d’une défectuosité, d’un dysfonctionnement du robot ou de l’algorithme d’aide à la décision, s’applique une directive communautaire transposée en droit français en 1998 : « La responsabilité du fait des produits défectueux ». Le producteur de la machine sera alors déclaré responsable. Mais cette responsabilité souffre une exception, dans le cadre de l’IA et plus spécifiquement du Machine Learning (machine ou logiciel auto-apprenants) appelée le « risque de développement », c’est-à-dire un risque qui ne pouvait pas être connu lors de la mise sur le marché du produit. Imaginons une IA d’aide au diagnostic en imagerie, en mesure de déceler la présence d’une tumeur sur un cliché. Après une certaine durée de développement, l’algorithme ou l’IA va produire une nouvelle version d’elle-même, afin d’écarter les hypothèses aberrantes. A terme, l’algorithme deviendra tellement différent de sa forme initiale que l’on entrera dans le cadre de ce risque de développement ! Il ne sera plus possible de rechercher la responsabilité du producteur en cas de dommage. A ce jour, aucun cas de sinistralité n’est apparu, ce qui ne saurait tarder et à une grande échelle…  

Le temps est-il compté ?  

La préconisation que le groupe Ethik-IA a portée et que le Comité Consultatif National d'Ethique a bien voulu relayer est qu’il est surtout urgent de ne pas modifier le régime de responsabilité en vigueur mais d’ouvrir la réflexion au niveau européen, sans quoi la France s’expose à être un formidable « repoussoir » pour les innovations. J’en arrive au « risque de délégation » de la décision médicale. Par exemple, l’algorithme de détection des tumeurs confirme au médecin la présence d’une tumeur avec un taux de certitude de 99,9%. Le risque est que le médecin ne prenne aucun recul par rapport à l’avis de la machine. Ce risque s’applique aussi au patient qui reçoit une proposition thérapeutique. Sera-t-il capable de prendre réellement du recul dans son consentement aux soins, même si en théorie et en droit ce consentement reste en vigueur ? Il faut prendre conscience que la puissance des capacités du service de pilotage algorithmique peut éroder notre propre capacité à prendre du recul.  

La mise en balance des intérêts individuel et collectif est aussi une spécificité de l’IA…

En effet, l’algorithme traite des données en masse à partir desquelles il propose une aide à la décision, en écartant des hypothèses individuelles, qui sont, je le rappelle, des situations humaines. En dépit de l’absence d’« intentionnalité » de l’IA, la possibilité de dommages individuels existe. Un exemple parmi de nombreux autres est le patient en fin de vie pour lequel l’IA considèrera qu’il n’est pas efficient de proposer telle thérapeutique, dans l’intérêt du plus grand nombre, pour favoriser la qualité et l’efficience du système de santé. L’IA tirera les conséquences de sa programmation et pourra être confrontée à des arbitrages entre la valeur de la vie individuelle et la préservation d’impératifs collectifs de santé publique. Ce risque de minoration de la prise en compte de la personne par rapport à l’intérêt collectif sera probablement renforcé en contexte de gestion de crise. Mais il faut bien sûr remettre ce risque en perspective : sa survenue n’est que théorique et il serait absolument non-éthique de refuser les avancées en santé permises par le numérique et l’intelligence artificielle.  

Parler de « bombe atomique » en se référant à l’IA serait selon vous excessif ?

Certes, mais il faudra savoir gérer la combinaison de ces deux facteurs : la délégation de la décision médicale et celle de consentement du patient ainsi que la minoration de l’individu versus l’intérêt collectif. Le risque est que tout cela avance sans que l’on s’en aperçoive. En effet, l’amélioration du système grâce au déploiement de la médecine algorithmique sera telle qu’il y aura immanquablement une satisfaction et une fascination devant sa qualité et son efficacité. D’où la nécessité d’une prise de recul, sans bloquer l’innovation par un carcan règlementaire.  

Quelles seraient alors les clés de la régulation positive de l’IA en santé ?

Ethik-IA en a formulé cinq, relayées par le Comité Consultatif National d'Ethique le 25 septembre 2018 : -L’information et le consentement du patient (le patient doit être systématiquement informé préalablement du recours à un dispositif d’IA dans son parcours de prise en charge, avec des modalités particulières dont des dispositions de protection renforcée pour les personnes vulnérables, le recours à une personne de confiance etc.). -Le principe de garantie humaine du dispositif d’IA en santé. Il s’agit de conserver une supervision humaine du process, assuré par des procédés de vérification régulière -ciblée et aléatoire- ainsi que par l’aménagement d’une capacité d’exercice d’un deuxième regard médical humain à la demande d’un patient ou d’un professionnel de santé, pourquoi pas par l’intermédiaire de dispositifs de télémédecine. -La graduation de la régulation en fonction du niveau de sensibilité des données de santé avec l’élaboration de normes de bonne pratique. -L’accompagnement de l’adaptation des métiers, avec un financement, au cours de la formation médicale initiale ou continue (orientation prioritaire validée, dès 2019), des personnels aux enjeux de l’IA et de la robotisation pour le soutien à l’émergence de nouveaux métiers dans le champ sanitaire et médico-social. -L’intervention d’une supervision externe et indépendante, qui diligente des études d’évaluation régulière pour apprécier les effets du déploiement de l’IA et de la robotisation en santé. Elle soutient également la recherche. Il faut éviter l’écueil de la surrèglementation, pour ne pas tuer dans l’œuf l’innovation numérique et l’IA en santé. L’idée serait de concevoir une autorité investie d’une certaine souveraineté – par exemple la Haute Autorité de Santé – dont la mission serait de s’assurer que les garanties sont respectées, sans pour autant qu’elle n’intervienne sur le fond de la règlementation.
* David Gruson a écrit le premier polar bioéthique* « S.A.R.R.A. : Une intelligence artificielle ». Éditions Beta Publisher, 318 pages, 12,99 € Et « L'intelligence artificielle sauvera l'humanité, mais… » Editions de L'observatoire ISBN 1032904771, 16
Propos recueillis par Hélène Joubert, avec David Gruson, à l’occasion des JPRS (Journées Pneumologie respiration Sommeil, 4-6 octobre 2018, Bordeaux).]]>
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<![CDATA[20171109-Gruson-David-01]]> https://sante-respiratoire.com/intelligence-artificielle-lindividu-ou-le-collectif-dabord/20171109-gruson-david-01/ Mon, 26 Nov 2018 08:43:58 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/11/20171109-Gruson-David-01.jpg 2420 2419 129 0 <![CDATA[BPCO_BigData_IA]]> https://sante-respiratoire.com/intelligence-artificielle-lindividu-ou-le-collectif-dabord/rawpixel-974549-unsplash/ Tue, 27 Nov 2018 10:57:31 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/11/rawpixel-974549-unsplash.jpg 2426 2419 128 0 <![CDATA[BPCO_Association_Article_Novembre_2018]]> https://sante-respiratoire.com/seulement-un-francais-sur-cinq-connait-la-bpco/bpco_association_article_novembre_2018/ Tue, 27 Nov 2018 12:58:26 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/11/BPCO_Association_Article_Novembre_2018.jpg 2427 2417 127 0 <![CDATA[jason-wong-292843-unsplash]]> https://sante-respiratoire.com/seulement-un-francais-sur-cinq-connait-la-bpco/jason-wong-292843-unsplash/ Wed, 28 Nov 2018 08:45:38 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/11/jason-wong-292843-unsplash.jpg 2438 2417 125 0 <![CDATA[Dr Ivan Berlin]]> https://sante-respiratoire.com/tout-savoir-sur-laddiction-au-tabac/ivan-berlin/ Thu, 03 Jan 2019 11:31:57 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/01/ivan-berlin.jpg 2494 2462 122 0 <![CDATA[Meilleurs vœux pour 2019]]> https://sante-respiratoire.com/meilleurs-voeux-pour-2019/ Mon, 07 Jan 2019 15:35:56 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2507 2507 0 228 0 <![CDATA[AssociationBPCO_Voeux_2019]]> https://sante-respiratoire.com/meilleurs-voeux-pour-2019/ok-cartedevoeux-bpco-carre-04012019/ Mon, 07 Jan 2019 15:34:44 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/01/Ok-Cartedevoeux-BPCO-Carré-04012019.png 2509 2507 119 0 <![CDATA[Manifeste sur les enjeux de la réhabilitation respiratoire]]> https://sante-respiratoire.com/manifeste-sur-les-enjeux-de-la-rehabilitation-respiratoire/ Sat, 15 Dec 2018 14:00:53 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2511 Pour lire le Manifeste : ICI]]> 2511 0 235 0 <![CDATA[Manifeste-Action-Souffle-12-12-18]]> https://sante-respiratoire.com/manifeste-sur-les-enjeux-de-la-rehabilitation-respiratoire/manifeste-action-souffle-12-12-18/ Mon, 07 Jan 2019 15:45:12 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/01/Manifeste-Action-Souffle-12-12-18.pdf 2515 2511 118 0 <![CDATA[ActionSouffle_Visuel_Décembre2018]]> https://sante-respiratoire.com/manifeste-sur-les-enjeux-de-la-rehabilitation-respiratoire/actionsouffle_visuel_decembre2018/ Mon, 07 Jan 2019 15:50:51 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2018/12/ActionSouffle_Visuel_Décembre2018.png 2518 2511 117 0 <![CDATA[Valves Zephyr_Pulmonix_emphysème]]> https://sante-respiratoire.com/traitements-endoscopiques-innovants-que-peut-on-en-attendre/valves-zephyr_pulmonix_emphyseme/ Sun, 13 Jan 2019 19:31:24 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/01/Valves-Zephyr_Pulmonix_emphysème.jpg 2524 202 116 0 <![CDATA[Retrouvez-nous au CPLF du 25 au 27 janvier 2019]]> https://sante-respiratoire.com/retrouvez-nous-au-cplf-du-25-au-27-janvier-2019/ Tue, 22 Jan 2019 10:21:15 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2533
  • L'équipe organisatrice des journées Golf & BPCO
  • mais aussi la start'up BiOSENCY qui propose un dispositif médical de télésuivi et de prévention dédié aux insuffisants respiratoires chroniques. Celui-ci mesure les paramètres cardio-respiratoires au repos et à l’effort en ambulatoire.
  • La plateforme FORMeDOC
  • Et le projet AgoraBPCO auquel l'association a remis son prix au Repirh@cktion.
  • Venez-nous retrouver sur notre stand (G) !
    Pour en savoir plus sur le congrès et le programme : ICI.
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    <![CDATA[AssociationBPCO_CPLF_2019]]> https://sante-respiratoire.com/retrouvez-nous-au-cplf-du-25-au-27-janvier-2019/associationbpco_cplf_2019/ Tue, 22 Jan 2019 10:08:47 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/01/AssociationBPCO_CPLF_2019.png 2536 2533 113 0 <![CDATA[Vivre la BPCO en Thaïlande…]]> https://sante-respiratoire.com/vivre-la-bpco-en-thailande/ Tue, 29 Jan 2019 07:00:27 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2550 La vie de Michel Hermann, 73 ans, est une pièce de théâtre qui nous transporte dans des contrées lointaines. La maladie bronchopneumopathie chronique obstructive y joue un rôle prépondérant. Vivre la BPCO en Thaïlande…Plantons le décor : La ville de Sukhothai, petite capitale provinciale de 25 000 habitants située à 450 km au nord de Bangkok en Thaïlande. Sous ce climat subtropical, les températures moyennes annuelles oscillent entre 34°C le jour et 26°C la nuit, avec des maxima à 42°en avril/mai et des minima de 20 degrés en décembre/janvier. Le taux d’humidité atteint environ 98% la nuit et 55 % le jour. Le personnage principal est Michel Hermann, l’un des anciens rédacteurs en chef de l’Agence France-Presse, cofondateurs de la revue l’Hebdomadaire à Marseille puis d’Al Ahram Hebdo au Caire, attaché culturel de l'Ambassade de France à Bangkok dans les années 90 et un temps membre du Haut Conseil de la francophonie à Paris. Cet aventurier a posé ses valises à Sukhothai il y a vingt ans où il a créé avec son épouse un Hôtel-Boutique. Il est atteint de bronchopneumopathie chronique obstructive au stade sévère de la maladie (Volume expiratoire maximal par seconde de 28%). L’intrigue : comment vivre sous des températures particulièrement chaudes lorsque l’on est atteint de BPCO au stade sévère, que son pneumologue consulte en France à Lyon, et que la majorité des médicaments prescrits n’est pas disponible en Thaïlande ? Au téléphone, avec en fond des cris d’oiseaux exotiques, Michel Hermann nous raconte sa vie, sa maladie, qu’il a une solution pour tout et une volonté de fer. Il est 18h à Sukhothai et la température dépasse encore les 30°C (6 heures de décalage horaire avec la France). « Ancien gros fumeurs (deux paquets par jour de blondes) et gros buveur d’alcool pendant ma carrière de journaliste, puis comme diplomate, j’ai bien sûr arrêté il y a plus de dix ans. Trop tard pour éviter une BPCO », reconnait-il. « Mon hygiène de vie pendant plusieurs décennies n’était pas très bonne, entre addictions diverses, stress, peu d’activité physique et manque de sommeil. De petites alertes se sont manifestées vers 45 ans. Puis en 2006, à 61 ans, une exacerbation majeure m’a fait stopper le tabac et a permis de poser une étiquette sur mes problèmes de santé : je souffre de BPCO. Les hospitalisations en Thaïlande se sont succédées, où j’ai été très bien pris en charge pour mes exacerbations mais pas pour un traitement de fond. C’est pourquoi, depuis l’âge de 68 ans, je reviens deux fois par an en France afin d’être suivi par un médecin pneumologue près de Lyon, où habite ma fille, pour l’adaptation d’un traitement au long cours. En ce moment, les exacerbations s’enchaînent tous les dix jours, avec la nécessité d’être sous corticoïdes et antibiotiques. Je reste cependant encore très actif -trop selon les médecins- mais c’est dans ma nature. J’ai un moral d’acier. Je peux vivre avec la maladie, je conserve mon optimisme. Le plus dur est de devoir réduire mes activités, d’être contraint dans mes déplacements ». Faute de pouvoir se procurer des médicaments équivalents entre la France et la Thaïlande (forme d’administration, concentration en principe actif, composition etc.), sa fille lui envoie chaque mois depuis la France ses médicaments, en très petites quantités, afin qu’ils passent la douane sans encombre. Par ailleurs, la femme de Michel, thaïlandaise, est une experte dans la pratique du yoga. Elle lui a enseigné la manière de contrôler le couple cœur/respiration, indispensables afin de maîtriser ses crises de panique où son cœur s’emballe (la « tachycardie sinusale » n’est pas due à un problème cardiaque mais à une adaptation du cœur à une circonstance particulière).
    Un imaginaire poétique, suggéré par la BPCO
    Michel vit dans une vaste maison en teck, où il a aménagé une chambre semi-médicalisée, équipée d’une climatisation, d’un purificateur d’air, d’un nébuliseur et d’un extracteur de particules afin de limiter les poussières. « Mon métabolisme s’est habitué à ce climat et ma BPCO ne s’en est pas trouvé aggravée pour autant », fait-il remarquer. « J’ai passé dix années à prendre un certain médicament ; outre les insomnies, j’ai alors souffert de terribles pertes de mémoire. J’ai alors décidé de m’astreindre à apprendre des poésies pour réentraîner ma mémoire, à raison de six heures quotidiennes ». Ce qui lui a donné envie de prendre la plume et d’écrire des Petites Chroniques en vers, souvent illustrées, sur la Thaïlande, la France, ici et ailleurs sur les choses de la vie. Certaines ont été publiées en français dans Gavroche, un magazine d’information asiatique. Il compte publier l’ensemble de sa prose, soit deux volumes de quatre cents pages. Trois de ces poésies ont trait à la BPCO (lire les poèmes en bas de l'article). « Ecrire permet de passer le temps lors des crises répétées qui me clouent au lit, à la maison ou à l’hôpital (Bangkok Hospital de Phitsanulok), explique-t-il. Ecrire permet de penser à autre chose qu’à la maladie, présente en permanence et qui finit par vous obséder ». Alors, la Thaïlande, une villégiature idéale pour les personnes atteintes de BPCO ? « Si les établissements hospitaliers prennent parfaitement en charge la maladie en cas de crises, répond sans hésiter Michel, avec la possibilité de suivre des programmes de réhabilitation respiratoire (en anglais ou en thaï), le suivi sous traitement de fond laisse à désirer ». Néanmoins, Michel entend bien profiter du reste de sa vie chez lui, en Asie : « les frais engendrés par une infirmière à domicile sont tout à fait abordables pour qui reçoit une retraite française même modeste, incomparables avec les charges d’une maison de retraite médicalisée ». Les températures élevées ne sont pas une contrainte majeure, en dehors des pics au-delà de 37°C. Michel, lui est un habitué parfaitement équipé, même si lors des périodes chaudes (42°) en avril-mai, il reprend le chemin de la France. Il déconseille cependant de partir à l’aventure sous des températures extrêmes et dans des pays où le système de soin est bien éloigné du modèle français. Propos recueillis par Hélène Joubert, journaliste. Une nuit en enfer Les infirmières rose-bonbons Rêve de France]]>
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    <![CDATA[BPCO et altitude font-ils bon ménage ?]]> https://sante-respiratoire.com/bpco-et-altitude-font-ils-bon-menage/ Mon, 25 Mar 2019 14:00:54 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2704

