Édito du Président

EDITORIAL, Mai 2021

La pandémie de SARS-CoV-2 est encore présente, meurtrière. Néanmoins, cet éditorial est résolument positif. La baisse des hospitalisations et le déconfinement progressif de la population que nous sommes en train de vivre nous y autorisent.

A ce stade, une grande majorité des personnes insuffisantes respiratoires chroniques, vulnérables du fait de leur maladie et de leur âge, sont vaccinées, du moins avec une première dose de vaccin. L’espoir d’un retour prochain à une vie sociale presque normale nous anime, tout en maintenant les gestes barrières, mais au contact de nos proches et de nos amis. Notre santé psychologique mais également physique a été gravement atteinte lors de cette crise sanitaire. Nous pensons à tous ceux qui se sont isolés de si nombreux mois par crainte de développer une forme grave de la Covid-19.

Tout au long de l’année 2020 et en ce premier semestre 2021, l’association Santé respiratoire France est montée au créneau à de nombreuses reprises, que ce soit pour réclamer la vaccination prioritaire des personnes insuffisantes respiratoires, la digitalisation de la déclaration mensuelle de ressources pour la pension d’invalidité, la prise en charge des symptômes du Covid-long ou encore soutenir l’appel du Pr Axel Kahn pour une production coordonnée au niveau mondial de vaccins ARN sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Nous approuvons aussi pleinement la reconnaissance en maladie professionnelle désormais accordée automatiquement aux personnels soignants qui ont développé une forme grave du Covid-19 ayant nécessité un apport d’oxygène.

Par ailleurs, cette crise aura boosté les téléconsultations, comme notre enquête du Respilab (le laboratoire d’idées et d’innovation de Santé respiratoire France), l’a mis en évidence en mai 2020. A ce sujet, nous vous inviterons début juin à répondre à notre second sondage, un an après le premier (consulter les résultats ici). Cela permettra d’évaluer la pérennité de ce mode de consultation, qui possède bien des avantages pour les personnes malades chroniques, et les évolutions de l’accès aux soins depuis la fin du premier confinement, au printemps 2020.

Enfin, ne l’oublions pas, en dépit d’améliorations ponctuelles dues au confinement de la population, la pollution de l’air reste un phénomène mondial qui a tué trois fois plus de personnes dans le monde que la Covid-19 en 2020. Sans bruit. En France, environ 50 000 décès sont « officiellement » liés à la pollution de l’air *, mais ce chiffre est largement discuté à la hausse. Une étude de Harvard  (Etats-Unis) vient d’estimer pour sa part que 97 242 décès prématurés seraient dus en France aux combustions fossiles (en particulier le charbon, l’essence et le diesel), et un décès sur cinq dans le monde **.

L’environnement est notre fil rouge cette année et la thématique choisie pour notre colloque qui aura lieu en octobre 2021 et auquel vous serez conviés. En présentiel au Palais du Luxembourg accueilli par le Sénat ou, si les conditions sanitaires ne le permettent pas, en visioconférence depuis un plateau de télévision comme à l’automne 2020 (revoir les Rencontres 2020).

En France, nous surveillons la qualité de l’air, et nos réglementations sont exigeantes. Ainsi, le réseau Atmo, qui surveille la qualité de l’air, vient de faire évoluer son indice quotidien afin de prendre en compte les particules fines, les plus inquiétantes pour notre santé. A déplorer, cet indice ne prend pas en compte l’air intérieur, qui peut s’avérer particulièrement nocif pour les malades respiratoires (lire notre dossier Pollution intérieure).

Il est l’heure pour la France de passer de championne de l’observation de la qualité de l’air à championne de l’action, consistant à « tester, mesurer et informer » déclarait, dans une tribune au journal Le Monde, Claire Pitollat, députée et présidente du groupe d’études « Air et Santé » de l’Assemblée nationale. Récemment, l’Hexagone a été classé quatrième pays le plus « vert » au monde dans le Green Future Index réalisé par le MIT Technology Review américain sur cinq critères : émissions de CO2, transition énergétique, société verte, innovation verte et politique climatique. C’est encourageant et, à l’instar de Joël Schwartz, professeur d’épidémiologie environnementale à Harvard et coauteur de l’étude, nous espérons « qu’en quantifiant les conséquences pour la santé de la combustion des énergies fossiles nous pouvons envoyer un message clair aux politiques et au grand public sur les bénéfices d’une transition à des sources alternatives d’énergie ».

A ce titre, nous vous sollicitons en ces mois d’avril et mai 2021 afin de mieux comprendre votre perception et vos pratiques vis-à-vis de la qualité de l’air. Nous souhaitions ainsi rendre compte de vos besoins et de vos attentes au quotidien pour agir plutôt que subir votre environnement. Vous être nombreux à y répondre et vous pouvez encore vous exprimer. N’hésitez pas, quelques minutes suffisent (répondre au sondage).

L’ensemble de ces sujets sera abordé à la rentrée, au cours des 14e Rencontres de Santé respiratoire France.

Dr Frédéric le Guillou,

Président de Santé respiratoire France

 

 

 

* https://www.liberation.fr/france/2016/06/21/en-france-la-pollution-de-l-air-provoque-presque-autant-de-deces-que-l-alcool_1460784/

** https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/02/09/un-deces-sur-cinq-dans-le-monde-serait-lie-a-la-pollution-de-l-air_6069304_3244.html

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