    Samuel Vergès est spécialisé dans l’étude des réactions de l’organisme soumis à une privation d’oxygène (hypoxie). Il rentre tout juste du Pérou. Son équipe constituée d’une quinzaine de scientifiques internationaux a étudié les adaptations du corps à la vie en très haute altitude, à La Rinconada, la ville la plus haute du monde, juchée à 5 300m. Là, vivent 50 000 habitants dans un environnement extrême qui pousse le corps humain dans ses retranchements. Le Dr Samuel Vergès nous parle de l’effet de l’altitude chez les personnes souffrant de BPCO.

    Que cherchiez-vous à étudier en passant plus d’un mois parmi les habitants de la Rinconada ?

    Dr Samuel Vergès, Responsable de l’Expédition 5300*, chercheur à l’INSERM, Laboratoire HP2 (U 1042), Université Grenoble Alpes et UM Sports Pathologies au CHU Grenoble : « Nous y avons étudié les adaptations de ces habitants à un environnement disposant de moitié moins d’oxygène qu’au niveau de la mer ainsi que le mal chronique des montagnes, chez des personnes dont la saturation en oxygène du sang artériel est d’environ 80% de façon permanente. Afin de tolérer ce manque d’oxygène au long cours, leur organisme produit de plus en plus de globules rouge, leur hématocrite (proportion de globules rouges dans le sang) pouvant atteindre 80% (contre environ 40% pour des habitants de plaine), ce qui a pour conséquence de rendre leur sang beaucoup plus visqueux. Peu fluide, celui-ci peine à circuler dans les vaisseaux sanguins. Le cœur force pour compenser ce ralentissement de la circulation, d’où des problèmes cardiovasculaires et des symptômes de mal chronique des montagnes, rencontrés chez 25% de la population, avec un risque accru d’accident cardiaque, d’accident vasculaire cérébral, d’hypertension artérielle pulmonaire… »  

    Les effets de la privation d’oxygène (hypoxie) produit des effets délétères mais aussi positifs ?

    « L’hypoxie peut être envisagée au moins en partie de la même façon que l’activité physique : une pratique trop intense sans progression peut produire de fâcheuses conséquences (courbatures, blessures, etc.). En revanche, une pratique régulière et un entraînement progressif permettent au corps de s’adapter. Être soumis à une hypoxie sévère et soudaine, en se rendant directement en haute altitude par exemple, peut entraîner des difficultés d’acclimatation voire des troubles respiratoires graves. A l’inverse, être exposé à une dose adaptée d’hypoxie, de manière modérée, régulière et contrôlée peut produire des effets protecteurs et réparateurs sur l’organisme et lui permettre de développer des mécanismes défensifs et adaptatifs contre le stress dû au manque d’oxygène. Nous conduisons des protocoles de recherche chez certains patients utilisant un degré d’hypoxie simulant une altitude assez élevée durant une heure, trois fois par semaine. Nous pensons que l’on pourrait traiter un certain nombre de maladies cardiovasculaires et respiratoires par l’hypoxie agissant tel un stress physiologique, au repos ou à l’effort, susceptibles d’induire des mécanismes de protection voire de régénération ».

    Sans prévoir de déménager à de telles altitudes, que se passe-t-il lorsque l’on passe plusieurs semaines aux alentours de 3 000 m ou quelques jours à 4000 m ?

    « Le manque d’oxygène disponible en altitude stimule la respiration, à l’effort comme au repos. La ventilation augmente afin de compenser en partie ce moindre taux d’oxygène dans l’air. L’essoufflement apparaît, associé à une diminution des capacités à l’effort. La qualité de l’air varie aussi. Il devient souvent plus froid et sec en altitude, ce qui peut potentiellement être problématique chez les personnes asthmatiques avec un risque accru de crises d’asthme.

    En altitude, comme un "sujet sain", une personne BPCO va donc « désoxygéner » son sang. Avec une différence : le sujet sain part d’une saturation artérielle en oxygène de 98% en plaine et subira une désaturation de 10% environ à 3000 m par exemple alors qu’un sujet BPCO partira d’une saturation éventuellement moindre déjà en plaine, et pourra avoir plus de mal à compenser, avec un essoufflement plus marqué. Néanmoins, certaines études ont montré qu’une personne BPCO dont l’état de santé est stable, peut monter jusqu’à 3 000-3 500 m d’altitude sans problème particulier, à la condition d’une évaluation médicale préalable et d’être capable de tolérer l’effort physique éventuellement associé ».

    Une affection pulmonaire -stabilisée - ne prive donc pas les personnes BPCO de la beauté des régions d‘altitude ?

    « Une personne BPCO peut envisager avec son médecin un voyage en altitude modérée.Bien sûr, plus la BPCO est sévère, plus il faut être précautionneux. On a eu tendance par le passé à dramatiser par exemple la désaturation à l’effort mais c’est plus souvent l’hypercapnie (taux trop élevé de dioxyde de carbone dans le sang artériel) qui est délétère chez le patient BPCO. A l’inverse, le sujet sain, lui, devient hypocapnique à l’effort en altitude car il expire une quantité accrue de CO2.

    En altitude modérée, le patient BPCO doit prendre certaines précautions lors d’un effort physique comme ralentir son rythme de marche, accepter d’être plus essoufflé, envisager un accès rapide à une prise en charge médicale. Le problème est plus souvent le surcroit d’activité physique que l’altitude en elle-même, car les malades BPCO conservent des capacités d’adaptation à l’altitude ».

    Existe-t-il des risques particuliers dans le cas d’une BPCO ?

    « Difficile de prédire l’influence de l’altitude sur le degré d’obstruction bronchique. En théorie, la diminution de la densité en haute altitude peut réduire les résistances et améliorer les débits de l’air. Cependant, cet effet bénéfique pourrait être contrebalancé par le fait que l’hypoxie, et surtout l’exposition au froid, peuvent aggraver l’obstruction bronchique.

    Un autre problème lié à la BPCO en relation avec l’altitude est l’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) pouvant être accrue par l’hypoxie d’altitude.

    Quant à la survenue d’un pneumothorax spontané chez les patients souffrant d’un emphysème avec des lésions bulleuses, contrairement à la plongée, la cinétique de la différence de pression est insuffisante pour accroître significativement la taille des bulles ».

    Quelle est l’évaluation médicale minimale ?

    « Chez les personnes BPCO comme en population générale, il existe une importante variabilité interindividuelle en termes de capacité à tolérer l’altitude. La visite médicale concerne un contrôle de la pathologie respiratoire. En effet, pour les séjours en altitude, la question cruciale est de savoir si le patient peut maintenir des valeurs acceptables de PaO2, reflet de la quantité d’oxygène transportée par le sang et délivrée aux organes, ou s’il nécessite la prescription médicale d’une oxygénothérapie supplémentaire. Une consultation spécialisée pourra déterminer les capacités à l’effort physique avec une épreuve d’effort. Une évaluation pourra également être conduite en altitude simulée afin d’évaluer les capacités cardiorespiratoires d’adaptation à l’hypoxie.

    Le médecin effectuera une gazométrie sanguine (analyse des gaz du sang consistant à mesurer l’acidité, les niveaux d’oxygène et de dioxyde de carbone dans le sang artériel).

    Enfin, il prendra en compte l’ensemble des comorbidités, c’est-à-dire les maladies associées (diabète etc.) ».

    Que faut-il ne surtout pas négliger dans sa préparation ?

    « Il faut aussi vérifier que les traitements seront accessibles sur place (capacité de certaines machines à fonctionner dans le froid et une moindre pression atmosphérique etc.) ou encore la possibilité de redescendre en plaine très rapidement.

    Un traitement de secours doit être prévu en cas d’exacerbation (bronchodilatateurs, oxygène, antibiotiques, etc) ».

    Où se rendre lorsque l’on a un projet de partir en altitude ?

    « Pour préparer un trekking, un voyage sur des hauts plateaux ou simplement séjourner dans des stations des Alpes, il existe des Consultations de Médecine de Montagne installées dans diverses structures hospitalières**.

    Consulter peut aussi être judicieux lors d’un voyage transatlantique en avion à près de 10 000m d’altitude, afin de déterminer s’il y a besoin d’organiser de l’oxygène supplémentaire. En effet, cela revient à passer 10 h à 2 000-2 500 m. Par exemple, le test « fit to fly » en condition hypoxique évalue l’adaptation de l’organisme avec la saturation artérielle en O2, la fréquence cardiaque etc.

    Toute personne ayant un projet particulier un peu « hors norme » devrait consulter dans ces centres de médecine de montagne, où seront étudiés la vitesse d’ascension, l’accès aux secours ou le risque de mal aigu de montagnes. Celui-ci ne survient qu’au bout de 6-8h minimum après une ascension et peut dégénérer en œdème pulmonaire ou cérébral de haute altitude. Des conseils sont délivrés à cette occasion, comme de se limiter à une différence d’altitude de 300 à 500 m au maximum entre deux nuits au-dessus de 2 500-3 000m ou encore sur le choix de l’équipement (port de l’oxygène en tout-terrain, recharges, augmentation de l’oxygène en fonction de l’altitude…)

    Enfin, les nuits sont critiques car l’altitude ajoute des perturbations respiratoires (respiration périodique ou apnée centrale) supplémentaires au syndrome des apnées obstructives du sommeil, une pathologie parfois constatée chez les patients BPCO. Les patients ayant un appareillage CPAP (continuous positive airway pressure) ou une oxygénothérapie à domicile doivent continuer ce traitement".

    * Plus de renseignement sur le site www.expedition5300.com

    ** Liste des consultations de médecine des montagnes : http://www.exalt-association.org/annuaire/ http://www.arpealtitude.org/objectifs/prevention/consultations/consultations.html

    Propos rapportés par Hélène Joubert, journaliste, sur la base d’un interview de Samuel Vergès.

    Crédit photos : Tom Bouyer Expédition 5300

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    <![CDATA[MaiPoumons, le Village : retrouvez-nous les 4 & 5 Mai à Bordeaux et à Marseille !]]> https://sante-respiratoire.com/maipoumons-retrouvez-nous-a-bordeaux-et-marseille/ Fri, 19 Apr 2019 06:00:44 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2734

    MAI POUMONS, Le Village, c’est le souhait de sensibiliser le grand public au rôle clé du poumon. L

    C'est avec plaisir que l'association BPCO s'associe cette année encore à ces journées d'information et de sensibilisation dédiées aux poumons.

    Venez nous retrouver dans les Villages :

    Accès libre et gratuit

    https://youtu.be/Wzk9B1Eqkmg
    MaiPoumons Bordeaux, Quai Richelieu, Dimanche 5 Mai, de 10 à 18h30

    De nombreuses autres associations vous attendront et vous accueilleront dans le village pour un moment de détente instructif et une expérience de prévention individuelle et collective unique autour de la santé du poumon et de son environnement.

    Parlez-en autour de vous !

    L’Association Mai Poumons

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    <![CDATA[Golf_BPCO_Journées_Association]]> https://sante-respiratoire.com/journees-golf-bpco-participez/golf_bpco_journees_association/ Thu, 16 May 2019 10:10:57 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/05/Golf_BPCO_Journées_Association.jpg 2801 2780 71 0 <![CDATA[02c1ca9f-9230-4050-aa61-62f17cdf8344]]> https://sante-respiratoire.com/vivre-la-bpco-en-thailande/02c1ca9f-9230-4050-aa61-62f17cdf8344/ Wed, 23 Jan 2019 14:58:52 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/01/02c1ca9f-9230-4050-aa61-62f17cdf8344.jpg 2551 2550 112 0 <![CDATA[Michel Hermann, 73 ans]]> https://sante-respiratoire.com/vivre-la-bpco-en-thailande/michel-hermann-73-ans/ Wed, 23 Jan 2019 14:59:00 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/01/Michel-Hermann-73-ans.jpg 2552 2550 111 0 <![CDATA[BPCO_Témoignage]]> https://sante-respiratoire.com/vivre-la-bpco-en-thailande/michelhermann_association-bpco_temoignage/ Wed, 23 Jan 2019 15:08:31 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/01/MichelHERMANN_Association-BPCO_Témoignage.jpg 2553 2550 110 0 <![CDATA[Michel-Hermann_Les infirmières rose-bonbons_BPCO]]> https://sante-respiratoire.com/vivre-la-bpco-en-thailande/michel-hermann_les-infirmieres-rose-bonbons_bpco/ Wed, 23 Jan 2019 15:11:44 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/01/Michel-Hermann_Les-infirmières-rose-bonbons_BPCO.pdf 2556 2550 109 0 <![CDATA[Cancer du poumon : à quand un dépistage systématique chez les fumeurs pour sauver des vies ?]]> https://sante-respiratoire.com/cancer-du-poumon-a-quand-un-depistage-systematique-chez-les-fumeurs-pour-sauver-des-vies/ Tue, 29 Jan 2019 07:00:38 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2558 Pr Charles-Hugo Marquette, chef du service de pneumologie au CHU de Nice[/caption]

    7 500 vies pourraient être épargnées grâce à un dépistage systématique du cancer du poumon par scanner thoracique chez les gros fumeurs ou ex-fumeurs de plus de 50 ans. Pour le Pr Charles-Hugo Marquette, chef du service de pneumologie au Centre Hospitalier Universitaire de Nice, une telle politique de dépistage dans l’Hexagone est urgente. Avec une trentaine d’experts cancérologues, pneumologues et radiologues, il monte au créneau pour réclamer sa mise en place. Il s’explique au micro de l’Association BPCO.

     
    200 morts par jours sont dues au tabac. Quelle est la part du cancer du poumon ?
    Pr CH Marquette : 50% des décès liés au tabagisme ont une cause cardiovasculaire. 30% sont dus au cancer du poumon. Les 20% restants sont des cancers ORL ou de la vessie, des accidents vasculaires cérébraux etc. La BPCO représente à peine 10% de ces décès. En effet, les personnes BPCO décèdent principalement de causes cardiaque et cancéreuse, du fait des progrès de l’oxygénothérapie.  
    Aujourd’hui, dépiste-t-on trop tardivement le cancer du poumon ?
    Actuellement, les trois-quarts des cancers du poumon sont diagnostiqués à un stade localement avancé ou disséminé dans l’organisme, c’est-à-dire qu’ils sont non opérables. Une politique de dépistage ciblé permettrait d’inverser exactement la proportion : 75% des cancers du poumons seraient alors opéables et, de ce fait, guérissables. En France, sur les 31 000 morts du cancer du poumon chaque année, un tel dépistage pourrait sauver 7 500 vies. Les Etats-Unis, le Canada et l’Australie ont déjà sauté le pas.  
    Dans quels cas fait-on passer un scanner thoracique ?
    L’indication actuelle du scanner thoracique n’est pas le dépistage du cancer du poumon mais l’exploration de symptômes cliniques, tels une toux durable, un amaigrissement, du sang dans les crachats... Car la particularité du cancer du poumon est d’être longtemps asymptomatique (entre 6 et 18 mois). Comme il n’y a pas de « nerf de la douleur » dans le poumon, une tumeur (nodule) peut donc croître incognito. Une boule de la taille d’un pamplemousse dans le poumon ne provoque généralement aucun symptôme. Lorsque qu’il se manifeste, le cancer se trouve déjà à un stade trop avancé. Ce qu’il faut savoir est que le scanner (tomodensitométrie) à basse dose du thorax est peu irradiant. Image de nodule pulmonaire sur une tomodensitométrie (scanner) à basse dose du thorax (flèche) (droits : Ch-H Marquette, CHU Nice)
    Le dépistage prend donc tout son sens parce que le cancer du poumon n’est que tardivement symptomatique ?
    En effet, ce premier argument justifie l’acte de dépistage. Mais il y en a d’autres comme le fait de posséder un traitement efficace dans les formes localisées et précoces, et l’identification d’une population cible (les plus de 50 ans, ex ou actuels gros fumeurs). Enfin, depuis novembre 2018 des preuves incontestables sont apparues en faveur du bénéfice d’un dépistage dans cette population cible en termes de décès évités. L’étude belgo-néerlandaise Nelson (Nederlands-Leuven Screening ONderzoek)** dont les résultats préliminaires ont été présentés au 19ème congrès du WCLC (World Conference on Lung Cancer) fin 2018 à Toronto (Canada) affirme que grâce au dépistage systématique, la mortalité liée au cancer du poumon serait réduite de 25 %, voire un peu plus chez les femmes, ce qui est considérable. Une étude américaine (National Lung Screening Trial)* avait déjà chiffré en 2011 une réduction de la mortalité de 20%, et une réduction de 7% de la mortalité générale (toutes causes confondues). Ces résultats avait conduit à plusieurs recommandations et avis d’experts en faveur du dépistage. La technologie et les techniques d’interprétation ont été optimisées dans l’essai NELSON, permettant d’améliorer largement les performances du dépistage comparé à l’étude américaine.  
    Quelles sont les personnes qui devraient bénéficier du dépistage du cancer du poumon ?
    Il s’agirait de proposer un scanner thoracique à partir de 50 ans chez les individus à risque, une population qui reste à définir précisément (fumeurs ou ex-gros fumeurs). La Haute Autorité en Santé française a refusé en 2016 de mettre en place ce dépistage. Gageons qu’elle changera d’avis au vu de ces nouvelles données. Notre groupe d’experts*** en appelle au Ministère de la Santé et des Solidarités (conformément à sa stratégie nationale de santé 2018-2022), à l’Institut National du Cancer (dans le cadre du Plan cancer 2014-2019) et à la Haute Autorité de Santé pour initier rapidement une réflexion sur les modalités de sa mise en œuvre. Le dépistage du cancer du poumon pourrait être facilement financé par une infime partie du prix du tabac (moins de 10 centimes par paquet de cigarettes) ****.   La mise en place de ce dépistage est-elle réaliste en France, au vu du parc restreint de scanners et de la démographie des radiologues thoraciques ? En effet, les moyens techniques et humains seraient insuffisants. Les services de pneumologie oncologique seraient vite saturés. Tous ces points doivent être étudiés et l’organisation doit se mettre en place progressivement. Néanmoins, en attendant, les structures actuelles seraient en mesure d’absorber la montée en puissance du dépistage, au fur et à mesure qu’il entrera dans les mœurs. Cela prendra du temps, comme dans le dépistage du cancer du sein ou colorectal. Aux Etats-Unis, 5 ans après le top départ du dépistage du cancer du poumon, moins de 4% de la population cible a effectivement réalisé un scanner thoracique de dépistage. L’un des freins majeurs est la stigmatisation de ce cancer lié au tabagisme. Mais l’insuffisance de moyens serait principalement due à la persistance d’une « zone grise » du dépistage du cancer du poumon. En effet, le problème des anomalies non cancéreuses n’est pas encore parfaitement réglé. Je m’explique : au scanner, un tiers de la population cible se voit détecter une anomalie appelée « nodule de nature indéterminée ». Dans la population dépistée, seulement 1% a réellement un cancer du poumon. Environ 30% ont un nodule qui n’est pas cancéreux. Aujourd’hui, pour ne pas passer à côté d’un nodule cancéreux, il faut donc proposer un scanner de façon répétée tous les 3 à 6 mois à l’ensemble des personnes ayant un « nodule de nature indéterminée ». Le fardeau énorme du « nodule de nature indéterminée » est responsable de scanners thoraciques itératifs, avec trop peu de scanners pour y faire face, de procédures de diagnostic coûteuses en aval et d’une anxiété inutile pour les personnes concernées. Cela ne remet pas en question le bien fondé du dépistage dont la mise en place devrait être immédiate, mais il y a encore matière à trouver les moyens de l’optimiser, en termes de flux de patients, d’algorithmes décisionnels et de prise en charge en aval du dépistage. Par exemple, aux Etats-Unis, des « Cliniques du nodule » ont été créés. Des projets de recherche, dont certains font appel à l’intelligence artificielle, ont été déposés, visant à optimiser et à mettre en pratique le dépistage par scanner. L’idée étant de partir du résultat du scanner et de compléter l’évaluation par d’autres éléments, qu’ils soient biologiques, cliniques, antécédents personnels et familiaux etc. Propos recueillis par Hélène Joubert, journaliste, le 04/01/19.   Références : * N Eng J Med. 2011; 365: 395-409 ** De Koning H-J. et al. WCLC2018 Meeting, Toronto, #PL02.05 *** Fichier **** Rev Mal Respir. 2017 Sep;34(7):717-728]]>
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    <![CDATA[NODULE PULMONAIRE (fleche)]]> https://sante-respiratoire.com/cancer-du-poumon-a-quand-un-depistage-systematique-chez-les-fumeurs-pour-sauver-des-vies/nodule-pulmonaire-fleche/ Wed, 23 Jan 2019 15:28:41 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/01/NODULE-PULMONAIRE-fleche.jpg 2559 2558 108 0 <![CDATA[Pr_Marquette_Association_BPCO]]> https://sante-respiratoire.com/cancer-du-poumon-a-quand-un-depistage-systematique-chez-les-fumeurs-pour-sauver-des-vies/marquette_portrait/ Wed, 23 Jan 2019 15:30:00 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/01/Marquette_portrait.jpeg 2560 2558 107 0 <![CDATA[Associatio-BPCO-cancer-dépistage-article]]> https://sante-respiratoire.com/cancer-du-poumon-a-quand-un-depistage-systematique-chez-les-fumeurs-pour-sauver-des-vies/associatio-bpco-cancer-depistage-article/ Wed, 23 Jan 2019 18:44:32 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/01/Associatio-BPCO-cancer-dépistage-article.jpg 2565 2558 106 0 <![CDATA[HermannMichel_Rêve de France_AssociationBPCO]]> https://sante-respiratoire.com/vivre-la-bpco-en-thailande/hermannmichel_reve-de-france_associationbpco/ Wed, 23 Jan 2019 18:57:22 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/01/HermannMichel_Rêve-de-France_AssociationBPCO.pdf 2567 2550 105 0 <![CDATA[HermannMichel_Une nuit en enfer_AssociationBPCO]]> https://sante-respiratoire.com/vivre-la-bpco-en-thailande/hermannmichel_une-nuit-en-enfer_associationbpco/ Wed, 23 Jan 2019 18:57:24 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/01/HermannMichel_Une-nuit-en-enfer_AssociationBPCO.pdf 2568 2550 104 0 <![CDATA[Communiqué-presse-dépistage-cancer-poumon]]> https://sante-respiratoire.com/cancer-du-poumon-a-quand-un-depistage-systematique-chez-les-fumeurs-pour-sauver-des-vies/communique-presse-depistage-cancer-poumon/ Thu, 24 Jan 2019 15:15:26 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/01/Communiqué-presse-dépistage-cancer-poumon.pdf 2571 2558 103 0 <![CDATA[CPLF_2019_Association_BPCO]]> https://sante-respiratoire.com/retrouvez-nous-au-cplf-du-25-au-27-janvier-2019/cplf_2019_association_bpco/ Mon, 28 Jan 2019 13:01:33 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/01/CPLF_2019_Association_BPCO.jpg 2577 2533 102 0 <![CDATA[CPLF_2019_Golf_BPCO_Association_BPCO]]> https://sante-respiratoire.com/retrouvez-nous-au-cplf-du-25-au-27-janvier-2019/cplf_2019_golf_bpco_association_bpco/ Mon, 28 Jan 2019 13:01:38 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/01/CPLF_2019_Golf_BPCO_Association_BPCO.jpg 2578 2533 101 0 <![CDATA[CPLF_AssociationBPCO_2019_stand]]> https://sante-respiratoire.com/retrouvez-nous-au-cplf-du-25-au-27-janvier-2019/cplf_associationbpco_2019_stand/ Mon, 28 Jan 2019 13:01:42 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/01/CPLF_AssociationBPCO_2019_stand.jpeg 2579 2533 100 0 <![CDATA[CPLF_2019_Association_BPCO_H]]> https://sante-respiratoire.com/retrouvez-nous-au-cplf-du-25-au-27-janvier-2019/cplf_2019_association_bpco_h/ Mon, 28 Jan 2019 17:11:05 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/01/CPLF_2019_Association_BPCO_H.jpg 2580 2533 99 0 <![CDATA[CPLF_2019_Association_BPCO_27-01-2019]]> https://sante-respiratoire.com/retrouvez-nous-au-cplf-du-25-au-27-janvier-2019/cplf_2019_association_bpco_27-01-2019/ Mon, 28 Jan 2019 17:12:20 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/01/CPLF_2019_Association_BPCO_27-01-2019.jpg 2581 2533 98 0 <![CDATA[Coup d’envoi de la première enquête française « Sexualité & BPCO » !]]> https://sante-respiratoire.com/coup-denvoi-de-la-premiere-enquete-francaise-sexualite-bpco/ Tue, 12 Mar 2019 07:00:38 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2673 Aidez-nous à améliorer la prise en charge de votre BPCO et votre qualité de vie en partageant votre expérience, votre vécu et votre ressenti. Faites passer le message ! Le Dr Frédéric le Guillou, président de l’Association BPCO et toute l’équipe de l’association. RÉPONDRE A l’ENQUÊTE
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    <![CDATA[BPCO_Altitude_Dr_Samuel_Verges]]> https://sante-respiratoire.com/bpco-et-altitude-font-ils-bon-menage/credit-photo-tom-bouyerexpedition5300-2/ Mon, 25 Mar 2019 10:11:39 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/03/credit-photo-Tom-BouyerExpédition5300-2.jpg 2707 2704 83 0 <![CDATA[BPCO_Altitude_Verges_Article]]> https://sante-respiratoire.com/bpco-et-altitude-font-ils-bon-menage/sommeil_air_interieur_conseils_allergies-750x500/ Mon, 25 Mar 2019 10:11:51 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/03/Sommeil_air_intérieur_conseils_allergies-750x500.jpg 2708 2704 82 0 <![CDATA[L’ACTU EN BREF]]> https://sante-respiratoire.com/lactu-en-bref/ Mon, 25 Mar 2019 14:00:24 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2713

    En direct du 23ème Congrès de Pneumologie de Langue Française (25-27 janvier 2019, Marseille, CPLF). Tour d’horizon des communications scientifiques.

    L’hypnose, un intérêt dans la dyspnée de la BPCO sévère

    L’équipe du Centre hospitalier Bligny (Briis Sous Forges) a évalué l’effet de l’hypnose sur la difficulté respiratoire (dyspnée) et sa composante anxieuse dans la BPCO sévère sous oxygénothérapie au long cours. Elle a conclu à son effet bénéfique sur la dyspnée avec une diminution observée de la fréquence respiratoire et la réduction de l’anxiété.   

    BPCO, attention à la fonte musculaire !

    La BPCO s’accompagne d’une perte de masse musculaire. Associée à une diminution des performances physiques, elle définit la sarcopénie. Une équipe du CHUGabriel -Montpied à Clermont-Ferrand a chiffré la prévalence de la sarcopénie chez des personnes ayant une insuffisance respiratoire chronique, à l’occasion d’une hospitalisation pour exacerbation aigüe de la maladie. Leur conclusion : la fonte musculaire est fréquente dans la BPCO chez près de la moitié d’entre eux. L’âge moyen de ces personnes BPCO était de 68 ans et le VEMS moyen de 45%. La sarcopénie, mesurée par l’Indice de masse musculaire squelettique, s’améliorait à six mois, uniquement chez les hommes et presque exclusivement chez ceux qui prenaient des compléments nutritionnels oraux. Conserver une activité physique, garante d’une masse musculaire suffisante est indispensable. En effet, à un an, le taux de survie était plus faible chez les patients sarcopéniques.  

    Les femmes atteintes de BPCO, plus souvent exacerbatrices

    La BPCO gagne les femmes. L’analyse des femmes BPCO de la cohorte française Palomb dresse quelques constats : comparativement aux hommes, les femmes sont plus jeunes, plus minces, ont plus souvent un tabagisme actif et plus de distension thoracique et de dyspnée. Elles souffrent moins fréquemment d’une BPCO sévère. Le profil "exacerbateur fréquent" (deux exacerbations ou plus par an) était plus fréquent chez elles, comme l’anxiété et la dépression. On retrouve donc, chez les femmes BPCO, deux facteurs de mauvais pronostic : les exacerbations fréquentes et un indice de masse corporel inférieur à 21 kg/m2 (pour information : surpoids au-delà de 25 kg/m2).

    De l’importance d’évaluer la qualité de vie des patients BPCO

    Le retentissement de la BPCO sur la qualité de vie est prouvé et devrait être évalué chez chacun. Une étude algérienne l’a confirmé au moyen d’un questionnaire simple en pratique courante, le VQ11, qui apprécie le retentissement global de la maladie et son impact sur les composantes fonctionnelle, psychologique et relationnelle. Dans l’étude, 82% des patients ont une qualité de vie altérée, en majorité sur la composante fonctionnelle (77%) devant les composantes psychologique (61%) et relationnelle (47%).

    L’anémie, à ne pas sous-estimer

    L'érythropoïèse - processus par lequel l'organisme assure la production des globules rouge dans la moelle osseuse – est modifiée au cours de la BCPO, dans le sens d’une anémie ou, à l’inverse, d’un excès pathologique de globules rouges (polyglobulie). Une étude conduite au Maroc confirme la fréquence de l’anémie qui touche 38% des patients de l’échantillon dont 6% souffrent d’une anémie sévère. L’anémie, probablement secondaire à la dénutrition et à l’inflammation généralisée, est un facteur prédictif de la sévérité de la maladie et d’exacerbations. Elle est pourtant peu diagnostiquée chez les malades. Une étude tunisienne repère pour sa part que les patients BPCO anémiques sont plus dyspnéiques, avec un taux d’exacerbations aiguës plus élevé et une BPCO plus sévère. Conclusion : la prise en charge de la BPCO ne va pas sans celle de l’anémie.

    Hélène Joubert, journaliste

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    <![CDATA[« Pratiquer la sophrologie me permet de me reconnecter à la partie de moi-même qui va bien »]]> https://sante-respiratoire.com/pratiquer-la-sophrologie-me-permet-de-me-reconnecter-a-la-partie-de-moi-meme-qui-va-bien/ Mon, 25 Feb 2019 09:00:17 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2595 Cécile Burrough, 45 ans, thérapeute sophrologue et souffrant de BPCO (Toulouse) La vie de Cécile est intimement liée à la sophrologie. De nature enjouée et positive, Cécile sait néanmoins que la maladie BPCO dont elle souffre depuis l’âge de 38 ans pourrait facilement la faire basculer dans l’obsession et l’anxiété si elle n’y prenait pas garde. « Pratiquer la sophrologie me permet de me reconnecter à la partie de moi-même qui va bien et de ne pas m’identifier à cette maladie : je ne suis pas « BPCO », je suis « Cécile » et « j’ai une BPCO ». Cette précision sémantique compte beaucoup. La sophrologie permet de gérer cette manière délétère de voir sa vie car un individu n’est pas défini par la maladie. Cette technique contrôle le stress que la BPCO induit et évite même de le ressentir ». Cécile Burrough poursuit actuellement sa formation de psychanalyste et exerce depuis sept ans en tant que sophrologue, son activité professionnelle principale. « Lorsque je suis tombée malade, raconte-t-elle, hospitalisée pour un pneumothorax [remplissage d'air ou de gaz dans la cavité pleurale, entre les poumons et la cage thoracique, ndlr], j’avais déjà délaissé la sophrologie. En profonde dépression, j’ai pu alors constater à quel point cette thérapie était un outil formidable. En reprenant les exercices, j’ai pu aller mieux. J’ai testé la vie « sans », j’ai testé la vie « avec » la sophrologie et j’ai acquis la conviction que la sophrologie et la méditation sont des outils essentiels, non pas uniquement pour survivre mais pour « bien vivre », pour une vie intéressante, quel que soit l’état de santé, même si celui-ci est très dégradé. Bien entendu, cela exige des efforts. A partir du moment où le diagnostic de BPCO a été posé, je n’ai pas eu d’autre choix que de reprendre toutes les habitudes qui me faisaient du bien et étaient réellement importantes dans ma vie : le sport, ma formation de psychanalyste, la sophrologie et bien sûr l’arrêt de la cigarette. En un sens, la BPCO s’est convertie en une motivation au moment où j’étais en train de passer à côté de ma vie. La BPCO ne vous autorise à aucun laisser-aller ». Cécile est diagnostiquée malade BPCO très jeune, à l’âge de 38 ans, après des années de tabagisme. Sept années après, malgré l’arrêt du tabac et une hygiène de vie irréprochable, la maladie a évolué, passant du stade 2 au stade 3 avec un emphysème sévère, probablement du fait d’une anomalie congénitale sous-jacente. Récemment, la BPCO s’est stabilisée, alors même que Cécile débutait un bilan en vue d’une greffe pulmonaire. Désormais pressentie pour tester la technique d’ablation par vapeur thermique, elle vient de demander aux médecins une « pause » d’une année ; cette épée de Damoclès au-dessus de sa tête l’empêchait de se projeter concrètement dans sa vie. Cécile prendra donc, probablement, le chemin de l’hôpital Larrey (CHU de Toulouse) dans un an. En attendant, ravie, elle compte bien développer son activité de sophrologue et profiter de son nouveau domicile où elle a aménagé une salle de sport, son cabinet de sophrologie et une pièce attenante qui pourra accueillir une personne aidante (Cécile vit seule), le jour où elle devra être opérée.  

    La sophrologie apaise et soulage les maux du corps et de l'esprit

    Cécile est le thérapeute de personnes souffrant de maladies respiratoires et de cancers. Son objectif est de développer un travail avec des insuffisants respiratoires : « j’ai appris à gérer ma vie avec la maladie respiratoire. Mon expérience et mes connaissances en sophrologie peuvent servir aux autres. La BPCO, pathologie essoufflante, fatigante etc. peut rapidement devenir obsédante et anxiogène, et l’on peut très facilement se replier sur soi-même, voir l’avenir de manière assez sombre, se focaliser sur les activités dont la maladie nous prive. Or, quel que soit le stade de la BPCO, chacun peut, à sa mesure, redevenir acteur de sa vie et vaincre l’impression de subir la maladie, en s’appuyant sur la sophrologie et l’activité physique ». La sophrologie s’adresse à tous ceux qui désirent "se vivre" sereinement, même dans la maladie, du sportif à l’étudiant, pour accompagner un challenge, une intervention chirurgicale, une maladie ou en cas de dépression, de traumatisme … la sophrologie est un outil qui permet d’« accompagner ». L’un des avantages est de pouvoir le pratiquer seul, chez soi, de manière autonome. Le sophrologue travaille selon quatre axes principaux avec, en premier lieu, le ressenti corporel et le développement des sens (ressentir son corps dans la détente et non pas dans la crispation). « Personnellement, les douleurs dorsales chroniques dues à l’emphysème sont importantes, reconnait Cécile. La sophrologie permet de relâcher énormément de tensions, de se libérer au fur et à mesure de toute contraction autre que la douleur elle-même ». Le second axe concerne la respiration. Il s’agit de retrouver le plaisir de respirer, peu importe le stade de la BPCO. Le troisième axe fait appel à l’imaginaire. « La BPCO a tendance à orienter vers un imaginaire très négatif, explique Cécile. Récupérer la force de l’imaginaire, en positif et en constructif est un objectif de la sophrologie. Il s’agit de se positionner en conscience vers le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide ». Le quatrième axe porte sur l’induction cognitive, au moyen d’autosuggestions positives. « On part du principe que l’imaginaire crée la réalité, poursuit-elle, et que l’on finit par devenir ce que l’on pense de soi ». Cécile est membre du groupe Facebook « La BPCO Sportive ! Les Pathologies Respiratoires en Forme ! » et participe bénévolement à l’action Mai Poumons à Toulouse. Propos recueillis par Hélène Joubert, journaliste]]>
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    <![CDATA[BPCO_témoignage_sophrologie]]> https://sante-respiratoire.com/pratiquer-la-sophrologie-me-permet-de-me-reconnecter-a-la-partie-de-moi-meme-qui-va-bien/association_bpco_temoignage_sophrologie_burrough/ Wed, 20 Feb 2019 18:28:42 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/02/Association_BPCO_témoignage_sophrologie_Burrough.png 2596 2595 97 0 <![CDATA[Le tabac chauffé ou comment entretenir le tabagisme…]]> https://sante-respiratoire.com/le-tabac-chauffe-ou-comment-entretenir-le-tabagisme/ Mon, 25 Feb 2019 09:00:22 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2600 * décomposition chimique d'un composé organique par une augmentation importante de sa température pour obtenir d'autres produits qu'il ne contenait pas, réalisée en atmosphère pauvre en oxygène afin d’éviter l'oxydation et la combustion Hélène Joubert, journaliste  
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    Comment limiter les troubles cognitifs et anxiodépressifs dans la BPCO ? Envolée du cancer du poumon... chez la femme uniquement  ]]>
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    <![CDATA[Association_BPCO_tabac_chauffé]]> https://sante-respiratoire.com/le-tabac-chauffe-ou-comment-entretenir-le-tabagisme/association_bpco_tabac_chauffe/ Wed, 20 Feb 2019 18:55:35 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/02/Association_BPCO_tabac_chauffé.jpg 2601 2600 96 0 <![CDATA[Envolée du cancer du poumon... chez la femme uniquement]]> https://sante-respiratoire.com/envolee-du-cancer-du-poumon-chez-la-femme-uniquement/ Mon, 25 Feb 2019 09:00:08 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2604 2 500 cancers du poumon chez les femmes en 1990, 15 100 en 2018 ! Le cancer broncho-pulmonaire progresse chez les femmes, à mettre sur le compte du tabagisme féminin. Les derniers chiffres montrent que « le taux d’incidence du cancer du poumon est resté stable sur la période 1990-2018 chez l’homme (-0,1% par an) avec même, sur la période 2010-2018, une légère décroissance (-0,3% par an). En revanche, chez la femme, il a augmenté en moyenne de 5,3% sur la période 1990-2018 », indique Lionel Lafay, responsable du département observation et documentation de l’INCa (Institut national du cancer). Le cancer du poumon chez les femmes devrait augmenter de 43% d’ici 2030. L’essentiel des faits et chiffres, Édition 2019, Février 2019, Institut national du cancer, Santé publique France, réseau Francim, HCL Hélène Joubert, journaliste  
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    <![CDATA[Association_BPCO_femmes_cancer_poumon]]> https://sante-respiratoire.com/envolee-du-cancer-du-poumon-chez-la-femme-uniquement/association_bpco_femmes_cancer_poumon/ Wed, 20 Feb 2019 19:12:04 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/02/Association_BPCO_femmes_cancer_poumon.jpg 2606 2604 95 0 <![CDATA[Comment limiter les troubles cognitifs et anxiodépressifs dans la BPCO ?]]> https://sante-respiratoire.com/comment-limiter-les-troubles-cognitifs-et-anxiodepressifs-dans-la-bpco/ Mon, 25 Feb 2019 09:00:26 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2608 En cas de BPCO, les maladies associées, cognitives et psychiatriques, sont plus fréquentes qu’en population générale. Pourtant, à peine un tiers des personnes BPCO sont traitées pour un trouble anxieux ou dépressif. Limiter l’inflammation, impliquée dans ces troubles, fait l’objet de recherches tous azimuts. Des personnes BPCO ont été supplémentées en un acide aminé -la leucine-, en vitamine D et en acides gras oméga-3 a, avec à la clé une amélioration des symptômes dépressifs. Un résultat à confirmer. Une autre piste concerne les prébiotiques. Ces fibres non digestibles, en favorisant un meilleur équilibre du microbiote intestinal ou probiotiques, restaurent la barrière intestinale et la fonction immunitaire. Des effets anxiolytiques et antidépresseurs des prébiotiques, impliquant l’immunité, ont été observés chez l’animal de laboratoire. Cela reste à démontrer sur l’humeur et la cognition chez l’homme. Pelgrim CE et al. Psychological co-morbidities in COPD: Targeting systemic inflammation, a benefit for both?. Eur. J. Pharmacol.2019;842:99-110 Hélène Joubert, journaliste  
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    <![CDATA[Association_BPCO_Recherche_dépression]]> https://sante-respiratoire.com/comment-limiter-les-troubles-cognitifs-et-anxiodepressifs-dans-la-bpco/association_bpco_recherche_depression/ Wed, 20 Feb 2019 19:20:18 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/02/Association_BPCO_Recherche_dépression.jpg 2609 2608 94 0 <![CDATA[Pollution de l'air, l’autre cause de la BPCO]]> https://sante-respiratoire.com/pollution-de-lair-lautre-cause-de-la-bpco/ Mon, 04 Mar 2019 09:00:44 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2621 Trois questions au Pr Isabella Annesi-Maesano, directrice de recherche à l’Inserm (Unité 1136, équipe Épidémiologie des maladies allergiques et respiratoires), membre du groupe d’experts sollicités en 2016 par la Société de pneumologie de langue française (SPLF) sur les effets de la pollution atmosphérique sur la santé respiratoire. Ce travail est en cours de mise à jour.

    La pollution, extérieure comme intérieure, peut être à l'origine d’exacerbations de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) mais aussi favoriser la survenue de la maladie chez des personnes qui n'ont jamais fumé de leur vie. BPCO et pollution, que savons-nous en 2019 ? 

    Est-il bien démontré en 2019 que la pollution peut être à l'origine d'exacerbations dans la BPCO ?

    [caption id="attachment_2622" align="alignleft" width="152"] Pr Isabella Annesi Maesano[/caption] Pr Isabella Annesi-Maesano : L’appareil respiratoire constitue une voie d’exposition privilégiée pour les aérocontaminants dont ceux chimiques, gaz ou particules, avec des effets nocifs à court ou long terme. En moyenne, chacun d’entre-nous respire 15 md’air par jour et, en milieu urbain, passe plus de 80 % de son temps à l’intérieur des locaux. Plus aucun doute n’est permis sur la responsabilité de la pollution dans les exacerbations de BPCO, avec plus de consultations médicales, d’hospitalisations, de prise de médicaments, d’augmentation des doses mais également une mortalité accrue. Le dioxyde de soufre (SO2), le dioxyde d'azote (NO2), l’ozone (O3), les particules en suspension dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres (PM10) et 2, 5 microns (PM 2,5) sont les contaminants incriminés (1-2).

    La pollution peut-elle être à l’origine d’une BPCO ?

    Pr Isabella Annesi-Maesano : Les preuves sont relativement robustes en faveur d’une responsabilité de la pollution dans le développement d’une BPCO chez le non-fumeur, même si les données longitudinales sont encore limitées et que les définitions de la BPCO varient selon les études avec, souvent, l’absence d’une spirométrie au minimum confirmant le diagnostic (3). Mais les données à l’échelle des populations sont confortées par des preuves toxicologiques. De plus, une vaste étude de 2018 a mis en lumière que l’augmentation de la mortalité due aux cinq causes principales de décès dont la BPCO est directement liée à la concentration en particules fines PM2,5 (4). La pollution peut aussi être intérieure. Les polluants particulaires et gazeux de l'habitat peuvent favoriser la BPCO et les bronchites lors de la combustion de la biomasse dans les pays en voie de développement notamment chez la femme non fumeuse (cf. article Biomasse). Mais on estime aussi qu’en Europe, en 2020, 38 % des particules fines seront émises via la combustion domestique du bois. Ces émissions domestiques se retrouvent aussi dans l’atmosphère de l’extérieur des locaux.

    A l’extérieur des habitations, quels sont les polluants incriminés dans la BPCO ?

    Pr Isabella Annesi-Maesano : Tous les composés cités plus haut, dont en milieu urbain une majorité est émise par le parc automobile. Le trafic génère la moitié des toxiques rencontrés dans les villes. Le domaine de la construction (bâtiments, routes etc.) est aussi impliqué dans l’émission de polluants dont des grosses particules. Pour leur part, les industries polluent fortement, mais plutôt hors milieu urbain. L’agriculture n’est pas en reste. Elle libère un volume considérable de particules (ammoniac, nitrates (NO3)), avec les épandages de pesticides, les engrais azotés, les déjections animales utilisées pour la fertilisation, et qui participent à la formation de particules dites secondaires. Les dioxydes d’azote et de souffre, produits par l’automobile et l’industrie sont aussi responsables de ces particules secondaires. Les particules fines apparaissent les plus dangereuses (PM2,5) mais aussi les ultrafines (PM0,1) qui pénètrent au plus profond de l’arbre bronchique, franchissent la barrière alvéo-capillaire et arrivent dans la circulation systémique. Les données sont encore parcellaires sur le lien entre ces particules ultrafines et BPCO mais, encore une fois, sur la relation entre pollution atmosphérique et développement de la BPCO, les preuves sont déjà consistantes, en dépit d’un recul encore faible.

    Les personnes souffrant de BPCO ont-elles intérêt à porter un masque en cas de pic de pollution ?

    Pr Isabella Annesi-Maesano : Il y a un risque plus élevé de souffrir d’une BPCO lorsqu’on habite à proximité d’un axe routier à fort trafic. Eviter ces lieux est fortement conseillé, lorsque c’est possible. Par ailleurs, être attentif aux pics de pollution  est recommandé (via des applications smartphone, des sites internet comme www.airparif.asso.fr...) entre autres, afin de limiter les sorties en cas de forte pollution. La prévention individuelle est assez limitée. Si porter un masque est utile en cas de travaux ou dans des lieux avec beaucoup de particules en suspension afin de protéger les bronches, il n’est pas possible aujourd’hui de suggérer le port de masque dans la rue en cas de forte pollution car aucun n’a fait la preuve de son intérêt en vie réelle.
    La pollution coûte 1 à 2 milliards d’euros par an en France En France, le coût total sur la santé de la pollution est estimé entre 1 milliard et environ 2 milliards d’euros/an, selon une étude menée par Isabella Annesi Maesano*. Pour obtenir ce résultat, la chercheuse a étudié les coûts de la part attribuable à la pollution de l’air de la prise en charge des cinq maladies respiratoires les plus répandues (BPCO, bronchites chronique et aiguë, asthme et cancer des voies respiratoires), des hospitalisations pour ces pathologies, ainsi que des hospitalisations liées aux maladies cardiovasculaires. *https://presse.inserm.fr/le-cout-sur-la-sante-de-la-pollution-atmospherique-estime-a-1-a-2-milliardsan/18862/
    Hélène Joubert, journaliste Références :
    1. Li et al. IJCOPD 2014 ; (2) de Vries et al. COPD 2017 ; (3) Schikowski et al. Eur Respir 2014 ; (4) Burnett R et al. Proc Natl Acad Sci U S A.2018 Sep 18;115(38):9592-9597
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    <![CDATA[ANNESI-MAESANO]]> https://sante-respiratoire.com/pollution-de-lair-lautre-cause-de-la-bpco/annesi-maesano/ Sat, 02 Mar 2019 16:56:08 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/03/ANNESI-MAESANO.jpg 2622 2621 93 0 <![CDATA[Pollution_BPCO_article]]> https://sante-respiratoire.com/pollution-de-lair-lautre-cause-de-la-bpco/industry-80956_1920/ Sat, 02 Mar 2019 16:56:13 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/03/industry-80956_1920.jpg 2623 2621 92 0 <![CDATA[Les BPCO professionnelles]]> https://sante-respiratoire.com/les-bpco-professionnelles/ Mon, 04 Mar 2019 09:00:39 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2628 Si le tabagisme reste sans conteste le facteur étiologique toxique de la BPCO (85% des cas), il existe néanmoins d’authentiques BPCO d’origine professionnelle. On estime qu’environ un cas de BPCO sur sept est survenu à cause d’un facteur professionnel, chiffre le Pr Pascal Andujar, du service de pathologies professionnelles et de l’environnement (Centre hospitalier intercommunal de Créteil) et chercheur Inserm (U 955, équipe 4). Les BPCO professionnelles ne se distinguent pas, a priori, des BPCO d’origine tabagique sur le plan clinique, radiologique, fonctionnel ou anatomique. Il n’y a peu ou pas de marqueurs biologiques pouvant attester d’une telle exposition. Dans les études conduites en population générale, la relation entre exposition professionnelle et bronchite chronique mais aussi trouble ventilatoire obstructif est parfaitement démontrée pour les poussières. Ces relations sont "probables" et "possibles" pour les gaz et les fumées, respectivement. Globalement, la fraction de risque attribuable à une cause professionnelle est d’environ 15% pour la BPCO, soit environ 500 000 personnes en France. Cela signifie que si l’exposition professionnelle à risque n’avait pas existé, ces personnes n’auraient pas développé de BPCO, quel que soit leur tabagisme. Le second constat important est l’effet synergique entre le tabagisme et les expositions professionnelles à risque dans la survenue de la BPCO (1). La durée d’exposition et la concentration atmosphérique en particules minérales (secteur minier, fonderie-sidérurgie, BTP, cimenteries) ou organiques (endotoxines, moisissures : milieu céréalier (ouvriers des silos), producteur laitier, élevages de porcs ou de volaille, industrie textile) sont les principaux secteurs professionnels à risque de BPCO professionnelle. Ils sont à coupler avec des facteurs de risques individuels tels qu’une hyperréactivité bronchique, la survenue de symptômes aigus lors de l’exposition ou encore des épisodes obstructifs transitoires.  

    5 grands secteurs d’activité à risque avéré de BPCO

     

    - Secteur mine de charbon/cokeries (unités de production du coke, combustible obtenu par pyrolyse de la houille dans un four à l'abri de l'air).

    Plusieurs études ont mis en évidence dans ce secteur d’activité de façon significative une augmentation des symptômes de bronchite chronique (toux et expectoration) ainsi qu’une diminution de la fonction respiratoire (VEMS). Les analyses portant sur d’importantes cohortes de mineurs de charbon ont trouvé des prévalences élevées de bronchite chronique et de troubles ventilatoires obstructifs, corrélés à l’exposition, ainsi qu’un déclin accéléré du VEMS. L’effet de la poussière de mine sur la fonction respiratoire semble être du même ordre de grandeur que le tabagisme (2). Lors d’autopsies, il a été constaté des emphysèmes centro-lobulaires, même chez les non-fumeurs. L’étendue de l’emphysème a même été reliée à l’exposition en poussières de charbon. Le risque est globalement augmenté chez tous les mineurs (or, fer, potasse) et leur caractéristique commune est d’être exposé à la silice. La silice est la forme naturelle du dioxyde de silicium (SiO2) qui entre dans la composition de nombreux minéraux. Elle favorise le développement de la bronchite chronique, de l’emphysème et de maladies des petites voies aériennes.  

    -Fonderie/sidérurgie

    Les nuisances rencontrées dans ce secteur d’activité sont des particules minérales (poussières métalliques, charbon, silice), des fumées et des gaz (oxydes de soufre et d’azote) et de fortes températures. L’association entre l’exposition aux poussières et le déclin rapide du VEMS est désormais incontestable.  

    -Bâtiment et travaux publics (BTP)

    C’est l’un des secteurs où le nombre de cas de BPCO attribuables à une exposition professionnelle est le plus important en France. Les ouvriers du BTP sont exposés à de nombreuses nuisances, notamment : des particules dont la silice, les fumées de gaz d’échappement de moteurs Diesel, les intempéries, les oxydes d’azote et les brouillards d’huile. Dans le secteur du bâtiment, une vaste étude suédoise (3) avait montré que les expositions cumulées aux poussières respirables dont à la silice était l’un des facteurs de risque les plus importants pour expliquer le déclin de la fonction respiratoire et les symptômes respiratoires dans cette cohorte. Des études anciennes ciblées sur deux activités ont montré que les ouvriers des tunnels et les asphalteurs et les étancheurs sont à risque de BPCO. L’asphaltage des routes est considéré comme une activité professionnelle à risque avéré de BPCO. Exposés aux fumées d’enrobés routiers et aux gaz d’échappement des machines et de la circulation (Diesel et essence), ces ouvriers souffrent plus fréquemment que les autres de symptômes respiratoires et d’une fonction respiratoire abaissée.  

    -Industrie textile

    Les ouvriers de l’industrie textile sont exposés à des microorganismes bactériens et fongiques (champignons) et aux endotoxines bactériennes (toxines situées dans la membrane externe de certaines bactéries). Ceux travaillant dans la filière du coton sont les plus à risque, a fortiori en début de chaîne (ouverture des balles, battage etc.). Le risque existe également pour la filière lin, chanvre, sisal et jute, dans une moindre mesure comparé au coton. Selon les études, environ 10 à 15% des ouvriers de l’industrie textile souffrent de bronchite chronique et jusqu’à 65% pour les travailleurs les plus exposés. Le déclin annuel de la fonction respiratoire est de l’ordre de 30 à 70 mL/an.  

    -Activités agricoles

    La prévalence de la BPCO chez les agriculteurs est estimée à 5% (4). Le milieu céréalier est fortement impacté, en particulier les ouvriers des silos. Il a été constaté une augmentation de la prévalence des bronchites chroniques et un déclin de la fonction respiratoire. Une relation effet-dose existe entre le niveau d’exposition aux poussières de céréales et les symptômes respiratoires ou l’altération de la fonction respiratoire. Plus l’exposition est durable, plus le déclin de la fonction respiratoire est important. Ce déclin accéléré de la fonction respiratoire est dû principalement aux endotoxines bactériennes. Dans la production laitière, on constate également une plus grande fréquence des bronchites chroniques et un déclin accru -de façon modeste- de la fonction respiratoire, plus important avec la durée d’exposition. La responsabilité des concentrations atmosphériques élevées de microorganismes chez les éleveurs travaillant dans des locaux confinés est établie. Le constat est identique dans les élevages de porcs. Dans les élevages de volailles, il a été montré une corrélation entre le risque de BPCO et la concentration en particules et la durée d’exposition.  

    -Autres activités associées à un risque probable ou possible de BPCO

    Le secteur de la cimenterie serait à risque de BPCO avec une relation dose-effet. Le lien entre l’activité et la survenue de BPCO n’est pas encore bien établi pour les secteurs du travail du bois, du soudage et de l’usinage des métaux, même si un lien fort avec l’apparition de bronchites chronique a été suggérée par plusieurs études.  
    Une sous-reconnaissance des BPCO professionnelles
    Le nombre de cas de BPCO reconnus comme maladies professionnelles en France (régime général de la Sécurité sociale, régime minier, régime agricole) est passé de 88 cas en 1995 à 28 cas en 2013 (5). Un contraste important entre le nombre de cas annuels de BPCO professionnelles qui serait de plusieurs dizaines de milliers (6,7). Ceci est dû notamment aux conditions de réparation très restrictives pour les affections hors tableau, qui incluent la prise en compte du tabagisme, éliminant d’office un nombre important d’individus qui pourraient prétendre à une réparation pour des raisons professionnelles mais qui sont fumeurs...
    Hélène Joubert  
    Références :
    (1) Hu et al. Thorax 2006 ; 61 : 290-5 ; (2) Marine et al. Am Rev Respir Dis 1988 ; 137 : 106-12 ; (3) Bergdalh et al. Eur Respir J 2004 ; 23 : 402-6 ; (4) Guillien et al. Eur Respir J 2016 ; (5) Andujar et Dalphin Rev Mal Respir 2016 ; 33 ; 91–101 ; (6) Rapport juin 2011 de la Commission Diricq instituée par l’article L. 176-2 du code de la sécurité sociale - relative à l’évaluation de la sous-déclaration des pathologies professionnelles ; (7) Rapport au parlement et au gouvernement par la commission instituée par l’article L. 176-2 du code de la sécurité sociale relative à l’estimation du coût réel pour la branche maladie, de la sous-déclaration des accidents du travail et des maladies professionnelles. 30 juin 2017.]]>
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    <![CDATA[BPCO, la biomasse a sa part de responsabilité]]> https://sante-respiratoire.com/bpco-la-biomasse-a-sa-part-de-responsabilite/ Mon, 04 Mar 2019 09:00:17 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2630 Deux milliards de kilogrammes de "biomasse", énergie renouvelable issue du bois, du charbon de bois, des herbes sèches, du fumier etc., sont brûlés chaque jour dans le monde, dans des poêles inefficaces ou des feux ouverts, dans des locaux mal ventilés. Or, l’exposition à la fumée de biomasse est le facteur de risque le plus important de BPCO à l’échelle mondiale.
    La biomasse La « biomasse » est utilisée par l’homme depuis qu’il maîtrise le feu. C’est la première énergie renouvelable utilisée dans le monde. On constate un regain d’intérêt de la part des pays industrialisés pour l’énergie de la biomasse, face au dérèglement climatique et à la crise des ressources en hydrocarbures fossiles. C’est une filière en développement rapide, y compris sous des formes industrielles avec les agrocarburants et le bois comme source d’énergie à usage industriel. Mais la « biomasse » désigne également l’énergie récupérable à partir de diverses matières organiques (bois, déchets, cultures), toujours par combustion ou un autre procédé. Les combustibles à base de biomasse sont le bois, le charbon de bois, les brindilles, les herbes séchées, les résidus de récolte, les tourteaux de fumier d’origine animale etc. La biomasse est la source principale de combustible pour le chauffage et la cuisson pour près de la moitié de la population mondiale, en majorité des pays en développement car l’accès aux combustibles propres (gaz de pétrole liquéfié, biogaz, électricité) est limité dans les pays à faibles revenus.
    La biomasse est un combustible utilisé par la moitié des ménages dans le monde (90% de l’ensemble des ménages ruraux), principalement dans les pays en voie de développement (1). Quant aux pays développés, avec la hausse persistance du coût de l’énergie, les consommateurs se tournent de plus en plus vers le bois ou d’autres combustibles issus de la biomasse pour la cuisson et le chauffage (2). Aujourd’hui, plus de 2 milliards de kilos de biomasse sont brûlés chaque jour dans le monde, dans des poêles inefficaces ou des feux ouverts, dans des locaux mal ventilés. Résultat, la fumée de biomasse est l’une des plus importantes sources de pollution de l’air intérieur. La combustion de cette biomasse augmente la pollution de l’air extérieur de manière significative, exposant de nombreux non-utilisateurs aux composants de la fumée de biomasse, selon l’Organisation Mondiale de la Santé.  

    Les mécanismes toxiques de la fumée de biomasse

    Le problème de l’énergie issus de la biomasse est « l’utilisation de fourneaux inefficaces pour la combustion, souligne le Pr Nafissatou Oumar Touré Badiane, chef du service pneumologie de l'hôpital Fann (Dakar, Sénagal), d’où l’émission considérable de gaz toxiques tels les monoxydes de carbone et d’azote, et de composés organiques volatiles (méthane, aldéhydes, benzène et dérivés, hydrocarbures aromatiques, polycycliques) ainsi que des particules dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres (PM10) et 2,5 (PM2,5). Ces dernières, légères, restent longtemps en suspension dans l’air et sont inhalées profondément dans les poumons. Elles sont associées à des lésions de l’appareil respiratoire via à la fois le stress oxydatif et un phénomène inflammatoire ». Pour information, le stress oxydatif ou stress oxydant correspond à une agression des cellules par des radicaux libres, aussi appelés « espèces réactives de l'oxygène » (ERO). Bien que de nombreuses preuves épidémiologiques établissent un lien entre l'exposition à la fumée de la biomasse et des effets néfastes sur la santé notamment respiratoire, les mécanismes cellulaires et moléculaires spécifiques ne sont toujours pas bien compris. Plusieurs hypothèses existent, à commencer par une action pro-inflammatoire, faisant intervenir la stimulation des cellules bronchiques par les PM10, d’où la synthèse en cascade de facteurs inflammatoires (interleukines puis MMP9 et MMP 12 etc.) qui agissent sur le remodelage des tissus bronchiques. Celui-ci a été impliqué dans la survenue de la BPCO. Un autre mécanisme interviendrait, dit d’ « oxydation » et de « génotoxicité », c’est-à-dire une toxicité sur le patrimoine génétique des cellules bronchiques. La stimulation des cellules bronchiques induirait un stress oxydatif à l’origine de dommages au niveau des lipides et des protides cellulaires mais aussi du matériel génétique des cellules (ADN). « En résumé, synthétise le Pr Oumar Touré Badiane, les deux mécanismes pathogènes liés à la biomasse seraient l’inflammation pulmonaire accrue et généralisée, couplée à un stress oxydatif global pouvant causer des lésions au niveau des cellules mais également de leur ADN ».  

    BPCO et exposition à la biomasse

    L’importance de l’exposition dépend du type de combustible « biomasse », de l’existence ou non d’une ventilation et de la durée d’exposition. Par exemple, dans les pays en voie de développement, du fait des pratiques culturelles, les femmes passent plus de 600 000 heures de leur vie à cuisiner sur un poêle à biomasse, dans des logements mal ventilés. Elles inhalent ainsi 25 millions de litre d’air pollué. Les femmes et les enfants sont exposés à des niveaux de PM 2,5 allant jusqu’à 1 000 fois les seuils recommandés par l’Organisation Mondiale de la Santé (25 microg/m3). Chez l’adulte, l’exposition chronique à la fumée de biomasse, la pollution de l’air ambiant et l’exposition opportuniste aux vapeurs et à la poussière est associée à un risque accru de bronchite chronique. Au final, « l’exposition à la fumée de biomasse est le plus grand facteur de risque pour le développement de la BPCO à l’échelle mondiale, poursuit la spécialiste. Typiquement, les individus souffrant de BPCO liée à la combustion de la biomasse sont généralement exposés tout au long de leur vie, sont plus souvent des femmes âgées du fait du cumul d’exposition, le plus souvent en zone rurale et dans des pays sous-développés ou en développement. Le risque de développer une BPCO lié à la biomasse est au moins doublé et presque triplé chez les personnes exposées » (3). Malgré l'hétérogénéité des études publiées, l'association entre la BPCO et l'exposition à la fumée produite par la combustion de différents types de combustibles solides est cohérente. Certaines données indiquent que la réduction de l'exposition à la fumée en utilisant des cuisinières améliorées réduit le risque de BPCO. Une étude publiée en 2014 a montré que l’exposition à court terme de 10 microg de PM10 augmente la mortalité par BPCO (4). De plus, des caractéristiques spécifiques à la BPCO liée à la fumée de biomasse comparé à la fumée de tabac ont été dégagées, comme un surcroît de bronchiolite, d’anthracose (maladie pulmonaire due à l'inhalation de particules de charbon), de fibrose pulmonaire et d’épaississement des parois bronchiques, mais moins d’emphysème (5).   Hélène Joubert, journaliste  
    Références :
    (1) Bruce N et al. Bull World Health Organ. 2000;78(9):1078-92 ; (2) Torres Duque C et al. European Respiratory Journal 2014 44: 261-262 ; (3) (Kurmi OP et al. Eur Respir J. 2012 Jul;40(1):239-54 ; (4) Song Q et al. Int J Environ Res Public Health 2014 ; (5) Rafael Silva et al. Arch Bronchoneumol Vol. 51. Núm. 6.Junio 2015 ; 257-310 2015.]]>
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    <![CDATA[La partie émergée de l’iceberg…]]> https://sante-respiratoire.com/la-partie-emergee-de-liceberg/ Mon, 04 Mar 2019 09:00:10 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2632 « BPCO, il n’y a pas que le tabac… ». Mais nous sommes en droit de nous poser la question : la BPCO n’est-elle pas finalement un vieillissement accéléré de l’arbre bronchique dont le tabac ne serait pas seulement la cause mais un catalyseur parmi d’autres comme le cannabis, la pollution atmosphérique, certaines infections respiratoires itératives de l’enfance etc. c’est-à-dire tout ce qui peut créer une inflammation au niveau des voies aériennes ? Cela rejoint la théorie de l’ « inflammasome », un concept majeur pour les maladies inflammatoires. De plus, très rapidement, l’intelligence artificielle et l’exploitation des données de santé à large échelle ou Big Data fera émerger de nouvelles orientations de recherche, de nouveaux concepts, de nouvelles manières d’appréhender les pathologies chroniques. Mais il ne faut pas oublier que la grande majorité des BPCO sont à mettre sur le compte du tabagisme. Si les autres causes de BPCO sont bien réelles et à combattre au niveau de la santé publique, il ne faut pas occulter la partie immergée de l’iceberg qui est le comportement tabagique individuel. Frédéric le GuillouDr Frédéric le Guillou, Président de l’Association BPCO]]> 2632 0 216 0 <![CDATA[BPCO, il n’y a pas que le tabac…]]> https://sante-respiratoire.com/bpco-il-ny-a-pas-que-le-tabac-2/ Mon, 04 Mar 2019 09:00:32 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2634 La broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) a longtemps été considérée comme la maladie du tabac. Outre une maladie génétique – le déficit en alpha-1 antitrypsine- responsable d’un emphysème pulmonaire, désormais les données s’accumulent sur le rôle joué par les expositions professionnelles à des poussières ou des substances chimiques, mais aussi plus largement par la pollution, intérieure et extérieure, dans la BPCO. Le tabagisme serait responsable de 80% des cas de BPCO. Le poids écrasant de la cigarette a trop longtemps masqué d’autres causes de BPCO. Il en est une, assez rare, mais à laquelle il faut songer. En effet, l’un des responsables est une mutation génétique, à l’origine d’un déficit en alpha-1 antitrypsine (DAAT), un inhibiteur d’enzyme. La fonction principale de l'AAT est de protéger les poumons contre des inflammations provoquées par des infections et contre l'inhalation d'irritants tels que la fumée de tabac. Certaines formes sont plus à risque de développer des symptômes respiratoires (dyspnée, toux), un emphysème précoce et un syndrome obstructif au début de la vie adulte. Les facteurs environnementaux tels que le tabagisme et l'exposition à la poussière sont des facteurs de risque supplémentaires et ils ont été reliés à une progression accélérée de la maladie. Le traitement consiste en des perfusions intraveineuses d'alpha-1 antitrypsine. La prévalence de cette maladie génétique dans la population générale d'Europe de l'Ouest est d'environ 1/2 500. Le déficit en AAT serait diagnostiqué seulement chez 5 % des personnes qui en sont atteintes, ce qui signifie que la plupart d’entre elles ignorent qu’elles pourraient bénéficier d’un suivi médical ou pourraient modifier leur mode de vie de façon à réduire le risque de développer une maladie pulmonaire. (Pour en savoir plus)

    Lire aussi :

    Editorial

    15% des BPCO sont dues à des facteurs professionnels

    BPCO et exposition à la biomasse

    Pollution atmosphérique et BPCO

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    <![CDATA[BPCO_Altitude_Article]]> https://sante-respiratoire.com/bpco-et-altitude-font-ils-bon-menage/credit-photo-tom-bouyerexpedition5300-1-ville-de-la-rinconada-perou/ Mon, 25 Mar 2019 10:11:07 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/03/credit-photo-Tom-BouyerExpédition5300-1-ville-de-la-Rinconada-Pérou.jpg 2706 2704 84 0 <![CDATA[CPLF_2019_BPCO_Actualités]]> https://sante-respiratoire.com/lactu-en-bref/notepad-1276779_1920/ Mon, 25 Mar 2019 10:42:55 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/03/notepad-1276779_1920.jpg 2714 2713 81 0 <![CDATA[L’Association BPCO et Access-Golf lancent Golf & BPCO]]> https://sante-respiratoire.com/journees-golf-bpco-participez/ Thu, 16 May 2019 09:00:19 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2780

    Patrice Scanu, Président d'Access-Golf, connait bien la BPCO, il vit avec depuis 2003.

    Comme aime à le raconter l'initiateur du projet : "Le golf m'a sauvé la vie et même bien plus ! Je voudrais montrer aux patients BPCO les vertus psychologiques et thérapeutiques ainsi que les bienfaits d'une pratique ludique du golf, formidable outil pour briser la solitude dans laquelle cette maladie évolutive nous entraîne. »

    En partenariat avec Access Golf, un programme didactique et pédagogique sera proposé à l'occasion de 4 étapes régionales :

    • 25 Mai 2019 à Montpellier (vidéo)
    • 16 Juin 2019 à Rennes (vidéo)
    • 31 Août 2019 à Arras (vidéo)
    • 15 Septembre 2019 à Lyon (vidéo)

    Au programme :

    • Initiation au Golf
    • Parcours de golf pour les licenciés
    • Atelier avec des pneumologues
    • Atelier Kiné respiratoire
    • Atelier méditation et sophrologie respiratoire
    • Etc

    Ces journées ont également pour objectif de sensibiliser et d'améliorer la connaissance de la BPCO.

    https://youtu.be/jMsNmIgjwRo
    1ère journée Golf & BPCO à Montpellier, 25 mai 2019

    Parlez-en autour de vous !

    Inscriptions gratuites pour les patients (matériel mis à disposition).

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    <![CDATA[AssociationBPCO_GOLF-and-BPCO_Instagram]]> https://sante-respiratoire.com/journees-golf-bpco-participez/associationbpco_golf-and-bpco_instagram/ Tue, 14 May 2019 21:30:28 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/05/AssociationBPCO_GOLF-and-BPCO_Instagram.png 2782 2780 74 0 <![CDATA[GOLF-BPCO-2019]]> https://sante-respiratoire.com/journees-golf-bpco-participez/affiche-bpco-2019-light-ok-cmnj/ Tue, 14 May 2019 21:32:53 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/05/affiche-bpco-2019-LIGHT-ok-cmnj.jpg 2784 2780 73 0 <![CDATA[BPCO_article_travail]]> https://sante-respiratoire.com/les-bpco-professionnelles/worker-on-asphalting-paver-machine-during-road-street-repairing-works/ Sun, 03 Mar 2019 19:43:55 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/03/Fotolia_132018983_M.jpg 2640 2628 91 0 <![CDATA[Biomasse_bois_BPCO]]> https://sante-respiratoire.com/bpco-la-biomasse-a-sa-part-de-responsabilite/abstract-1846059_1920/ Sun, 03 Mar 2019 19:58:04 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/03/abstract-1846059_1920.jpg 2642 2630 90 0 <![CDATA[Edito Frédéric le Guillou]]> https://sante-respiratoire.com/la-partie-emergee-de-liceberg/iceberg-with-above-and-underwater-view/ Sun, 03 Mar 2019 20:44:22 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/03/Fotolia_112634450_M.jpg 2646 2632 89 0 <![CDATA[La première enquête française « Sexualité & BPCO », c’est pour bientôt !]]> https://sante-respiratoire.com/la-premiere-enquete-francaise-sexualite-bpco-cest-pour-bientot/ Mon, 04 Mar 2019 14:00:35 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2649 La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) altère la qualité de vie des personnes qui en souffrent, dans tous les domaines. Celui de la sexualité n’y échappe pas. Pourtant, les données manquent pour rendre compte de l’impact de cette maladie chronique pas comme les autres sur la vie intime. L’étude « Sexualité & BPCO » pour laquelle l’Association BPCO vous sollicitera du 12 mars au 12 avril, permettra de faire progresser les connaissances sur cette maladie. Grâce à vous, elle se pose comme une grande enquête nationale pour dresser un état des lieux, obtenir des données concrètes qui permettront de faire bouger les mentalités et les pratiques. L’étude que nous vous présentons sera menée par un questionnaire en ligne et totalement anonyme. Nous vous le garantissons selon les dernières règles en vigueur exigées. Vous pourrez donc y répondre en toute franchise et sécurité. Elle explorera la sexualité mais également des domaines fortement liés comme la qualité de vie, la fatigue, l’anxiété et la dépression etc. Remplir le questionnaire vous prendra environ une vingtaine de minutes. Comme gage de qualité, un comité scientifique a été constitué pour concevoir et superviser l’analyse des résultats. Il est constitué de médecins pneumologues exerçant en libéral ou à l’hôpital, sexologue, psychiatre et patient-expert. Le cabinet d’études sociologiques Smartketing, déjà sollicité par le passé pour travailler avec l’Association BPCO, réalisera cet important travail d’enquête. Soyez prêt ! Toute personne diagnostiquée BPCO sera bienvenue pour répondre à cette enquête, qu’elle fasse partie de l’Association BPCO ou non. Parlez-en autour de vous ! Plus les participants seront nombreux, plus les données scientifiques seront robustes. Nous comptons sur vous. Merci à toutes et tous. Faites passer le message ! Le Dr Frédéric le Guillou, président de l’Association BPCO et toute l’équipe de l’association.

    Voir l'enquête

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    <![CDATA[BPCO_sexualité_enquête]]> https://sante-respiratoire.com/la-premiere-enquete-francaise-sexualite-bpco-cest-pour-bientot/roman-kraft-266787-unsplash/ Mon, 04 Mar 2019 08:47:21 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/03/roman-kraft-266787-unsplash.jpg 2651 2649 88 0 <![CDATA[BPCO_Dossier_Newsletter_association]]> https://sante-respiratoire.com/bpco-il-ny-a-pas-que-le-tabac-2/bpco_dossier_newsletter_association/ Mon, 04 Mar 2019 13:16:09 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/03/BPCO_Dossier_Newsletter_association.png 2659 2634 87 0 <![CDATA[BPCO_Dossier_tabac_travail]]> https://sante-respiratoire.com/bpco-il-ny-a-pas-que-le-tabac-2/association_bpco_dossier_tabac_travail/ Mon, 04 Mar 2019 13:25:05 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/03/Association_BPCO_Dossier_tabac_travail.png 2660 2634 86 0 <![CDATA[FLYER_MaiPoumons_Village_Bordeaux_2019_A5]]> https://sante-respiratoire.com/flyer_maipoumons_village_bordeaux_2019_a5/ Thu, 18 Apr 2019 10:31:58 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/04/FLYER_MaiPoumons_Village_Bordeaux_2019_A5.pdf 2736 0 80 0 <![CDATA[MaiPoumons_Village_2019]]> https://sante-respiratoire.com/maipoumons-retrouvez-nous-a-bordeaux-et-marseille/20180503_192026/ Thu, 18 Apr 2019 20:14:30 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/04/20180503_192026.jpg 2747 2734 79 0 <![CDATA[MaiPoumons_Association_BPCO_2019]]> https://sante-respiratoire.com/maipoumons-retrouvez-nous-a-bordeaux-et-marseille/maipoumons_association_bpco_2019/ Mon, 22 Apr 2019 08:26:11 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/04/MaiPoumons_Association_BPCO_2019.jpg 2753 2734 78 0 <![CDATA[FLYER_Village_MaiPoumons_marseille_2019_A5]]> https://sante-respiratoire.com/flyer_village_maipoumons_marseille_2019_a5/ Tue, 23 Apr 2019 13:00:46 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/04/FLYER_Village_MaiPoumons_marseille_2019_A5.pdf 2758 0 77 0 <![CDATA[Explorer les profondeurs sous-marines malgré une BPCO]]> https://sante-respiratoire.com/explorer-les-profondeurs-sous-marines-malgre-une-bpco/ Fri, 03 May 2019 09:00:59 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2762
    Annie, 55 ans, vit à Rangiroa et récemment diagnostiquée BPCO

    Jointe par mail – douze heures de décalage horaire obligent – Annie, une passionnée de plongée sous-marine, nous raconte dans quelles mesures elle profite de sa passion, en dépit de sa maladie BPCO. Son lieu de vie et de travail se situent à Rangiroa, un atoll de l'archipel des Tuamotu en Polynésie française. On dit « Ra'i roa » en tahitien, ce qui signifie « Ciel immense » ou « Vaste ciel » en paumotu, une langue polynésienne. Décollage pour l’autre bout du monde !

    « Je vis maintenant à Rangiroa où je travaille depuis peu dans un centre de plongée comme secrétaire commerciale. Quand mes problèmes respiratoires ont commencé, l'an dernier, je travaillais comme professeur dans un lycée en Nouvelle Calédonie. J'ai découvert la plongée dans ce pays en 2015 avec mon compagnon, instructeur de plongée. Toute l’année 2018, je n’ai cessé d'être malade. Les bronchites se sont succédées sans vraiment guérir. Des toux incessantes qui empiraient quand je fumais mes deux cigarettes quotidiennes. Un vrai plaisir. Oui, deux seulement, mais depuis 40 ans ! Alors mon médecin m’a envoyée chez un pneumologue et quelques examens médicaux plus tard, le verdict est tombé : je suis atteinte de BPCO à un stade modéré avec un emphysème léger. Selon ce pneumologue, le sevrage tabagique s’imposait. Une évidence pour moi aussi. Je ne fume plus depuis la seconde-même de l'annonce du diagnostic. J'y pense tous les jours mais j’ai bien compris que c’était impératif. Je devais aussi arrêter de plonger selon le pneumologue. Un choc car ma vie sociale est essentiellement tournée vers la plongée. Je venais tout juste de passer mon niveau 3... et jusqu’alors sans aucun problème en plongée. La punition était sévère. A la déception s’ajoutait la peur que cette maladie s’aggrave. Puis, par chance, peu de temps après, j'ai fait la connaissance de pneumologues plongeurs via mon médecin généraliste de Nouvelle Calédonie, lui-même plongeur, et aussi via la Fédération française d'études et de Sports Sous-Marins (FFESSM). Ils m’ont autorisée à continuer à explorer les profondeurs sous certaines conditions : pas de plongée en cas de symptômes respiratoires (dyspnée, exacerbation bien entendu…), pas de plongées successives et un suivi rapproché de ma capacité pulmonaire. Depuis, en suivant leurs consignes, j’ai replongé sans aucun souci particulier. Je remonte lentement et augmente mes paliers de décompression *.

    Les autres conditions sont avant tout mon état général le jour J. Le suivi médical est semestriel, pour le moment. J’ai revu un pneumologue à Papeete avant mon départ pour Rangiroa, île éloignée, et la spirométrie était très convenable. Un scanner est prévu en juillet.

    Mes conseils sont de prendre vraiment soin de soi, de pratiquer ou de s’astreindre à une activité physique ou à un sport très régulièrement -même si c'est pénible- et surtout ceux faisant travailler les capacités cardiaques. Avant de plonger, une personne BPCO doit impérativement réaliser un check-up complet avec son pneumologue et son cardiologue, si possible des médecins qui connaissent les spécificités de la plongée car les autres ont tendance à asséner un « non » systématique. Et arrêter de fumer totalement ! Attention, les bulles d’emphysème sont une contre-indication absolue.

    Voilà, ceci est mon expérience personnelle. Il faut bien être conscient de son état, être suivi médicalement et ne pas mentir... ni se mentir ».

    Propos recueillis par Hélène Joubert, journaliste. Merci à Annie pour son témoignage.

    * un palier de décompression est le temps que l'on passe à une profondeur donnée afin de réduire le taux d'azote ou d'hélium restant dans les tissus humains (sang notamment).

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    <![CDATA[BPCO_Témoignage_plongée_sous-marine]]> https://sante-respiratoire.com/explorer-les-profondeurs-sous-marines-malgre-une-bpco/association_bpco_temoignage_plongee_sous-marine/ Thu, 02 May 2019 11:56:34 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/05/Association_BPCO_Témoignage_plongée_sous-marine.png 2763 2762 76 0 <![CDATA[FLYERS_Golf-BPCO_AccessGolf]]> https://sante-respiratoire.com/flyers_golf-bpco_accessgolf/ Thu, 16 May 2019 07:06:14 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/05/FLYERS_Golf-BPCO_AccessGolf.jpeg 2791 0 72 0 <![CDATA[Golf_BPCO_Journées_Association_logo]]> https://sante-respiratoire.com/journees-golf-bpco-participez/golf_bpco_journees_association_logo/ Thu, 16 May 2019 10:13:01 +0000 https://bpco-asso.com/wp-content/uploads/2019/05/Golf_BPCO_Journées_Association_logo.jpg 2803 2780 70 0 <![CDATA[31 mai 2019, Journée mondiale sans tabac]]> https://sante-respiratoire.com/31-mai-2019-journee-mondiale-sans-tabac/ Tue, 28 May 2019 06:00:41 +0000 https://bpco-asso.com/?p=2825

    Les maladies respiratoires chroniques à l’honneur et de nouveaux chiffres !

    Cette année, la Journée mondiale sans tabac 2019 est axée sur « le tabac et la santé pulmonaire ». Une fois n’est pas coutume, l’Organisation Mondiale de la Santé souhaite sensibiliser aux maladies respiratoires chroniques et, en premier, à la BPCO. A cette occasion, des données-clé ont été livrées lors d’une rencontre avec les acteurs de la lutte contre le tabagisme par Santé publique France, le 24 mai dernier. L’Association BPCO était présente.

    Le tabac responsable de 75 000 décès en France métropolitaine en 2015
    Cela représente 13% des décès. 62% des décès imputables au tabagisme sont dus à des cancers (6 659 cancers du poumon chez les femmes de plus de 35 ans et 21 858 chez les hommes, suivis de très loin par les cancers des voies aérodigestives supérieures), à des problèmes cardiologiques (22%) et respiratoires (16%) dont 2 694 maladies chroniques des voies respiratoires inférieures chez les femmes et 4 911 chez les hommes.

    Entre 2000 et 2015, la proportion de décès attribuables au tabagisme a augmenté en moyenne de 5,4% par an chez les femmes contre une diminution de 1,1% chez les hommes. Cette évolution au cours des 15 dernières années plus défavorable pour les femmes est la conséquence d’un changement de comportement à partir des années 1960/70.

    Si la baisse de la prévalence observée du tabagisme entre 2016 et 2018 est un résultat encourageant, l’impact sanitaire ne déclinera pas dans un futur proche.

    La baisse du tabagisme quotidien constatée en 2017 est confirmée en 2018

    La baisse de la prévalence du tabagisme quotidien de 29,4% à 26,9% entre 2016 et 2017 parmi les 18-75 ans, inédite depuis 2005, s’est confirmée en 2018. Celle-ci a de nouveau chuté à 25,4 % en 2018 parmi les adultes.

    Selon François Bourdillon, Directeur général, Santé publique France (Saint-Maurice), il y a eu « 1,6 million de fumeurs en moins en deux ans, soit une baisse de l’ordre de 12%. Après plusieurs années de stabilité, la prévalence du tabagisme, qui avait diminué d’un million entre 2016 et 2017 poursuit sa baisse avec 600 000 fumeurs en moins entre 2017 et 2018. Il faut comprendre que cela traduit non seulement l’arrêt du tabac par les fumeurs, mais aussi la réduction du nombre de jeunes qui entrent dans le tabagisme ».

    Les inégalités sociales restent cependant très marquées et les personnes les moins favorisées sont plus fréquemment fumeuses que les autres.

    L’usage de la cigarette électronique s’est développé

    3,8% sont fumeurs d’e-cigarette quotidiens en 2018 contre 2,7% en 2017.

    Les mineurs fument moins

    Selon l’enquête ESCAPAD 2017, il y a eu une baisse importante entre 2014 et 2017 de la consommation des mineurs, atteignant un niveau le plus bas depuis plusieurs décennies (surtout chez les filles).

    L’enquête ARAMIS constate une dénormalisation de la cigarette parmi les nouvelles générations, qui n’a pas l’image festive qu’ont l’alcool et le cannabis (sauf chez les filles issues des milieux favorisés).

    Pleins feux sur la BPCO
    En France :
    - La BPCO touche de 5% à 10% des adultes d’âge moyen.
    - 107 000 à 170 000 hospitalisations pour exacerbation de BPCO en 2017.
    - La BPCO était en cause dans plus de 18 000 décès en 2015.
    - Plus de 70 % des cas de BPCO ne sont pas diagnostiqués (diagnostic souvent porté à un stade avancé).
    - 1 personne interrogée sur 5 connaît le terme de BPCO et, parmi elles, moins de 1 sur 3 cite le tabac comme en étant la principale cause.
     
    Du 31 mai au 26 juin 2019, le Ministère des Solidarités et de la santé, Santé publique France et l’Assurance Maladie lancent une campagne pour favoriser le dépistage précoce de la BPCO, en augmentant la notoriété de la BPCO, en particulier auprès des fumeurs et des ex-fumeurs afin qu’ils s’adressent à un professionnel de santé pour un diagnostic et un sevrage du tabac.
    Il devrait être réalisé chez ces personnes une mesure du souffle/ spirométrie à la recherche d’une BPCO par les professionnels de sante (pneumologues, médecins généralistes, pharmaciens, kinésithérapeutes, infirmières, médecins du travail).
    Pour en savoir plus, appelez Tabac info service au 3989.

    Références :

    Andler R et al Bull Epidémiol Hebd. 2019;(15):271-7 ; Bonaldi C et al. Bull Epidémiol Hebd. 2019;(15):278-84.

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    <![CDATA[Le Guillou_Frédéric]]> https://sante-respiratoire.com/une-belle-annee-2021-a-tous/thumbnail_le-guillou-2020/ Tue, 22 Dec 2020 13:43:33 +0000 https://sante-respiratoire.com/wp-content/uploads/2020/12/thumbnail_Le-Guillou-2020.jpg 4853 4852 0 0